L' art: revue hebdomadaire illustrée — 1.1875 (Teil 2)

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M. FREDERIC VILLOT

a mort a enlevé, le 27 mai dernier, un des plus anciens et des plus dévoués
serviteurs du Louvre, M. Marie-Joseph-Frédéric Villot.

Le passage de cet homme de bien dans l'administration de nos
Musées a laissé une marque assez profonde pour que son nom reste
associé aux nombreux travaux d'amélioration qui ont été accomplis au
Louvre depuis l'époque où il y est entré, travaux dont il fut le plus
souvent l'actif et intelligent initiateur.

Frédéric Villot est né à Liège, département de l'Ourthe, le 31 oc-
tobre 1809. Doué d'une intelligence fort au-dessus du commun, sagace,
fine et chercheuse, entraîné par une passion très-forte vers les choses de l'art, il se livra de
bonne heure et sans être entravé à ses penchants favoris. Des recherches bien dirigées complé-
tèrent vite, en l'instruisant sur toutes les matières qui l'intéressaient, les ressources que sa
nature particulière possédait en elle-même, et des travaux spéciaux d'application lui rendirent
familières les questions pratiques \ En même tenrps qu'il peignait, — et il a fait d'excellentes copies,
entré autres de merveilleuses reproductions des petits chefs-d'œuvre de Hall, — il modelait et
fondait à cire perdue de nombreux essais qui ne sont point sans valeur. On a encore de lui une
suite considérable de gravures à l'eau-forte, dont plusieurs reproduisent des tableaux de son intime
ami, Eugène Delacroix. Les heures qu'il ne consacrait point à faire œuvre d'artiste, il les employait
à des recherches intéressantes auxquelles il se livrait avec passion. Il fut l'un des collaborateurs
du Cabinet de VAmateur, excellent recueil auquel on ne peut reprocher que d'avoir disparu tout à
coup, et il y seconda très-activement son intelligent directeur, M. Piot, cet autre passionné, fin
et érudit, avec lequel il devait bien s'entendre. Enfin il fut l'un des rédacteurs d'une brochure qui
fit grand bruit, non pas le jour où elle parut, — le 24 février 1848, — mais après que les premières
émotions de la rue furent calmées.

De l'Exposition et du Jury-, c'est sous ce titre qu'une énergique protestation était lancée au
nom d'un groupe important d'artistes contre l'organisation des expositions annuelles. Cette note
très-vive, contenant un historique des plus précis et fort instructif, réclamait l'application de mesures
tutélaires contre les jugements de l'Institut, jugements dont s'étaient désintéressés absolument les
plus illustres académiciens qui ne répondaient même plus aux convocations. C'est ainsi qu'à une
époque où le Salon fermait ses portes à des hommes comme Delacroix, Huet, Dupré, Rousseau, etc.,
les jugements étaient prononcés par MM. Couder, Granet, Brascassat, Garnier et Picot, les seuls
peintres qui figurent au Jury de 1847. On comprend les inquiétudes fiévreuses des artistes, et on
peut juger de l'effet produit par une note fort habile, d'une logique serrée, et qui, en reproduisant
tous leurs griefs, présentait un plan qui ne tarda pas à être adopté.

Le 24 mars 1848, M. Villot remplaçait M. Granet, que son grand âge éloignait de ses fonctions de
conservateur du Musée de Peinture.

A ce moment le Louvre était loin de présenter au public les avantages qu'il offre aujourd'hui. Les

1. M. Villot était aussi grand amateur de musique et l'un des critiques les plus savants et les mieux doués sur ce point.

2. De l'Exposition et du Jury, brochure in-8° de j8 pages. — Paris, Ferdinand Sartorius, 17, quai Malaquais. Prix, 1 fir. 50; 1848 _

Cetto brochure a été rédigée par MM. Villot, Clément de Ris et Boissard ; c'est chez ce dernier, à l'hôtel Pimodan, quai d'Anjou,
qu'avaient lieu les réunions d'artistes sous la présidence de Jeanron.

Tome II. £y
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