L' art: revue hebdomadaire illustrée — 1.1875 (Teil 2)

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L'ART.

Le Lion de l'année est une Lionne, et dans les premiers temps de l'exposition actuelle il était
question sans nulle exagération de placer un policeman en faction à côté du tableau de Miss Elisabeth
Thompson. Déjà l'an dernier,avec son épisode de la guerre de Crimée « Calling the roll after an enga-
gement », l'Appel après un engagement, miss Thompson avait obtenu un succès si considérable que son
nom fut tout d'un coup célèbre dans toute l'Angleterre ; aujourd'hui elle a représenté sous le titre
'( the i8th Régiment at Quatre Bras » le dernier effort de la cavalerie française contre le bataillon carré
formé par le 28e régiment. La foule se presse devant cette toile qui rappelle les compositions de Vernet
et de Bellanger et fait aussi penserau nom de Protais; le public trouve là une satisfaction à ses instincts
patriotiques et à sa soif perpétuelle d'émotions : l'art, peut-être, aura ses réserves à faire, mais enfin
c'est un soleil nouveau qui se lève. Miss Thompson est jeune, on la dit belle, et la couronne de vert
laurier va, dit-on, fort bien à ses beaux cheveux.

L'Art a fait reproduire un certain nombre de tableaux choisis parmi ceux qui ont eu le plus de succès.
Nous publions aujourd'hui l'œuvre de M. H. Wallis intitulée : « Fugitivesfrom Constantinople. » Nous
reviendrons dans un prochain article sur cette composition, et nous essayerons de donner un compte
rendu fidèle de cette exposition de la Royal Academy, en procédant salle par salle et en accordant une
place à tout ce qui nous semblera digne d'attention.

Charles Yriarte.

{La suite au prochain numéro.)

LES ACHATS AU SALON

n sait que la sous-commission du conseil supé-
rieur des Beaux-Arts, chargée des achats à faire
au Salon, a terminé son travail. Cette sous-com-
mission, comme on l'a dit déjà, est composée de
MM. Cabanel, Lehmann, Dupré, P. Dubois,
Guillaume, Lefuel, Henriquel Dupont, d'Armaillé.

Le public est resté jusqu'à ce jour assez indifférent à la
création de ce conseil qui n'a guère d'autre intérêt que d'amoin-
drir la responsabilité du Ministre. On a attendu des faits pour
juger.

Eh bien, le premier acte à enregistrer n'est-il pas fâcheux?
La majorité de la sous-commission n'aurait-elle pas dû com-
prendre qu'il était de bon goût de s'abstenir de toute participa-
tion aux faveurs qu'elle a la charge de distribuer?

C'est le contraire qui se passe, et on a appris avec surprise
que la Thamar de M. Cabanel, ce grand tableau qui a recueilli
au Salon le succès qu'il mérite, était proposé le premier sur le
tableau des acquisitions.

M. Cabanel n'a donc pas senti le moindre petit scrupule dans
sa conscience avant de souscrire à une proposition pareille?

Comment ses collègues lui ont-ils pu porter un pareil coup

qui frappe en même temps la nouvelle institution émanée de
M. Wallon?

C'est à n'y pas croire! Nous n'y avons pas cru tout d'abord,
et il a fallu que l'émotion, qui a gagné tous les artistes, nous fût
justifiée par des affirmations énergiques pour que nous osions
répéter une pareille histoire.

Les Députés ont adopté une sage mesure. Nul d'entre eux
ne peut être décoré, nul ne peut être admis à recevoir de l'avan-
cement s'il est fonctionnaire, pendant toute la durée de son man-
dat. Ils ont eu la convenance de s'interdire l'emploi de leur
influence pour puiser à la source des faveurs! Bien mieux, ils ont
fait à leur haute situation de mandataires du pays le sacrifice
momentané des intérêts de leur carrière !

Il nous semble impossible que les membres du conseil supé-
rieur des Beaux-Arts n'agissent pas de même de leur gré ou par
un arrêté du ministre qui, s'il veut sauver sa création du ridicule,
n'a qu'à ajouter aux statuts du conseil l'article suivant :

« Aucun membre du conseil ne pourra, pendant tout le temps
de ses fonctions, participer aux faveurs qu'il est chargé de pro-
poser. »

Mauvais début !

NOS EAUX-FORTES

Cette livraison est accompagnée de deux planches gravées pour
l'Art, l'une par M. Charles Courtry, d'après le tableau d'Andréa
del Sarto, représentant saint Michel, saint Jean-Baptiste, saint

Jcan-Gualbert et saint Bernard des Uberti (Académie des Beaux-
Arts de Florence) ; l'autre par Ch. de Gravesande, d'après le
tableau les Bords de l'Escaut, d'Alfred Verwée (Salon de 1875).

L'abondance et l'actualité des matières nous forcent à remettre au prochain numéro le très-intéressant discours prononcé par
M. le Directeur des Beaux-Arts, le 10 juin 1875, à la réunion générale de la Société des Antiquaires de Normandie, la lettre de
notre correspondant relative aux fêtes du centenaire de Boieldieu, la Chronique étrangère et la suite de la vente Galichon à l'hôtel
Drouot.

Le Gérant, HIPPOLYTE HEYMANN.
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