L' art: revue hebdomadaire illustrée — 1.1875 (Teil 2)

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14 L'ART.

Malgré la confiance bien méritée que nous avions dans les assertions et le jugement de M. Volt-
mann, par une manie commune, croyons-nous, aux fureteurs de documents, de dates et de preuves,
voulant nous fournir à nous-mêmes une démonstration pour ainsi dire personnelle, nous nous mîmes
à ouvrir les ouvrages dans lesquels nous pouvions espérer rencontrer quelques lumières sur des
points si longtemps controversés. Animé de ce sentiment, nous consultâmes La Danse des Morts
de M. Georges Kastner, livre très-curieux du reste, et nous trouvâmes avec étonnement les indications
suivantes comme extraites du registre de la corporation des peintres de Bâle :

« En l'an 1517, le jour de la saint Mathieu, Ambroise Holbein, peintre d'Augsbourg, étant dans
sa dix-septième année, fut reçu membre de la corporation. »

Et sous la rubrique de 1520, Item. « La corporation, le dimanche avant la Saint-Michel, reçut le
peintre Hans Holbein âgé de dix-sept ans. »

Si cette mention était exacte, elle renversait bien des travaux, car Hans Holbein ayant dix-

Portrait de Hans Holbein le jeune, par lui-même.
Dessin de E. Bocourt, gravure de Tourfaut.

sept ans en 1^20, il devait être né en 1^03 ou à la fin de 1502. Dans notre embarras, ne pouvant
consulter le précieux registre, nous prîmes le parti de nous adresser au bibliothécaire de Bâle,
quoique nous n'eussions pas l'honneur de le connaître; nous avions pour excuse la confraternité
qui lie les hommes adonnés aux mêmes études, et qui portent la même vénération aux mêmes gloires.
L'érudit auteur de la Notion iïber Kunst nnd Kunstler %u Basel, M. Charles Mayer, avec une
obligeance dont nous le remercions, en nous envoyant son livre, a eu la complaisance de nous
répondre qu'en effet Hans Holbein avait été reçu dans la corporation des peintres bâlois, — nous
le savions, — mais que lors de cette réception le grand artiste n'avait pas dix-sept ans ; que le registre
ne portait point cette mention.

Comment d'ailleurs aurions-nous pu l'admettre, sachant qu'Holbein, en 1512, avait peint une
toile excellente, le Martyre de sainte Catherine, et, peu après, le Triptyque que Munich possède
maintenant? Holbein le Vieux mit de bonne heure, il est vrai, un pinceau dans les mains de son fils,
mais quelle qu'ait été la précocité de son génie, il ne faut pas oublier que l'enfant avait d'autres
études à suivre, car il semble que son éducation ne fut point négligée. Il savait le latin, il pouvait
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