L' art: revue hebdomadaire illustrée — 1.1875 (Teil 2)

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LE PALAIS DES DUCS D'URBINÛ. 175

Dans le premier vestibule, sur lequel débouche l'escalier se voient les armes des Montefeltro : deux
aigles, la tiare et les clefs. Au second étage, on trouve la statue du duc Frédéric, sculptée par Girolamo
Campagna (de Vérone). Plus haut, on rencontre dans les appartements transformés en musée toute une
série de statues, de bustes, de fragments antiques, d'inscriptions chrétiennes ou païennes, grecques ou
latines.

Les panneaux sont entourés de bas-reliefs en marbre blanc délicieusement sculptés, représentant
béliers, tortues, balistes, catapultes, bombardes, armoiries et diverses machines, les unes destinées à
soulever de lourds fardeaux, les autres se rattachant à l'art de la navigation.

Une vaste porte donne accès dans la « grande salle », qui ne mesure pas moins de 36 mètres de
longueur sur 16 mètres de large. De cette salle on passe dans l'appartement du « Magnifique » (ce nom

Le palais des ducs d'Urbino (façade de l'ouest).
Fac-similé d'un dessin de H. Toussaint.

lui vient du duc de Médicis qui y logea), et dans le riche salon des Anges, puis enfin dans les salles du
« duc », de l'Arioste et du Realissimo, où se tenaient ces doctes et fines conversations que décrit si
bien Baltasarre Castiglione dans son livre du « Courtisan ».

Au temps des valeureux princes Feltreschi et Rovereschi, on voyait à la cour d'Urbino un nombre
considérable de statues et de tableaux d'une grande valeur; mais quand le duché fut absorbé dans les
domaines du saint-siége, tout ce qui pouvait se transporter fut enlevé. Les archives furent envoyées
à Florence ; et sous le règne d'Alexandre VII la bibliothèque vint à Rome enrichir la collection du
Vatican, où elle figure encore.

Avant d'en finir avec cette longue nomenclature des richesses entassées dans ce palais, il nous
faut dire un mot des merveilles qui font l'admiration de tous les visiteurs. Nous devons citer en pre-
mière ligne les sculptures semées à profusion sur les colonnes, aux chapiteaux, aux voussures, sur
les cheminées, au-dessus des portes et des fenêtres et enfin dans deux petites chapelles qui sont de
vrais bijoux. Fruits, animaux, insignes, armes, arabesques courent en mille dessins capricieux, tou-
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