L' art: revue hebdomadaire illustrée — 1.1875 (Teil 2)

Seite: 156
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i$6 L'ART.

prétexte à baigneuses nues et mal bâties dans un paysage qui court les rues, tout comme ces dames
déshabillées se promènent mieux construites dans les tableaux des anciens maîtres auxquels elles
ont été empruntées avec la plus parfaite désinvolture ; la figurine assise est à l'état de décalque de
Boucher; j'ai la faiblesse de préférer l'original. Analysez Fin d'été dans l'eau-forte qu'a publiée l'Art;
voyez ce qu'est parvenu à en tirer M. Courtry malgré tout son talent, et vous arriverez forcément à
cette conclusion que Fin d'été est ingravable, condamnation sans appel pour un tableau.

Quant au Portrait de Mme Cahen, il devrait être interdit à un homme d'esprit et de grand mérite,
comme M. Duran, de faire sourire un aussi charmant modèle d'un air inintelligent, de remplacer les
perles de ses dents par un râtelier d'une pureté douteuse et de l'orner de bras qui sont l'incorrection
même. Et quelle harmonie à tout casser! Robe noire, fauteuil jaune, et le feu d'artifice d'un fond de
draperie bleu féroce avec ses plis outrecuidants ! Quelle sobriété, quel goût, quel tact au contraire
dans ce fond reposé du pastel de Mme Carolus Duran !

Qui aime bien, châtie bien. Nous avons parlé franc à son mari parce que nous tenons son
talent en très-haute estime et que nous serions désolé de le voir aspirer à descendre. Je le con-
damne, — condamnation bien dure, — à revoir le magistral portrait de M'"e Ernest Feydeau et
celui de l'adorable petite Marguerite, il apprendra à s'y connaître lui-même et se décidera bien vite à
redevenir ce qu'il a été.

Paul Leroi.

(La suite au prochain numéro.)
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