L' art: revue hebdomadaire illustrée — 1.1875 (Teil 1)

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reflets métalliques rouge rubis et mordoré ; elle représente la
ville de Florence pleurant la mort de ses enfants (n° 44). Ce beau
spécimen de Xanto d'Urbin, — 1558, — a fait partie des collec-
tions Rattier et Norzy.

Le second jour les influences néfastes, qui semblent s'acharnera
paralyser toutes les affaires, avaient de nouveau repris le dessus,
et l'on n'a payé que 7,205 francs le n* 1 15, Magnifique bijou de
ta Renaissance italienne, en or à jour, émailléet rehaussé de rubis
et de perles ; sa composition fofmc trois plans superposés dont
le dernier a pour motif principal un groupe de la Charité. Enfin
une pièce rarissime et d'une conservation merveilleuse, un splen-
dide Tapis persan (n° 238), en velours de soie, un rêve réalisé
comme composition et comme tonalité, n'a atteint que 12,800 fr.;
il vaut plus du double.

— Le catalogue de la vente Fortuny, qui reste fixée aux 26,
27, 28, 29 et 30 avril (M" Charles Pillet, Commissaire-priseur,
MM. Eugène Féral et Charles Mannheim, Experts), vient de
paraître sous ce titre : « Atelier de Fortuny. œuvre posthume,
objets d'art et de curiosité, armes, faïences Hispano-Moresques,
étoffes et broderies, bronzes orientaux, coffrets d'ivoire, etc. »

Ce très-remarquable catalogue, que les Curieux conserveront
précieusement, est précédé d'une excellente introduction biogra-
phique que M. le baron Davillier termine ainsi :

« Je n'entreprendrai pas de juger le talent de Fortuny : Théo-
phile Gautier l'a su faire d'une plume magistrale, il y a déjà
cinq ans : comme tous ceux qui savent voir, il avait compris
tout de suite et placé au premier rang un des peintres les plus
étonnants qui aient existé ; le temps confirmera sans doute le
jugement du grand critique sur ce talent d'une individualité si
prononcée, qui a produit des œuvres originales et charmantes,
où la science du dessin s'allie à un coloris harmonieux dans sa ,
hardiesse et dans sa vigueur; sur celui qu'il appelait un artisce
complet : moi, qui fus son ami, j'ajouterai seulement que
l'homme valait l'artiste. »

Les Notices sont dues à M. Edouard de Bcaumont, pour les
Armes, à M. le baron Davillier pour les Faïences, et à l'auteur si

éminemment compétent de l Ornement des tissus, à M. Du-
pont-Aubcrville pour les Etoffes ; c'est dire que ces Notices sont
des modèles.

— 'Les 29 et 30 avril, M' Delbergue-Cormont, qui est un
amateur passionné de beaux livres et un iconophile des plus
distingués, vendra, assisté de M. Clément, Expert et Marchand
d'Estampes de la Bibliothèque nationale, une remarquable collec-
tion d'Estampes anciennes et du xvnie siècle, de Lithographies
par Gavarni, d'Eaux-fortes modernes et de Dessins. L'œuvre de
Gavarni est le plus complet qui ait jusqu'ici paru en vente
publique; les épreuves en sont très-belles et quelques-unes raris-
simes. Nous ne saurions également trop appeler l'attention des
Curieux sur le n° 109 de cette belle vente : « Suite d'estampes
gravées par M"1" la marquise de Pompadour, d'après les pierres
gravées de Guay, graveur du Roi. Exemplaire renfermant
50 planches, plus 2 autres compositions d'après Boucher. Très-
rare volume, avec le texte original et manuscrit de l'abbé de
Voiscnon. Il existe un autre exemplaire, également avec le texte
manuscrit, mais le nôtre est plutôt le brouillon de l'autre qui a
été mis au net d'après notre exemplaire. Les épreuves sont
superbes, et quelques-unes avant les numéros. On y a joint une
note très-détailléedes deux volumes. « Si jamais morceau friand a
été offert aux collectionneurs, c'est bien celui-là; aussi n'est-ce pas
s'aventurer que de prédire des enchères passionnément disputées.

—■ Les 10, 11, 12, 13 et 14 mai, le même Commissaire-pri-
seur, le même Expert offriront en vente la précieuse collection
de gravures et de dessins formée avec tant de soins, avec tant de
profond savoir et un goût si sûr, par M. Emile Galichon dont la
fin prématurée est l'objet des plus vifs, des plus légitimes regrets.
Cette vente, en elle-même si sympathique, est un événement
artistique d'une haute importance ; aussi comptons-nous bien ne
pas nous borner à notre mention d'aujourd'hui ; nous avons à
cœur d'exposer tous les rares mérites de cette magnifique réunion
de pièces de choix que nous ne saurions recommander trop cha-
leureusement aux amateurs sérieux ; ils peuvent être certains
de n'avoir à redouter là aucune déception.

NOTRE EAU-FORT E,

Les délicats ne se laissent pas absorber exclusivement par les
milliers de tableaux qui encombrent chaque année les galeries du
Palais des Champs-Elysées ; ils font de fréquentes visites aux
aquarelles et aux gravures, et cette partie trop négligée du Salon
a pour eux un intérêt très-vif. Parmi les aquarelles, il en est de
signées C. de Rothschild, qui depuis longtemps attirent tout spé-
cialement l'attention des juges les plus difficiles.

M""-' la baronne Nathaniel de Rothschild a vu son succès
grandir encore au Salon de l'an dernier, où elle avait trois aqua-
relles du choix le plus pittoresque, du faire le plus artiste.

Nous publions aujourd'hui une de ses œuvres les plus récentes
et les plus distinguées, — Une Rue de Dinan (Bretagne). — qui
a été gravée pour l'Art par Léon Gaucherel.

NÉCROLOGIE

Nous annonçons avec chagrin la mort de M. Joseph
Peyronnet, chef d'escadrons d'artillerie, mort à Ville—
monble, le 12 avril dernier, à l'âge de quarante-six ans.
M. Peyronnet avait été conservateur-adjoint au Musée
d'Artillerie, et ses mesures prévoyantes avaient préservé le
Musée pendant les désordres qui suivirent le siège de Paris.
Artiste détalent, il avait été chargé pendant la guerre d'Italie
de faire pour le ministère de la guerre une série de dessins
qui, réunis en album, furent offerts à l'Empereur par le mi-
nistre. Lorsqu'une maladie lente l'obligea de prendres a re-

traite, le commandant Peyronnet fut adjoint par M. Ed.
André, président de l'Union centrale, à la Commission de
l'Histoire du Costume et il apporta dans l'accomplissement
de sa tâche un zèle et un dévouement qui lui valurent de la
part de l'Union un témoignage tout particulier de gratitude :
une médaille d'or lui fut offerte à cette occasion. Le com-
mandant Peyronnet laisse en mourant des travaux inachevés,
et, entre autres, une notice importante qu'il nous avait
promise avec des dessins sur l'installation du nouveau
Musée d'artillerie à l'Hôtel des Invalides.

FIN DU PREMIKR VOLUME

Le Gérant, HIPPOLYTE HEYMANN.
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