L' art: revue hebdomadaire illustrée — 1.1875 (Teil 2)

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L'ART.

VII,

En effet, il n'est pas un d'entre eux qui ne comprendra que le Louvre a besoin d'une loi
d'exception pour le report des sommes non employées sur son crédit annuel, quel qu'il soit.
Autrement voyez à quelles singulières conséquences on arrive.

Tout budget est dressé en vue de dépenses certaines et prévues, et, lorsque ces dépenses ne sont
pas faites, l'argent qui devait y être employé fait retour au Trésor. Dans toutes les administrations,
les choses se passent ainsi et cela n'offre aucun inconvénient. Aux Musées, c'est une autre affaire. Le
crédit de 75,000 francs est affecté à des acquisitions; c'est très-bien. Mais ces acquisitions on ne les
connaît pas à l'avance et alors il arrive, lorsque les occasions d'achat se présentent, que les sommes
votées par la Chambre pour l'augmentation des collections sont insuffisantes; le Louvre voit ainsi
passer dans les Musées étrangers les pièces capitales qu'il était chargé d'acquérir, et les fonds, qu'en
bonne administration on n'est jamais disposé à rendre à l'État, servent, éparpillés dans huit conser-
vations, à encombrer les vitrines et les portefeuilles d'objets secondaires qui n'ajoutent rien à l'éclat
de nos richesses.

Qu'on consulte les inventaires du Louvre et l'on reconnaîtra avec les Conservateurs désolés que
les entrées sont rares pour les œuvres de premier ordre, les pièces indispensables, tandis qu'une foule
de menus objets, achetés pour employer le petit crédit divisé entre chaque conservation, sont
.inscrits sur les livres d'entrée.

Il y a donc là un vice de constitution. L'exiguïté ridicule des ressources annuelles constatée, il
ne suffit pas d'y remédier dans une mesure que les Députés sont plus capables que nous d'apprécier,
à cause de la situation financière qu'ils apprécient mieux dans son ensemble ; il faut encore adopter
une disposition appropriée aux besoins et aux convenances spéciales du Louvre.

Il n'y a rien là qui nous inquiète de la part d'hommes clairvoyants et peu disposés à laisser se
perpétuer une mauvaise mesure.

Les Députés verronr aussi bien que nous l'illusion de ce procédé économique, qui oblige le
Louvre à employer tant bien que mal le crédit total voté pour ses acquisitions annuelles. Il n'est pas
besoin de s'étendre longtemps sur ce singulier mécanisme pour faire voir que la législation finan-
cière conduit actuellement, à l'encontre du raisonnable, le Louvre à dévorer chaque année des
ressources qu'une intelligente économie, échappant à la loi générale, permettrait d'amasser, sous
la garde de la Caisse des Dépôts et Consignations. Aussi, nous ne craignons pas de le dire : le
gaspillage inutile, c'est la loi qui l'a créé pour le Louvre, en maintenant cet établissement dans la
règle commune.

La circonspection prudente et l'étude de ces faits que nous analysons fort vite amèneront ies
Députés à voir la vérité. Cette constatation une fois faite, nul doute que, prévoyante et juste, la
Chambre ne fasse, pour la prospérité d'une œuvre aussi populaire que nos Musées, tout ce qui est
nécessaire et indispensable. Et comme l'exception qu'on propose représente en définitive, si on y
réfléchit, une véritable mesure d'économie, la Chambre l'adoptera

VIII.

A Monsieur F. Reiset, Directeur des Musées nationaux.
Monsieur le Directeur,

Au moment où vous vous adressez à la Chambre des Députés pour lui porter de justes récla-
mations en faveur des établissements que vous administrez, au moment où, soutenu auprès d'elle
par tous les artistes, par les grandes industries qui attachent tant de prix au développement de
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