L' art: revue hebdomadaire illustrée — 1.1875 (Teil 1)

Seite: 392
DOI Artikel: DOI Seite: Zitierlink: i
http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/art1875_1/0421
Lizenz: Creative Commons - Namensnennung - Weitergabe unter gleichen Bedingungen Nutzung / Bestellung
0.5
1 cm
facsimile
vant en Italie. D'abord on lui avait imposé le sujet de ces grandes décorations et il s'était fait illusion
sur ses facultés pour leur exécution; dès qu'il put s'y soustraire il le fît, sinon hardiment, au moins
en opposant une certaine force d'inertie aux suggestions des magistrats de Barcelone. Plus tard il
aurait tout tenté, je crois, en fait d'audaces, et on eût vu de lui des œuvres étranges, mais la grande pein-
ture vit de sacrifices et exige de larges partis-pris, et Fôrtuny ignorait absolument cette condition
essentielle de l'art. Je ne connais, sur vingt toiles importantes, que deux œuvres oii il se soit conformé

Maure de Tanger.

Gravure de Smeoton et Tilly; d'après une aquarelle de Fortun-y.
(Collection de M. W. H. Stewart).

à la loi des plans : la Vicaria et les Convulsionnaires kabyles. Sa main, rompue aux tâches délicates
et multipliées qui rendent les mille facettes d'un objet, ne serait, je le crois, jamais redevenue assez
inhabile, assez sobre, assez naïve pour n'exprimer que les traits essentiels et les points décoratifs. De
plus il est une autre condition importante de la grande peinture, qui ne me permet pas de croire que
Fortuny eût abordé ce genre. Plus la toile est grande et vaste, plus le sujet, plus l'exécution doit se sim-
plifier et l'effet se concentrer. Le drame, d'extérieur pour ainsi dire, doit devenir intérieur et ne se
transmettre que par le jeu des physionomies, par la puissance ou l'harmonie du geste; les accessoires
ne doivent jouer qu'un rôle restreint, et la figure humaine doit tout primer, avec force, avec énergie,
loading ...