L' art: revue hebdomadaire illustrée — 1.1875 (Teil 2)

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SALON DE 1875. • 103

directeur des Beaux-Arts, — sous prétexte de récompenses, la pénible attitude d'un pion distribuant
des bons points à des moutards qui n'ont pas trop gaminé et qui déclinent plus ou moins régulièrement
Rosa, la rose.

Les récompenses! mais, depuis Dieu sait quand, il n'y a plus que M. Prudhomme qui y croie! —
Voyons, parlons vrai en gens qui savent faire litière des conventions absurdes et des solennités faux
teint. Comprenez-vous qu'un artiste d'un talent réel consente à gravir les marches d'une estrade
officielle pour y chercher cette année une médaille de troisième classe, l'année prochaine une médaille
de deuxième classe et la suivante le bouquet final des médailles, celle de première classe, et tout cela
pour aboutir à quoi? A grossir les rangs des Exempts et des Hors Concours, c'est-à-dire de la lèpre des
expositions officielles!

Existe-t-il de par le monde quelqu'un doué d'un peu de sens artistique qui ne soit pas d'avis que
le transfert de la grande majorité de ces privilégiés du Palais de l'Industrie aux Magasins - Réunis
transformerait l'exhibition des Champs-Elysées en une fête de l'intelligence au lieu du supplice de
dessin barbare, de tonalités insensées, de conceptions ineptes, qu'elle nous inflige aujourd'hui?

Que les artistes se constituent enfin en associations diverses et complètement indépendantes, ayant
chacune leur exjiosition annuelle, et tous y gagneront, et l'État cessera, une bonne fois pour toutes,
de jouer en matière d'art le rôle puéril de touche-à-tout. Combien sa position ne sera-t-elle pas plus
digne lorsqu'il se contentera d'acheter les meilleures œuvres pour en enrichir les collections nationales
et de faire des commandes pour décorer les monuments! En fait d'expositions, il n'a le devoir que
d'en organiser d'un seul genre; il faut que tous les trois ans, par exemple, — c'est une période qui
n'est ni trop courte ni trop longue, —il mette le public à même de juger par la réunion de ses achats,
de ses commandes, s'il fait ou non fausse route. .

Quant au Salon actuel, bazar désordonné s'il en fut, où l'absence de goût dans l'arrangement atteint
les dernières limites du possible, tant les organisateurs sont sous l'influence inconsciente qu'il s'agit
d'une institution vermoulue qui n'a que trop fait son temps, il y aurait folie à s'en occuper en détail. A
quoi bon d'ailleurs réveiller la poussière des morts qui gisent là en si grand nombre, troubler les dernières
heures de tant d'agonisants ou faire du tort au commerce des manufacturiers picturaux? Si je n'admets
point qu'on ne se montre pas justement sévère envers les chefs de file qui prétendent régenter l'école
et dont l'exemple néfaste, l'ignorance variée, l'incommensurable médiocrité, le despotisme fatal, les
mesquines et perpétuelles intrigues la mènent droit à sa ruine et enrayent tout progrès, je comprends
bien moins encore qu'une fois le compte de ces guides de malheur réglé, la critique consente à
s'occuper d'autre chose qu'à mettre 'en lumière, au milieu de ce tohu-bohu du Palais des Champs-
Elysées, toutes les œuvres, petites ou grandes, que recommandent des qualités sérieuses, qui révèlent
un tempérament ou qui contiennent une de ces promesses dont un prochain avenir fera sans doute
une brillante réalité. C'est là un devoir et je m'efforcerai de le remplir.

VIII.

M. EUGÈNE DELA PLANCHE. - M. PAUL DE VIGNE. — M. C. - A. FRAIKIN.

M. F.-A. BARTHOLDI.

Revenir des Magasins-Réunis et monter à la peinture, c'est dur. Arrêtons-nous d'abord un instant
dans ce jardin consacré aux sculpteurs et où tant de marbres vivants reposent des migraines qu'en-
gendrent les innombrables conceptions mort-nées des galeries supérieures.

Les statuaires se meuvent nécessairement dans un cercle d'action très-restreint; il n'en est que
plus remarquable de voir plusieurs d'entre eux se dégager des langes du passé, chercher résolument des
voies nouvelles et y réussir. Sous ce rapport, M. Eugène Delaplanche est de ceux qui attirent et fixent
!e plus légitimement l'attention. Si son Esquisse d'un monument élevé à la mémoire de M9r Affreingue, à
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