L' art: revue hebdomadaire illustrée — 1.1875 (Teil 2)

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L'ART.

nous qui n'ait subi la déconvenue de trouver fermée telle ou telle salle, au moment où il s'y
présentait pour une visite curieuse ou une recherche en vue d'un travail pressé.

C'est qu'en effet, et la Note nous l'apprend à l'aide d'un tableau d'une clarté et d'une précision
remarquables, le nombre des surveillants est tout à fait insuffisant pour que la Direction puisse ouvrir
toutes les Galeries tous les jours aux visiteurs et aux travailleurs. Pour les 2,475 mètres occupés
par nos collections, pour les services de nuit, les bureaux, les portes et les postes, il y a en ce
moment cent vingt gardiens! c'est-à-dire, en défalquant les dix surveillants de nuit, les cinq chefs,
les huit garçons de bureau, et sans compter les malades, quatre-vingt-dix-sept hommes pour la
garde des portes, escaliers et des cent seize salles!

On a compris maintenant pourquoi la Direction du Louvre est contrainte de fermer à tour de
rôle certaines parties du Musée! Le budget de la France ne permet pas d'ouvrir le Louvre tout entier aux
étrangers et aux travailleurs!

Ah! que nos voisins d'outre-Manche, les généreux fondateurs du Kensington Muséum doivent
nous prendre en pitié !

Remarquez que je ne parle que du Louvre. Si j'insistais, je vous dirais, avec la Note, que la
Direction a à pourvoir aux services du Luxembourg, du Musée de Saint-Germain et du Musée de
Versailles, services qui réclament dix-neuf hommes.

Eh bien! pour répondre à toutes ces exigences, pour ouvrir toutes nos Galeries, que demande
M. Reiset? trente gardiens de plus, soit 40,000 francs.

Sa cause sur ce point nous paraît gagnée.

III.

Avons-nous besoin d'insister sur les avantages qu'il y aurait pour la bonne exposition de nos
chefs-d'œuvre de peinture à modifier l'éclairage de la grande Galerie? Pas un artiste, pas un visi-
teur qui n'aient jeté les hauts cris au moment où M. le vicomte de Tauzia a ouvert les Galeries du
bord de l'eau! Et qu'y pouvait cet intelligent conservateur? Si habiles que fussent les dispositions qu'il
avait prises, il n'était pas le maître du budget, seul dispensateur de la lumière avec M. Lefuel!

il n'y a pas davantage à chicaner sur les modifications réclamées à l'ancienne salle des États,
qui reste inutile à l'heure où sa destination est toute trouvée pour recevoir les grandes toiles perdues
dans l'obscur et ridicule réduit appalé pavillon Denon, et sur la nécessité de faire place et jour dans
le Luxembourg aux œuvres de la peinture et de la sculpture modernes. Ces grosses dépenses, il les
faudra bien faire tôt ou tard. Nous croyons que le plus tôt serait le mieux ; mais si des sentiments de
prudente économie dominent la Chambre, nous préférons de beaucoup la voir ajourner l'allocation
du crédit spécial, nécessaire à ces travaux, que de la voir repousser l'augmentation annuelle du
budget pour le personnel et celle du fonds d'acquisition, qui est l'objet des plus vives inquiétudes.

IV.

N'oublions pas la dure épreuve d'irier : qu'elle nous serve de leçon.

A la vente de la collection des dessins de notre ami si regretté, Emile Galichon, le Louvre n'a
pu acquérir :

Ni le portrait de Philippe le Bon, par Jean Van Eyck, passe en Angleterre.
Ni la Fuite de Loth, par Raphaël, passée en Angleterre.
Ni les Michel-Ange, passés en Angleterre.

Ni l'étude pour le tableau de la Sainte Anne, du Louvre, par Léonard de Vinci, passée en Angleterre.
Carie Louvre n'a pas le sou! Le Louvre est moins riche, oh! je ne dis pas que le moindre Musée
anglais! mais que le moins entraîné de nos grands collectionneurs! Et n'est-ce pas à la générosité d'un
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