L' art: revue hebdomadaire illustrée — 1.1875 (Teil 2)

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BOIELDIEU. 129

Khan, la Dame invisible, plus, des chœurs nouveaux pourYAthalie de Racine. Chacun de ses ouvrages
était accueilli avec la plus grande faveur, et par le czar, et par la cour, et par le public ; Boieldieu
était aimé, choyé, fêté par tout le monde, et c'était à qui lui rendrait la vie le plus facile et le plus
agréable. Cependant il se fatigua d'être ainsi éloigné de son pays, et au commencement de 1811 il
était de retour à Paris.

Ici, il recommença sa carrière sur de nouveaux frais; et dès les premières pièces qu'il offrit au
public, celui-ci put s'apercevoir que le style du maître, sans avoir rien perdu de son amabilité, de sa
fraîcheur, de son élégance souveraine, avait pris de la noblesse, de la grandeur, un accent plus élevé,
et décelait une sûreté de main à laquelle il ne manquait plus rien. Dans l'espace de dix années, il
donna, outre trois des ouvrages qu'il avait écrits en Russie (Rien de trop, la Jeune Femme colère, les
Voitures versées), outre quelques-unes de ces pièces de circonstance dont l'Empire et la Restauration se
montraient si friands, tous ces jolis chefs-d'œuvre qui avaient nom Jean de Paris, le Nouveau Seigneur

Martin, Elleviou
sociétaire du Théâtre Royal ue l'Opéra-Comique. (dans « Maison a vendre»).

Fac-similé de dessins de Félix Buhot, d'après les portraits peints par Riesener.

de village, la Fête du village voisin, le Iyetit" Chaperon rouge... Toute cette série de productions enchan-
teresses donna à Boieldieu une autorité et une influence incontestables sur le public ; bientôt il tint la
tête du mouvement musical en France, et après avoir vaincu Nicolo, le seul rival qui osât soutenir
le combat avec lui, après avoir, d'une façon charmante, tendu la main à Hérold et facilité ses débuts,
il se vit, à la mort de Méhul, appelé comme par acclamations à recueillir la succession de ce grand
homme à l'Institut.

Enfin parut cette merveilleuse Dame blanche, dont on parlait depuis longtemps et qu'on attendait
avec impatience. Ce ne fut point sans peine, car Boieldieu ne voulait s'en dessaisir que lorsqu'il en serait
absolument satisfait, ainsi que le prouve ce fragment d'une lettre qu'il écrivait à Guilbert de Pixérécourt,
alors directeur de l'Opéra-Comique, dix mois environ avant la représentation : — « Que vous feriez
mieux de me laisser tranquille, mon cher bon ami, et de croire en mon vif désir de tout concilier entre
vos intérêts qui sont respectables, mais de l'ordre physique, et les miens, de l'ordre tout moral, et qui
peuvent aussi être laissés à apprécier à mon sentiment... Entre nous, tout va bien, tout ira bien. Mais
pour la Dame d'Avenel, il faut bien m'en laisser et maître et juge, et tout ce que je vous écrirais à son
propos ne ferait que répéter ce que maintes fois je vous ai dit déjà, que j'en veux faire à mon goût et
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