L' art: revue hebdomadaire illustrée — 1.1875 (Teil 1)

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CHRONIQUE ETRANGERE. 379

dans le style oriental, couvert d'arabesques ornées de diamants et pierres précieuses, à côté du trône
offert au tzar Boris Féodorovitch Godounoff par Abas, shah de Perse, du trône offert au tzar Ivan III
par les ambassadeurs qui accompagnèrent de Rome à Moscou la princesse Sophie.

Nous ne reviendrons pas sur ce que nous avons dit à propos des statues et des fresques des églises
et palais, fruits d'un art entièrement hiératique. Là où le dogme gouverne en maître absolu et commande
à l'art, il n'y a plus d'art proprement dit.

Les envois faits à l'Exposition de 1867 par les artistes russes nous avaient donné l'envie d'étudier
l'histoire artistique de ce peuple dont Voltaire pouvait dire encore il y a cent ans : « Nous connais-
sions si peu les limites de ce pays dans le siècle passé, que, lorsqu'en 1689 nous apprîmes que les Chi-
nois et les Russes étaient en guerre, et que l'empereur Com-Hi d'un côté et de l'autre les tzars Ivan et
Pierre envoyaient, pour terminer leurs différends, une ambassade à trois cents lieues de Pékin, sur
les limites des deux empires, nous traitâmes d'abord cet événement de fable. »

Aujourd'hui la Russie est aussi conntie, au point de vue géographique, que n'importe quel autre
pays de l'Europe ; mais ce que nous connaissons moins, c'est l'esprit de cette nation. Nous croyons que
l'étude de son art est faite pour faciliter cette connaissance.

Pedro Rtoux-Maillou.

CHRONIQUE

Angleterre. — M. Gladstone a vendu son hôcel de Carlcon
House Terrace. L'Architect annonce que l'éminent homme
d'F.tat est décidé à vendre aussi sa collection de tableaux, de
poteries et de porcelaines qui a été récemment exposée au Brown
Muséum, à Liverpool. La vente aurait lieu en juin. Elle com-
prendra une centaine de tableaux des écoles espagnole, italienne,
allemande et anglaise, des gravures, des marbres, des bronzes,
des porcelaines précieuses, des objets d'art Louis XV, des
argenteries allemandes et italiennes.

Belgique. — La construction des nouvelles galeries du Musée
royal de Belgique préoccupe vivement toutes les personnes qui,
dans ce petit pays, dont le passé artistique est si glorieux, ont
réellement à cœur de voir enfin la Collection nationale de tableaux
anciens convenablement installée, après quatre longues années de
clôture. On se répète avec anxiété que, si la réouverture du Musée
est de nouveau forcément ajournée, c'est à la rare insouciance
avec laquelle les nouveaux locaux ont été construits et aménagés,
qu'il faut s'en prendre. On n'a tenu aucun compte des progrès
réalisés ailleurs et principalement au nouveau Musée de Dresde
et au South Kcnsington Muséum. Il n'y a même pas moyen
d'être rassuré quant à la question de solidité, une des corniches
s'étanc déjà effondrée et ayant troué dans sa chute quelques
tableaux, parmi lesquels deux Rubens malheureusement. Aujour-
d'hui c'est le tour des boiseries dont on a imaginé de revêtir les
murs pour y fixer les tableaux; ces boiseries se montrent aussi
rebelles à adhérer que la corniche. En matière de goût, on n'a
pas été plus heureux > les tuyaux de chauffage, par exemple,
sont couverts de plaques de fer à jour plus que primitives, et
telles qu'on hésiterait à adopter pareil modèle pour une caserne.

Il est profondément regrettable que certains achats faits en
dernier lieu par la Commission administrative ne soient pas de
nature à compenser tant de mécomptes architecturaux; avec la
meilleure volonté du monde, il est impossible de s'expliquer,
entre autres, l'acquisition, pour la bagatelle de 60,000 francs, d'un
Hobbema qui n'a plus d'Hobbema que le nom, tant il est littéra-
lement criblé de repeints dont la multiple présence crève les
yeux. On ne saurait employer plus étrangement les fonds d'un
Musée; le fait serait partout déplorable, mais il l'est bien plus
dans un pays renommé pour sa parcimonie budgétaire en matière
de beaux-arts.

ÉTRANGÈRE

ij avril 1875.

— A Gand, le Musée est logé dans les plus pitoyables con-
ditions : on y rôtit l'été, on y gèle l'hiver. Il y a là une œuvre
capitale d'un maître rare et précieux, François Duchâtel; elle tom-
bera avant peu en ruine si l'on tarde encore à remédier sérieu-
sement à la situation actuelle.

Italie. — Les fouilles et découvertes qui se poursuivent à
Rome font l'objet d'une intéressante lettre adressée à YAcademy
de Londres, par M. C. J. Hemans, et datée du 31 mars. Nous
en traduisons les principaux passages :

« Après un long intervalle les fouilles ont été reprises au
Forum, et là, près du temple de Jules César, ont été mis au
jour les restes d'une colonnade, trois fûts cannelés, provenant
probablement d'un édifice plus ancien, avec des parties de murs
en brique aux deux extrémités, le tout appartenant sans doute à
quelque maison du moyen âge enrichie des dépouilles de l'anti-
quité.

» Sur le mont Palatin et près duColisée, les travaux d'excava-
tion se poursuivent plus activement; dans ce vaste amphithéâtre,
les résultats obtenus deviennent de jour en jour plus importants,
et l'aspect général des ruines subit insensiblement une transforma-
tion de plus en plus remarquable.

« Mais le mont Esquilin est la mine jusqu'à présent inépui-
sable, d'où l'on retire en grand nombre des trésors plus ou moins
précieux. Là, dans le voisinage de l'édifice massif d'une tour for-
tifiée qui s'élève au-dessus des ouvrages *de terre de VAgger
Scrvianus, parmi les ruines d'une demeure patricienne, ont été
trouvés récemment plusieurs antiques de différents caractères,
notamment des lampes en terre cuite avec des figures de déesses
en relief, et une bonne statuette en bronze d'un dieu lare.

a Près de l'arc de Gallien, qui s'élève en partie contre un
mur latéral de l'église San Viso, on a découvert un piédestal
avec des moulures du style de la décadence, et une inscription
se rapportant à des restaurations, faites au vc siècle, celles du
macellum ou marché de Livia, et du « Forum Esquilinum >.
Nous savons que le marché à la viande, volaille et poisson,
auquel Auguste avait donné le nom de sa femme, fut fondé par
lui à la même époque à peu près qu'un portique imposant dési-
gné sous le nom de Porticus Livice. dont la situation est
encore discutée par les archéologues. Le macellum occupait sur
l'Esquilin l'emplacement d'un marché plus ancien; il fut inauguré
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