L' art: revue hebdomadaire illustrée — 1.1875 (Teil 2)

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L'ART.

son, une étude de Meissonier, Soldat fumant, qui semble pres-
tement enlevée sur un fond clair à peine indiqué; et c'est tout, à
peu de chose près.

Je ne crois pas intéressant pour les lecteurs de l'Art de parler
ici des œuvres qu'ils ont vues aux derniers Salons et aux vitrines
des marchands de la capitale. Seules ,. les œuvres inédites du
petit groupe d'artistes du cru, dont quelques-uns ont déjà un
certain renom, sont susceptibles de leur offrir quelque intérêt; ce
sera l'objet de ma prochaine correspondance.

Pour le moment, revenons à la Société des Amis des arts,
à son organisation et à son influence. — Si les renouvellements,
les modifications, les changements trop multipliés dans la com-
position des bureaux, dans les règlements et statuts des Sociétés
de cette nature et l'agitation qui en résulte, ont des conséquences
déplorables, l'immobilisation arrive à la longue aux mêmes
résultats. Sans donner satisfaction, pour le seul plaisir de leur
être agréable, aux personnalités remuantes, aux ambitions illé-
gitimes que le seul besoin d'être en vue met en mouvement, il
est utile que la direction de ces Sociétés ne soit pas toujours
confiée aux mêmes personnes. A Bordeaux, nous n'hésitons pas à
le dire haut, parce que presque tout le monde le pense et que
beaucoup le disent tout bas, il serait utile qu'un élément nou-
veau, plus jeune, représentant d'autres idées, animé d'un sentiment
de prosélytisme plus ardent, — celui des membres actuels du
bureau ayant bien eule temps de se refroidir,—■ que cet élément,
dis-je. vînt renforcer le groupe très-honorable placé depuis sa
fondation à la tête de la Société.

Tous ces Messieurs appartiennent au même milieu, ont les
mêmes relations, à peu près les mêmes idées, —- je ne dirai pas qu'ils
constituent une petite église exclusive et fermée, mais ils se recru-
tent entre eux, se succèdent les uns aux autres et la Société est
menacée de voir ces expositions monotones, sans éclat et sans ori-
ginalité, se produire jusqu'à ce que le public lassé, indifférent

UNION CENTRALE

APPLIQUÉS A

Le jeudi 23 avril a eu lieu l'assemblée générale annuelle des 1
membres de l'Union centrale, dans le nouveau local de la Société,
place des Vosges, 3, sous la présidence de M. Edouard André.

Après un discours fort applaudi dans lequel le président a
donné le résumé des travaux de la Société et constaté le succès
de l'exposition, ainsi que l'état de prospérité de l'œuvre, le cen-
seur, M. Gauthier - Bouchard, a lu son rapport qui a été
approuvé. Puis l'assemblée a renommé à l'unanimité les membres
sortant du conseil en leur adjoignant deux collègues nouveaux,
MM. Eugène Petit, architecte, et Froment-Meuricc.

— Le surlendemain au soir, M. Maury a inauguré la série des
conférences par une leçon sur la sigillographie. Le savant direc-
teur des Archives ne s'est pas borné à donner d'intéressants
détails sur l'emploi de la cire et la fabrication des sceaux. Il a
fait un exposé rapide de l'histoire des cachets, et, s'arrêtant plus
spécialement à l'époque du moyen âge, il a raconté les divers
modes d'emploi des sceaux, la distinction des couleurs, des
cires et des lacets qui variaient suivant l'importance des docu-
ments, et il a particulièrement insisté sur cet art des graveurs et
modeleurs qui a laissé des types d'une rare perfection. Le pro-
fesseur a complété son éloquent enseignement par l'exposition
d'un grand nombre de spécimens empruntés aux vitrines si riches
des Archives nationales. L'auditoire très-nombreux a chaleureu-
sement accueilli M. le directeur des Archives, lorsqu'il est des-
cendu de la tribune.

— Le nouveau local de l'Union centrale répond parfaitement
aux besoins de cette institution. Le corps de logis, qui s'étend eu

à ces insignifiances, se retire tout naturellement. Ce sont
toujours les mêmes artistes, à peu près les mêmes souscripteurs,
plutôt moins que plus. Or, quand on. n'avance pas, dans cet
ordre d'idées, on recule : c'est fatal.

Les expositions ne sont pas comme les femmes, ce ne sont
pas celles dont on ne parle pas qui ont le plus de vertu ; au con-
traire, ceUes dont on ne dit rien sont sans mérite, et depuis quel-
ques années on parle bien peu, on ne s'occupe guère de nos
expositions locales.

Les talents médiocres, les artistes sans originalité, sans idée,
tournant toujours dans le même cercle, refaisant à peu de chose
près toujours le même tableau, ceux qu'on retrouve à toutes les
expositions de province, que nous avons vus à Pau, à Bayonne,
à Montpellier, à Limoges, à Périgueux, dont le but est de vendre
un tableautin banal, insipide, vuigaire, se rencontrent ici chaque
année en grand nombre ; les marchands les envoient, quand ceux
qui les commettent ne le font pas eux-mêmes. C'est ce qui forme,
avec les œuvres trop nombreuses aussi des artistes de la localité,
ce fond de nos expositions bordelaises. Sur ce fond, bien peu d'oeu-
vres de mérite se détachent, et le goût du public qu'elles devraient
réveiller, primer, développer, n'y gagne pas.

On devrait faire mieux et on le pourrait très-bien.

Préoccupez-vous un peu moins de la loterie dont chaque
action est un billet, dédaignez la multiplicité des lots que vous
avez pour objectif. — Les envois de gravures du ministère, des
abonnements aux publications artistiques, des souscriptions aux
ouvrages d'art suffiraient à donner, sur ce point, satisfaction aux
souscripteurs, et le budget de la Société devrait être exclusivement
employé à acquérir quelques œuvres d'un réel mérite, au lieu
de se disperser en achats de mille articles bordelais, — mais insi-
gnifiants, — comme ça s'est fait trop souvent.

Henry Dkvier.

DES BEAUX-ARTS

L'INDUSTRIE

façade sur la place au premier étage, est composé d'une suite de
belles pièces réseryées à l'administration et aux commissions.
Puis, en retour sur une cour profonde, très-claire, se développenc
deux longues salles, l'une réservée aux conférences, l'autre con-
tenant la belle bibliothèque que les travailleurs du quartier con-
naissent bien. L'aménagement est simple, d'une grande commodité
pour le travail; les livres sont classés dans de grandes biblio-
thèques vitrées surmontées de bustes. En face de ces immenses
rayons les panneaux compris entre les fenêtres sont couverts de
gravures et de documents de toutes sortes.

Le musée est installé provisoirement. Il doit être classé et
catalogué par les soins de M. Courajod qui vient d'être nommé
conservateur, assisté de M. Hippolyte Brou, sous-conservateur.
Les riches étoffes, les dons de toute nature seront exposés dan
de belles armoires distribuées dans la salle contigué à celle des
conférences et dans de nombreuses vitrines plates.

Pour le moment, le local nouveau semble suffisant, mais si
l'Union continue sa marche progressive, il est probable que nous
la verrons s'étendre au delà de ses limites actuelles, et son conseil
d'administration sera obligé de prévoir les moyens de s'agrandir.
Le discours de M. Ed. André laisse entrevoir cette heureuse
nécessité : nous souhaitons qu'il soit donné au président de
l'Union de voir très-prochainement ses vœux s'accomplir.

L'Union est une bonne, une sérieuse société que tous les amis
du progrès doivent soutenir à tout prix. Son indépendance absolue,
ses excellents travaux, son activité ia recommandent comme une
des meilleures institutions du pays.
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