L' art: revue hebdomadaire illustrée — 1.1875 (Teil 2)

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LA DANSE DES MORTS DU LOCLE. 199

Je m'arrête là dans ces citations pour ne point fatiguer mon lecteur.
J'aime mieux entrer dans quelques considérations sur la danse macabre elle-même..
Et d'abord les anciens ont-ils connu les danses des morts, telles du moins que le moyen âge nous
les a transmises? — Je crois pouvoir avec quelque certitude répondre que non. Il y a bien, il est vrai,

La Mort et l'Empereur, La Mort et l'Impératrice.

sur divers monuments antiques des représentations de squelettes, mais l'idée qui préside à ces repré-
sentations me semble opposée entièrement à celle qui inspira les danses des morts chez les chrétiens.
En effet, dans la société païenne, toute composée de sensualisme et de licence, on se gardait bien de
représenter la mort comme quelque chose de hideux. Il ne paraît même pas que le squelette ait été

La Mort et le Roi. La Mort et la Reine.

le symbole de l'impitoyable divinité; mais quand le Christianisme eut conquis le monde, quand une
éternité dut être la punition des fautes commises ici-bas, la mort, qui avait semblé indifférente aux
anciens, devint une chose dont les conséquences furent si terribles pourle chrétien, qu'il fallut les lui
rappeler à chaque instant en frappant ses yeux par des images funèbres.

Plus tard, au moyen âge, quand de grandes calamités publiques vinrent fondre sur les nations, le
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