L' art: revue hebdomadaire illustrée — 1.1875 (Teil 2)

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M. BIZET ET « CARMEN »

aintes fois a retenti dans le monde musical,depuis quelques années,
ce cri funèbre : L'opéra-comique se meurt, l'opéra-comique est
mort. Il est accueilli par les uns avec une douleur sincère, par les
autres avec une joie sinistre et des ricanements sarcastiques. Que
l'on regrette la disparition d'un genre « éminemment national »,
selon l'expression consacrée, ou qu'on y soit seulement indifférent,
le fait n'en paraît pas moins incontestable. En dépit de plusieurs
tentatives honorables mais insuffisantes pour renouveler une forme
usée, l'opéra-comique semble avoir fait son temps. Transaction entre
la comédie et la musique, conception de demi-caractère, mélange
de toute sorte d'à peu près, il a subi le sort réservé à tous les compromis, à quelque ordre d'idées
qu'ils appartiennent, du moment que les prétentions hostiles qui s'y conciliaient éprouvent la

M* Georges Bizet.
Fac-similé d'un croquis de P. Renouard.

moindre velléité de reprendre leurs droits, du moment que les contraires qui s'y donnaient la main
aspirent à se manifester en toute liberté et à réaliser séparément leur idéal absolu, au risque de se
faire la guerre. Attaqué de deux côtés à la fois, par les développements de la poésie et de la sym-

Tome IL. a
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