L' art: revue hebdomadaire illustrée — 1.1875 (Teil 2)

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L'ART.

y mettent la dernière main et travaillent au ciseau forcé par de lourds marteaux ; les polisseurs
frottent toutes les parties à polir, avec un corps blanc que nous croyons être un grès quelconque ;
enfin d'autres nettoient la statue, en la lavant avec des chiffons fixés au bout, d'un bâton, qu'ils
trempent, de temps à autre, dans une écuelle probablement pleine d'eau, de façon à enlever
la poussière du grès. Pour les grandes surfaces unies, il est probable que les sculpteurs se servirent de
planches à main et frottèrent du grès écrasé sur la pierre, en versant de l'eau par un trou percé
au milieu de la planche. Afin de donner un poli plus brillant, ils ont indubitablement employé
de l'émeri, que l'on trouve en abondance dans les iles de l'Archipel, et qui est du reste nécessaire
pour graver en pierre fine. Nous savons que les Hindous polissent leurs pierres dures en les frottant
sur une surface de fer, sur laquelle ils étendent de l'huile et du coryndon. M. King croit que la
pierre de Naction, appelée jadis smyris, n'est probablement pas autre chose que cette dernière
matière, que Théophraste et Pline nomment akoné.

Généralement les Égyptiens, arrêtés sans doute par la longueur du travail, se sont contentés de
polir les surfaces ; du reste les détails et les hiéroglyphes ne se détachent que mieux en mat, sur des
surfaces polies. Sur les obélisques pourtant les hiéroglyphes de la colonne médiale sont quelquefois
polis ; ils furent dessinés premièrement au crayon rouge, ensuite rectifiés au pinceau avant
d'être martelés.

Emile Soldi.

(La suite prochainement.)

NOTRE BIBLIOTHEQUE

XXVII.

NOUVELLES ARCHIVES DE L'ART FRANÇAIS, recueil de do -
cuments inédits, publiés par la Société de l'histoire de Vert fran-
çais. Tome III. Année j87Ç. 1 vol. 111-8°, de 530 p. Pr.ris, Baur.

a Société de l'histoire de l'arc fr:n;a:s s'est fon-
dée, comme l'indique son titre, po.tr étudier les
origines et le développement de l'arc national. Elle
publie chaque année un volume au moins de do-
cuments inédits ; les discussions théoriques, les
appréciations esthétiques sont rigoureusement proscrites. Des
faits, des pièces notariées, des lettres autographe?, des documents
authentiques enfin puisés dans les dépô s d'archives de Paris ou
de la province font exclusivement les frais de ses publications.
Ainsi elle prépare en ce moment, et promet pour une date rappro-
chée le premier volume des procès-verbtu< officiels de l'ancienne
Académie de peinture.

Le volume que nous avons sous les yeux, parmi de nom-
breuses pièces relatives à quantité d'artistes différents de toutes
les époques, renferme notamment une série considérable de do-

cumencs sur Mignard et sur David. Du premier on trouve ici
le contrat de mariage, le testament, suivis d'un inventaire détaillé
de ses biens après son décès. Ce dernier acte établie que Mignard
laissait à sa mort plus de cinq cent mille livres, fortune énorme
pour l'époque.

Un curieux document, tiré des archives de Laon, nous révèle
une anecdote inconnue de la jeunesse de Latour ; ce qui rend
l'aventure intéressante, c'est qu'elle ne fut sans doute pas sans
influence sur le déparc précipité de l'artiste pour Paris. Il avaic
séduit une de ses cousines germaines plus âgée que lui de
trois ans. La malheureuse fut citée devant le prévôt de la ville
de Laon pour avoir célé sa grossesse. Le principal coupable était
absent; aussi les juges usèrent-ils d'indulgence et se contentè-
rent-ils de condamner la pauvre fille à êcre admonestée dans la
chambre du conseil et à ne plus récidiver.

De l'importante série des documents relatifs à Louis David,
qui embrassent toute sa carrière, depuis ses débuts jusqu'à son
exil, et qui constituent une des publications les plus considérables
et les plus originales qu'on ait encore consacrées au chef de
l'Ecole académique, nous décacherons le billet suivant adressé au
redoutable montagnard par Sylvain Maréchal. Il fut trouvé chez
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