L' art: revue hebdomadaire illustrée — 1.1875 (Teil 1)

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de la cour d'appel existe un tableau de grande dimension, représentant le Christ en croix. A droite,
les saintes Femmes, en face d'elles, un Souverain portant l'hermine royale, sur laquelle brille un collier
d'or, à ses pieds la couronne. Près de lui est un gentilhomme vêtu de noir; ses armoiries sont
entourées de cette légende : A chacun son fardeau.

Notre nouvelle cour d'assises (où sont encore les ouvriers) sera ornée du Christ de Bonnat,dont
les admirateurs et les critiques n'ont pas manqué de signaler avec ardeur les qualités et les défauts.
Il faudra le voir en sa place et en son jour, pour le bien apprécier et dire s'il est fait pour donner
espoir ou terreur à l'accusé. Dans nos anciennes juridictions, au-dessus de la tète des magistrats, était
placé un dais portant les armes de la royauté lorsqu'il s'agissait d'une justice royale; au-dessous était
un Christ.

Je possède un tableau représentant une curieuse audience au Chàtelet de Paris, présidée par le
lieutenant criminel de police, assisté d'un auditeur1. Le procureur du roi prononce les réquisitions,
dont deux greffiers prennent note sur leur plumitif, pendant qu'un sergent à verge touche de son bâton,
pour être conduite à la Conciergerie, une fille qui vient d'être condamnée, — peut-être Manon Lescaut \
— A droite des juges sont les femmes, — à gauche, les prévenus; sur les bancs sont placés les grands'
seigneurs qui assistent à l'audience et l'officier de service. — La police du prétoire est faite par des
soldats de la maréchaussée, portant leur mousquet. —Ce tableau, qui n'a pas encore été reproduit par
la gravure, est du règne de Louis XV, ainsi que l'attestent les costumes et les perruques des person-
nages. — Il nous a paru bon de fournir ces indications et de signaler ici, comme nous l'avons fait
ailleurs, pour les livres brûlés et pour les livres sauvés (mai 1871 ), ce qui nous reste encore à admirer.
C'est avec grande raison que M. le Ministre de l'Instruction publique a, sur l'initiative de la direction
des Beaux-Arts, confié à des littérateurs, à des érudits le soin de dresser à Paris et en province l'in-
ventaire des trésors qui se trouvent encore dans nos palais, dans nos églises. — Où se trouve la vérité,
là est Dieu. — Ubi veritas, ibi Deus.

Charles Desmaze.

LES BOIS EMPLOYÉS

M. John R. Jackson, A. L. S., curateur du musée de Kew, a
publié récemment dans le Leisure Hour (Heure de loisir) un inté-
ressant article sur les bois employés pour la gravure. Nos lec-
teurs nous sauront gré, croyons-nous, d'en traduire les passages
les plus saillants, d'après le résumé qu'en donne une autre feuille
anglaise, le Printing Times.

« Le buis, dit M. Jackson, est maintenant très-répandu en
Europe et en Asie. On le rencontre fréquemment en Italie, en
Espagne, dans le midi de la France, sur les côtes de la mer Noire,
aussi bien qu'en Chine, au Japon, dans l'Inde septentrionale et
la Perse. En Angleterre, on le trouve sur les collines calcaires de
Kent, Surrey, Bucks et Gloucester, mais on le considère comme
vraiment indigène seulement sur le Box-hill (montagne de buis),
appartenant à la chaîne de hautes collines qui forment les North
Downs (dunes du Nord), près de Dorking. Quoique ce dernier
endroit si pittoresque soit le seul où le buis apparaisse encore en
masses épaisses, en bosquets touffus, il est certain qu'autrefois il
poussait en abondance à Boxwell (puits à buis), dans le comté de
Gloucester , à Boxley, dans le Kent, et en d'autres endroits qui
lui doivent des dénominations analogues.

« Le buis de provenance anglaise, même celui de Box-hill,
est de dimension si mince, qu il est à peu près nul pour le com-
merce, quoiqu'il soit constaté qu'un nombre d'arbres coupés
dans cette localité en 1815 a rapporté plus de io,oco livres ster-
ling, le bois en ayant été employé surtout pour les tourneurs.

POUR LA GRAVURE

Sans parler de l'exiguïté du bois, il est inférieur en qualicé à celui
d'autre provenance.

« Le buis qu'on utilise en Angleterre provient surtout de la
Circassie. Le gros est chargé sur navires à Poti, port de la côte
sud-est de la mer Noire. Une petite partie cependant provient de
Trébizonde et d'un ou deux petits villages à l'est de la mer Noire,
près de Poti. Les arbres poussent en grandes forêts sur les mon-
tagnes dans certains districts qui s'étendent à l'intérieur du pays
de 30 à 180 milles. Quelques-uns des anciens grands bois sont
ouverts au commerce, mais les plus grands sont exploités par le
gouvernement russe, et restent fermés. Ce fait, joint à l'élévation
croissante des frais de coupe à mesure qu'on pénètre davantage à
l'intérieur du pays, et des frais de transport jusqu'à la côte,
explique la cherté progressive du buis. Les prix sont encore
abordables, mais il n'est pas impossible que d'ici à peu de temps
on puisse se procurer, dans le voisinage de la mer Caspienne,
du bois long transporté par le Volga et le Don pour être embar-
qué dans le port de Taganrog. Dans un rapport sur le commerce
de Soukoum Kale, en 1862, le consul britannique émettait l'avis
qu'en prenant pour base le chiffre de l'exportation du bois de
buis à cette époque, il ne pourrait pas durer au delà de soixante
années, dont douze se sont déjà écoulées. Après avoir coupé le
bois dans la forêt, on le transporte par chevaux jusqu'à la plus
proche rivière; arrivé là, on le place sur des radeaux pour aller
ainsi jusqu'au port d'embarquement. Il arrive en Angleterre par

1. Le Châtelel de Paris. 1861, Didier, éditeur, à Paris.

2. Manon. Lescaut} par l'abbé Prévost, avec la préface d'Alexandre Dumas. 1875, Glady, éditeur, rue de la Bourse, à Paris.
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