L' art: revue hebdomadaire illustrée — 1.1875 (Teil 2)

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24 L'A





Demande

Prix





de l'expcr:.

d'adjudication

G. jundt. . . .

Le Denier de sainte Anne.

3,500

1,700



Les Iles du Rhin. . . .

4,000

4,500

Emm. Lansyer .

La Baie de Douarnene^ .

1,500

1,050



La Seine devant Saint-









1,000

780

MlCHETTI. . . .

L'Enfant.......

1,000

1,320

Millet.....

Glaneuses.......

15,000

12,100





1,500

900

De Neuville. .

Combat sur une voie fer-









25,000

11,500



Intérieur flamand, dix-







septième siècle ....

3,000





Jeune Fille au chien. . .

5,000

3,800



Le vieux Pêcheur . . .

2,000

1,420

• —

Les petits Cuisiniers . .

5,000

4,500





I,50o

1,220



Portrait de l'artiste. . .

6,000

5,000



Tète de jeune femme. . .

5,000

5,000



'( Le Puits de mon charcu-









4,000

2,250

Alfred Stevens.

I.e Bain.........

15,000

7,805





10,000

6,6oo

Tassaert. . . .

Jeune Ville au lapin . .

5,000

5,900





8,000

5,500

Bartholdi . . .

Otia Paris, groupe en









3,000

2,000

— Le 24 avril a eu lieu la vente de la « Précieuse Collection de
M. L. Marcotte de Quivières. » Il n'y avait là que vingt tableaux,
parmi lesquels plusieurs tout à fait précieux.

M. Charles Yriarte, avec l'exquise finesse et l'aimable rail-
lerie qui sont deux des notes caractéristiques de son talent, a
excellemment écrit en tête du catalogue : « L'inédit, en fait de
peinture, a toujours un grand charme, et, par le temps qui
court, où les mêmes tableaux passent et repassent devant le
public, changeant dix fois de possesseurs, ne se classant point et
devenant chaque jour l'objet d'une spéculation nouvelle, on
éprouve une certaine satisfaction et quelque surprise à voir
réunies des œuvres de choix qui ont passé directement de l'ate-
lier de l'artiste dans le cabinet de l'amateur, y restant de longues
années sans être déflorées par ce va-et-vient périlleux des en-
chères publiques. » C'était le cas de la plupart des tableaux de
M. Marcotte. M" Pillet, qui a fait un pacte avec le succès et qui
en est blasé, avait l'air depuis quelque temps d'entrer en délica-
tesse avec sa Fée protectrice, sans doute pour se donner la jouis-
sance nouvelle de lui forcer la main comme il vient de le faire;
en quarante minutes des enchères vertigineuses ont été enlevées à

RT.

la baïonnette avec une furiafrancese sans égale; le public n'y
a vu que du feu; il a payé, et raide, comme semblait le dire
M. Alexandre Dumas qui était présent, et ce bon public s'est
retiré enchanté d'avoir, fait gagner une bataille d'Austerlitz de
plus à son commissaire-priseur favori.

Fruits et Bijoux, un Biaise Desgoffes, — agate, marbre et
porcelaine assortis, — dont l'expert demandait 6,000 francs, a
été vendu 5,550 francs; — M. Isaac Pereire a acquis pour
50,000 francs l'Odalisque à l'Esclave d'Ingres, dont on avait
demandé 60,000 francs; — le Tintoret et l'Arétin, une des plus
mauvaises toiles d'Ingres, mise à prix à 10,000 francs, n'en a
atteint que 7,000, ce qui était énorme, et est, dit-on, retirée à ce.
prix; — la Rentrée de la procession à la sacristie. — un bel
Isabey, — demande : 10,000 francs, adjugé à 14,600; — un
minuscule Théodore Rousseau, mais un chef-d'œuvre (16 centi-
mètres de haut sur 22), 13,650 francs à M. de Candamo; cela
paraît très-cher et ça ne l'est pas; — les grands Chênes, autre
Rousseau magistral ( 16 centimètres,de haut sur 40), 25,050 francs
à Mme la baronne Adolphe de Rothschild; la demande avait
été de 15,000 francs pour chacun des deux tableaux; — les Joies
maternelles de Bouguercau, 18,200 francs avec un cadre fantas-
tique, au moins aussi surchargé d'ornements hors de saison que
l'Opéra de M. Garnier; — le Retour à la ferme de Troyon,
belle toile, mais d'une facture un peu lourde (62 centimètres de
haut sur 91), a été mis à prix à 40,000 francs et vendu 35,000.
Mais l'événement par excellence a été l'Abreuvoir, du même
maître, sans conteste l'une des merveilles de l'école moderne.
Exposé en 1851, ce panneau de 54 centimètres de haut sur 39
fut vendu 500 francs par l'artiste. Cédée quelque temps après par
l'acquéreur, cette œuvre exquise fut payée 1,000 francs par le
baron Courtier, membre de la Chambre des Députés sous Louis-
Philippe. A la vente après décès du baron, un marchand, M. Weyl,
achète ce Troyon 1,500 francs et le revend 1,800 à M. de Qui-
vières. Il vient d'être adjugé à 27,550 francs! et voilà que l'on
prétend que c'est à M. Marcotte lui-même qui en avait fait deman-
der 30,000 francs par l'expert, et qui prétendait obtenir plus ou
ne pas se séparer de cette perle incomparable !

— Au moment où nous mettons sous presse, les deux pre-
mières vacations de la vente Fortuny — 26 et 27 avril — sont
terminées. Ce que l'on a appelé par courtoisie les Tableaux de sa
succession (133 numéros), —il n'y avait là tout au plus que des
Etudes et de vagues Esquisses, — les Tableaux ont réalisé près
de 600,000 francs ! ! ! La vente durera encore trois jours ; nous
en donnerons dans notre prochaine Chronique tous les détails
importants.

—amnamnii 1111 1111 _-hj..-u,

NÉCROLOGIE

Nous avons le regret d'annoncer la mort d'un jeune
peintre de talent et d'avenir, Alphonse Lecadre. Elève de
Gleyre, il se fit remarquer dès sa première exposition, en
1867, par une excellente étude d'enfant nu. En 1870, le
Sommeil, figure de femme couchée, lui valait sa première
médaille. Eh 1874, il en obtenait une seconde pour une
composition bien disposée et d'un ton remarquablement fin,
/ Offrande. A. Lecadre avait à peine trente-trois ans, quand
une maladie rapide a brisé une carrière d'artiste qui s'annon-
çait sous de si brillants auspices. La sincérité de son œuvre
répondait complètement à celle de son caractère.

— L'Italie vient de perdre deux de ses sculpteurs : le
professeur commandeur Filippo Guaccarini, décédé à Rome,
et Giovanni Strazza, mort lç 19 avril, à Milan, où il était

né en 1818; artiste distingué, qui a produit un grand nombre
d'ouvrages, notamment une Clio pour le prince Torlonia, les
figures allégoriques de l'Industrie et de la Science pour le
monument Sarti, une statue colossale d'Aaron implorant le
Ciel pour le peuple d'Israël, et un beau buste de Manzoni.

— M. H. W. Pickêrsgill, membre de la Royal Academy
de Londres, est mort le jeudi 22 avril. Il était âgé de 94 ans ;
doyen de l'Académie, sa nomination remonte à près d'un
demi-siècle. Portraitiste consciencieux, il a eu, pendant plus
de quarante ans, l'honneur de peindre la plupart des nota-
bilités des Trois-Royaumes ; il resta jusqu'en ces dernières
années l'un de; fidèles des expositions académiques ; il laisse
la réputation d'un artiste des plus honorables, mais d'Jti
médiocre talent

Le Gérant, HIPPOLYTE HEYMANN.
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