L' art: revue hebdomadaire illustrée — 1.1875 (Teil 2)

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EXPOSITION RÉTROSPECTIVE

DE TABLEAUX ET D'OBJETS D'ART A NANCY

La Lorraine donne aujourd'hui un exemple qui, nous l'es-
pérons fort, sera bientôt suivi dans d'autres endroits. Les su-
perbes salons du palais Scanislas, à Nancy, sont ouverts depuis
le Ier juin au public qui vient y admirer une des plus belles et
des plus intéressantes expositions qu'on ait encore faites en pro-
vince. Elle est due à l'initiative privée de quelques généreux
citoyens qui se sont réunis pour en faire les frais, sans vouloir
demander un centime à l'État ou à la municipalité. Le but pour-
suivi par les organisateurs de l'Exposition est doublement patrio-
tique, puisqu'il s'agit à la fois de venir en aide à des compatriotes
malheureux, et de jeter un jour nouveau sur des points peu j
connus de notre art national. La réussite est au delà de tout ce
qu'on pouvait espérer, et le succès de l'Exposition lorraine est
aujourd'hui un fait acquis. Les amateurs de Nancy et des envi-
rons ont généralement prêté ce qu'ils avaient de mieux dans
leurs superbes collections, et les trésors d'arc exposés sont une [

révélation inattendue sur les richesses artistiques de notre pays.
La Lorraine a produit des artistes dans tous les genres, et l'oc-
casion ne s'était pas encore offerte de voir leurs ouvrages réunis
de manière à former un groupe; mais malgré le charme particu-
lier qui s'attache toujours à cette saveur de terroir, les organi-
sateurs de l'Exposition ne s'en sont pas tenus là et ont trouvé
dans les collections locales une réunion très-intéressante de ta-
bleaux anciens des écoles hollandaises et françaises, de petits
bronzes antiques ravissants, des pièces d'orfèvrerie du moyen
âge de premier choix, des meubles sculptés depuis la Renais-
sance jusqu'à Marie-Antoinette, des porcelaines de Sèvres, de
Saxe, etc., des médailles, des miniatures précieuses et un choix
exquis d'objets se rattachant à la haute curiosité. L'Art publiera
un compte rendu de cette remarquable Exposition et un de nos
collaborateurs s'est rendu à Nancy pour l'étudier de visu.

FAITS DIVERS

— M. le marquis de Chennevières, directeur des Beaux-
Arts, a présidé, jeudi dernier, à Caen, la séance annuelle de la
Société des antiquaires de Normandie, et il a prononcé, à cette
occasion, un discours qui a été fort applaudi. Nous en donne-
rons des extraits dans notre prochain numéro.

— La sous-commission des acquisitions du Conseil supérieur

des Beaux-Arts a terminé son travail ec arrêté la liste de ses
propositions pour les achats à faire au Salon. On sait que cette
sous-commission est composée de MM. Lehmann, J. Dupré,
Guillaume, H. Dubois, Lefuel, Henriquel-Dupont, F. Reiset,
d'Àrmaillé, Cabanel. Le Ministre s'est rendu au Palais des
Champs-Elysées et a assisté aux réunions de la sous-commission.

NOTRE EAU-FORTE

Cette livraison est accompagnée d'une planche gravée pour j Daubigny : le Troupeau d'oies, qui fait partie de la collection de
Y Art, par Alfred Brunet de Baines, d'après le tableau de Charles j M. Théodore Mélot.

NÉCROLOGIE

— Tous les journaux ont raconté l'épouvantable suicide
du graveur Aloysio Juvara qui a succombé à Rome, le
30 mai, aux horribles blessures qu'il s'était faites, évidem-
ment dans un accès de folie. Juvara était âgé de soixante-
sept ans. Il venait d'être nommé directeur de la calcogra-
phie, réorganisée par le gouvernement italien. C'était un
artiste de talent. Il avait obtenu de nombreuses récom-
penses aux expositions tant à l'étranger que dans son pays.
Ses planches de la Madona délia Regia et du Carlo Borromeo
de Mancinelli comptent parmi ses meilleures productions.

— Un des artistes les plus distingués de l'Angleterre,
M. Frédéric Walker, associé de la Royal Academy, vient de
mourir à Londres, âgé seulement de trente ans. Frédéric Wal-
ker donnait les plus brillantes espérances, et déjà son talent
s'était manifesté avec éclat dans de nombreuses illustrations,
dans l'aquarelle et la peinture à l'huile. Ses dessins pour les
romans de Thackeray dans la Cornhill Maga\ine ont été très-

remarqués. Il n'avait pas vingt-six ans lorsqu'il fut élu, en 1871,
associé de la Royal Academy, et ce fait seul donne une
haute idée de l'importance que ses compatriotes attachaient à
ses travaux, et de ce qu'on attendait de lui. Bien que très-
jeune, il était déjà considéré dans son pays comme un chef
d'école. Il excellait surtout dans le genre idyllique, par le
charme de l'invention, l'entente et le brillant de l'eflec, l'ha-
bile aménagement de la lumière et des ombres. Il avait des
imitateurs qui, naturellement, ne le valaient pas, mais donc
les efforts attestaient son autorité, sa popularité. La presse
anglaise est unanime à déplorer sa perte comme celle d'un
artiste d'un rare génie, d'un remarquable sentiment poétique.
« Cette perte, dit mélancoliquement le Builder, laissera un
grand vide dans nos expositions déjà par trop terre-à-terre.
On ne pourra plus se demander désormais : Qu'y aura-t-il
de Walker au prochain Salon ? « Décidément il est écrit
qu'on s'en va d'autant plus vite qu'on est arrivé plus tôt.

Le Gérant, HIPPOLYTE HEYMANN.
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