L' art: revue hebdomadaire illustrée — 1.1875 (Teil 2)

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L'EXPOSITION DE LA SOCIÉTÉ DES AMIS DES ARTS

DE BORDEAUX1

{Correspondance particulière de l'Art.)

i M. Chabry est un réaliste cherchant la tache,
se préoccupant bien p'us de la couleur que de la
ligne, M. Baudit, élève de Calame, a surtout pour
objectit le dessin. La composition d'un tableau
a pour lui une sérieuse importance, et il dessine
un tronc d'arbre, modèle une branche, une roche, un pli de
terrain avec la même conscience qu'une main ou un visage. Ce
n'est pas un mince mérite, à une époque où tout se fait à la
vapeur, même les choses que la méditation devrait produire,
après des études préalables, patientes et sérieuses. Mais on se

contente d'à peu près, beaucoup d'artistes prennent un pinceau
sans avoir préalablement appris à tenir un crayon ; on recherche
les moyens les plus expéditifs et on les adopte quel qu'en soit le
résultat défectueux et brutal.

On oublie trop, dans l'école contemporaine, dans le clan des
paysagistes surtout, que pour faire un peintre il est nécessaire de
savoir dessiner avec précision, de connaître la perspective qui n'est
pas une chose d'inspiration et que, selon l'expression d'un de nos
maîtres en esthétique : i le dessin c'est le mâle et la couleur
n'est que la femelle. » « La ligne, a dit Maxime Ducamp, c'est

Environs de Bayonne.
Fac-similé d'un dessin de M. A. Baudit, d'après son tableau.

la probité de la peinture. » M. Baudit la respecte, et sans dédai- j
gner les effets de coloris, les tons brillants de la palette auxquels
autant qu'un autre il est sensible, ses bouquets le prouvent sura-
bondamment, c'est au dessin d'abord qu'il rend ses devoirs.

Tous ses tableaux exposés ici (huit) ont été vendus dès les
premiers jours ; nos amateurs se les disputent ainsi chaque année.
Celui que nous reproduisons, d'après un croquis de l'artiste, a
pour titre : Environs de Bayonne. Si nous l'avons préféré entre
tous, ce n'est pas qu'il se distingue par des qualités supérieures,
mais surtout parce qu'il reproduit merveilleusement un site déli-
cieux dont le souvenir nous est particulièrement agréable.

M. Auguin est aussi un paysagiste distingué; plus âgé que
ces artistes dont nous venons d'étudier les œuvres, il est, lui,
dans toute la maturité de son talent, poétique, séduisant, mais

monotone : « L'ennui naquit un jour de l'uniformité, i Ses
tableaux sont trop semblables entre eux, la composition y est
nulle, et c'est presque toujours ce même bouquet d'arbres et la
même roche avec un peu d'eau qui, soit à droite, soit à gauche,
meublent les toiles de cet artiste. Le dessin n'a pas la précision
désirable, mais la couleur d'un beau ton frais, le ciel fluide et
fin, la gamme claire, blonde, qualités ordinaires de ses toiles, les
rendent très-séduisantes; et il s'"en dégage un grand charme.

Le paysage intitulé les Grands bois de Fénioux, se compose
d'un bouquet de grands chênes dont les troncs rugueux et mous-
sus occupent le premier plan à droite ; à gauche quelques brous-
sailles de jeunes arbres s'étendant au fond, et c'est tout, avec un
ciel charmant, bien lumineux et un sol d'un vert délicieux. C'est
un beau paysage, un peu mou dans certaines de ses parties, mais

I. Voir tome ii, pages ip et Op.
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