L' art: revue hebdomadaire illustrée — 1.1875 (Teil 2)

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L'ART.

un sujet tout neuf, comme vous voyez, et que l'exécution ne s'était pas chargée de rajeunir. En 1872,
le livret ne mentionne plus que l'un des deux maîtres; l'autre, — M. Gué, — est envoyé sous
remise; — il ne représentait sans doute pas suffisamment le grand art, — et l'élève expose Sous la
tonnelle, qui a pour successeur au Salon de 1873 : Le vieux Chasseur, de plus en plus une page de
haut style. L'an dernier, c'est bien autre chose, nous nageons en pleine poésie; Chasseresse est
accompagnée au catalogue de ces quatre vers de M. Leconte de Lisle :

Moi, j'aime au fond des bois, loin des regards humains,
Le carquois sur l'épaule et les flèches en mains,
« De la chaste déesse intrépide compagne,

A franchir d'un pied sûr la plaine et la montagne.

»

Nouveau progrès cette année : la Jeunesse et la Mort (n° 723), prétexte à cette autre citation
empruntée à une gloire littéraire, — M. P. Duroulis, — inconnue à ma crasse ignorance :

Rien ne dure ici-bas! La Mort impitoyable,
Promenant de sa faux le tranchant redoutable,

Fait tomber tour à tour
Les rameaux encor verts, les fleurs à peine écloses,.
Et les jeunes amants qui, sous les lauriers-roses,

Vont se parler d'amour.

C'est ainsi qu'en passant par des manifestations successives, on atteint au grand art et que
de guerre lasse, le jury, sous la présidence de M. Cabanel, lâche une troisième médaille; oui, de
guerre lasse, comme me le faisait observer un fort galant homme fourvoyé en plein jury et qui
plus que personne déplore l'institution des médailles, des Exempts et des Hors Concours.

Force m'a été de citer M. Dupain pour montrer comment on éduque officiellement un artiste et
le métier qu'on lui fait faire pour le mettre en lumière ; je serais désolé de causer la moindre peine à
ce jeune peintre qui s'est donné un mal considérable pour créer une énorme machine aussi baroque
que la Jeunesse et la Mort. 11 faut voir la figure que fait la sinistre camarde avec son interminable
faux au-dessus de la tète des deux amants! — Je souhaite bien vivement que M. Dupain réussisse à
se dégager de tous les tristes langes de l'école qui l'empêtrent si déplorablement ; ce serait avec une
vive satisfaction que je m'empresserais de signaler sa transformation.

Comme YAbel de M. Bellanger, la Cassandre (n° 494) de M. Léon Comerre est une figure dont on
a torturé le plus possible la ligne sous prétexte de faire preuve de science, — autre enseignement
précieux de l'école. J'ai trouvé caché dans un coin un portrait (n° 495) avec cette inscription : « A mon
ami Injalbert, souvenir affectueux. » J'y renvoie M. Comerre qui connaît intimement l'auteur; là est
la bonne voie.

Halte-là! (n° 1743), par M. Alfred Roll, nous montre la lutte d'un cuirassier français et d'un
cuirassier allemand. C'est plein de patriotisme, mais un bon tableau, non pas. Il y a cependant du
mouvement dans cette grande toile, de l'entrain et aussi trop de souvenirs de Géricault poussé au noir.

Fortuny et Henri Regnault ont fait plus d'une victime. Il faudrait ranger parmi elles M. Benjamin
Constant s'il n'avait exposé que ses Femmes de harem, au Maroc ( n° 502) qui papillotent à souhait.
Les Prisonniers marocains (n° 501) sont une vaste étude qui se recommande par des qualités plus
sérieuses ; c'est d'un faire assez mou et d'un dessin qui est loin d'être à l'abri de tout reproche, témoin
le raccourci du bras droit du prisonnier placé au centre de la composition, mais cela se tient d'en-
semble, les expressions sont justes et la tonalité n'est ni criarde ni aveuglante comme dans le tableau
précédent. Le Portrait du docteur N. Guéneau de Mussj (n° 503), fort ressemblant, pèche par la fai-
blesse du modelé, le dessin sommaire des mains et l'excès de détails du fond.

M. Stanislas Torrents, qui est de Marseille et qui y réside, a envoyé une toile importante : Le
Mort (n° 1893) qui ne révèle guère un tempérament méridional; c'est bien froid, bien raide, ce sou-
venir funèbre d'Italie; les membres de la Confrérie des Trépassés, vêtus de la cagoule, ressemblent à
une rangée de sacs disposés symétriquement à l'arrière-plan. Un buste de Jeune Fille (n° 1894), riche
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