L' art: revue hebdomadaire illustrée — 1.1875 (Teil 2)

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LE MUSÉE NATIONAL DU LOUVRE

ET LA NOTE DE M. F. REISET

I.

os députés sont à la veille de voter le budget. C'est le moment
que M. F. Reiset, directeur des Musées nationaux, a choisi pour
publier une Note qui résume tous les besoins de son administra-
tion. Il y dévoile la pénurie des misérables ressources des Musées, et
appelle sur sa maison nationale l'attention des députés et du public.

Ses réclamations sont trop justes pour qu'une vive émotion ne
gagne pas tous ceux qui comprennent l'importance des fondations
artistiques dans notre pays. Son plaidoyer est appuyé de faits tel-
lement évidents que toute réfutation est impossible ; il n'y a pas
jusqu'à la touchante expression des inquiétudes de l'éminent Direc-
teur qui ne lui gagne tous les lecteurs et ne transforme les plus indifférents en intéressés à sa cause.

Aussi est-il présumable que cette Note recevra à Versailles le môme accueil que dans le public.
Nos députés, qui n'ont jamais commis la sottise de se désunir dans les questions où la politique
n'apparaîtrait que pour tout gâter, s'entendront pour étudier les propositions de M. F. Reiset et
pour trouver une solution définitive en faveur du Louvre.

Ce sera un véritable titre à la reconnaissance du pays le plus artiste du monde à cette heure,
que la Chambre acquerra avant de se séparer, si, héritière, au nom de la nation, des plus beaux
Musées du monde, elle sait les doter comme l'attend d'elle la nation souveraine, aujourd'hui directe-
ment intéressée au sort de ses établissements.

Ne l'oublions pas : les admirables collections réunies au Louvre, et qui formaient le plus splendide
apanage des souverains qui se sont succédé sur le trône de France, ont toujours été revendiquées au
profit de la nation par ce seul argument, que l'insuffisance des crédits alloués par la Liste civile
ne permettait pas de les maintenir à la hauteur du rang qu'ils devaient conserver au-dessus de celles
de Londres, Vienne, Berlin, Pétersbourg, où des sommes considérables étaient consacrées à nous
disputer et nous enlever les œuvres les plus belles. On ne voyait pas seulement dans l'embellissement
de nos Musées, dans l'augmentation des types précieux qu'ils devaient contenir, une accumulation
glorieuse de richesses incomparables et une pure jouissance d'amour-propre. A ce compte, nos
trésors étaient suffisants pour la gloire du souverain et la satisfaction de l'orgueil national. Mais une
autre pensée animait l'esprit de tous ceux qui voulaient enlever à la Liste civile l'administration des
Musées.

Nous tous qui avons soutenu cette lutte depuis quinze ans, nous n'avons jamais voulu y voir
l'occasion d'une taquinerie mesquine sans autre but que le plaisir niais de faire pièce au souverain.
Mais nous considérions que les Musées sont une source vivifiante de la prospérité nationale, que les
admirables types originaux dans tous les ordres qu'ils contiennent sont une leçon perpétuelle d'art
et de goût pour le pays qui semble aujourd'hui le mieux doué pour les productions artistiques,
celui du moins auquel il importe de ne pas laisser perdre les avantages et les profits considérables que
lui procure le talent de ses artistes et que les statistiques commerciales permettent de constater. Et
nous estimions que l'admirable activité de la nation avait besoin d'être entretenue à son plus pur
foyer par des sacrifices qu'il était impossible d'exiger de la Liste civile. L'arrêt dans l'extension
Tome II. 13
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