L' art: revue hebdomadaire illustrée — 1.1875 (Teil 2)

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CONSEIL SUPÉRIEUR DES BEAUX-ARTS.

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surpasser Brunelleschi, accomplit et rend définitive la révolution
commencée par celui qui fut l'inspirateur de tous les architectes
de la Renaissance.

Cette analyse rapide suffit pour montrer avec quel tact était
choisi, pour l'auditoire de l'Union centrale, le grand exemple qui
lui était présenté. Dans cette assemblée, où l'on ne cesse de répé-
ter que toute la force de l'artiste résulte de l'ensemble des con-

naissances acquises, où on lutte avec énergie contre l'énervant
enseignement des spécialités, c'était soutenir par la plus habile
démonstration les doctrines de l'Union centrale et les affirmer
avec l'autorité qu'apportera toujours avec lui le savant profes-
seur. Aussi M. de Montaiglon a-t-il été applaudi et félicité
comme il le méritait.

A. de L.

CERCLE ARTISTIQUE DE MARSEILLE

EXPOSITION DES ŒUVRES DE MAXIME LALANNE

On se souvient du succès obtenu au cercle de la rue de la
Chaussée-d'Antin par l'exposition des gravures, fusains et des-
sins comprenant l'œuvre de notre ami M. Maxime Lalanne. A la
suite de cette heureuse exhibition, la Société des Amis des Arts de
Bordeaux, la patrie de Lalanne, a eu la bonne pensée de mettre à la
disposition de l'artiste le local qui lui appartient, pour renouveler
dans cette ville l'exposition qui avait si bien réussi à Paris. La-
lanne partit donc pour Bordeaux et il fit ce qu'on lui demandait,
mais il le fit de telle façon que, si son orgueil d'artiste a obtenu
de bien justes satisfactions, les pauvres ont eu leur large part dans
cette entreprise, car les produits de l'exposition bordelaise,
ajoutés à une loterie de dessins donnés par l'artiste, ont rapporté
6,000 francs à l'œuvre des crèches et des fourneaux écono-
miques.

Le Cercle artistique de Marseille, informé des résultats obte- j

nus à Bordeaux, a demandé à son tour le concours de M. Lalanne,
et il a ouvert dernièrement dans ses salons l'exposition de ses
œuvres, qui vont servir une fois encore à une entreprise charita-
ble. Jusqu'au 30 juin, l'exposition du cercle restera ouverte avec
300 dessins, plus de 100 fusains, 100 gravures à l'eau-forte, des
bois, des aquarelles et des photographies.

Nous comptons faire un de ces jours le relevé des sommes
que le groupe des artistes souscrit annuellement à toutes les
œuvres de bienfaisance, et l'on apprendra avec quelque surprise
le chiffre de son appoint à la charité. Il n'est pas un camarade en
détresse qu'ils ne soulagent, pas une catastrophe où ils ne vien-
nent apporter le fruit de leur travail, pas une souscription où
leurs noms glorieux ne figurent, pas un mode de concours ingé-
nieux qu'ils n'inventent pour tendre la main à quelqu'une des
misères humaines.

CONSEIL SUPÉRIEUR DES BEAUX-ARTS

Le Président de la République française,
Sur le rapport du ministre de l'instruction publique, des
culces et des beaux-arts,

Décrète :

Art. ier. — Un conseil supérieur des beaux-arts est institué
près le ministère de l'instruction publique, des cultes et des beaux-
arts.

Il se compose ainsi qu'il suit :
Le ministre, président;

Le secrétaire général du ministère et le directeur des beaux-
arts, vice-présidents ;

Le préfet de la Seine ;

Douze artistes pris dans l'Institut ou au dehors, savoir :
6 peintres, 2 sculpteurs, 2 architectes, 1 graveur, 1 musicien;
Deux membres de l'Académie des inscriptions et belles-lettres;
Un membre de l'Académie des sciences ;
Le secrétaire perpétuel de l'Académie des beaux-arts ;
Le directeur de l'Ecole nationale des beaux-arts;
Le directeur du Conservatoire national de musique ;
Le directeur des musées ;
Le directeur des bâtiments civils;

Un membre de la commission de perfectionnement de la
manufacture de Sèvres;

Huit personnes distinguées par la connaissance qu'elles ont
des arts.

Le chef de bureau des beaux-arts, assisté d'un sous-chef,
remplit les fonctions de secrétaire près le conseil supérieur des
beaux-arts.

Art. 2. — Les membres du conseil supérieur des beaux-arts
qui n'en font pas partie à raison de leurs fonctions, sont nom-
més annuellement par le ministre de l'instruction publique et des
beaux-arts.

Art. 3. — Le conseil supérieur des beaux-arts s'assemble une
fois par mois. En dehors de ses réunions ordinaires, il peut tou-
jours être convoqué par le ministre.

Le conseil peut choisir parmi ses membres des sous-commis-
sions chargées d'étudier, dans l'intervalle de ses réunions, les
questions sur lesquelles il est consulté et de lui en faire un rapport.

Art. 4. — Le conseil peut être appelé à donner son avis :

Sur le règlement des expositions des artistes vivants ;

Sur les concours;

Sur les questions générales intéressant l'enseignement des
beaux-arts et le travail des manufactures nationales ;

Sur les souscriptions de l'État aux ouvrages et publications
qui concernent les beaux-arts ;

Sur les ouvrages et missions qui sont relatifs aux beaux-arts.

Une sous-commission, nommée par le ministre, présidée, en
son absence, par le directeur des beaux-arts, pourra être consul-
tée sur les commandes et acquisitions d'oeuvres d'art.

Art. 5. — L'ordre du jour de chaque séance est arrêté par
le ministre.

Art. 6. — Le conseil, avec l'agrément du ministre, peut ap-
peler dans son sein les chefs de service qu'il croira devoir enten-
dre sur les questions qui sont de leur ressort.

Art. 7. — Le ministre de l'instruction publique, des culces
et des beaux-arts est chargé de l'exécution du présent décret.

Fait à Versailles, le 22 mai 1875.

M"1 de Mac Mahon, duc de Magenta.

Par le Président de la République :

Le ministre de l'instruction publique,
des cultes et des beaux-arts,

H. Wallon.
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