L' art: revue hebdomadaire illustrée — 1.1875 (Teil 2)

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SALON DE 1875. 225

Quant au Portrait de Mlle E. V... (n° 186), c'est une plus que violente erreur. M. Besnard, qui s'annon-
çait comme une sérieuse espérance, fera bien de réfléchir à la franchise d'aspect, à la force de colo-
ration, à la vigueur de procédé qui dénotent chez M. Blanchard1, lui aussi un élève de M. Cabanel,
lui aussi un prix de Rome, un heureux oubli des principes du maître. Il est grand temps que M. Bes-
nard, imitant cet intelligent exemple, accomplisse une évolution du même genre.

M. Eugène Faure : Portrait de M. F... (n° 790) ; cela vit et cela a bonne tournure.

Un Athénien, un véritable Athénien, M. Jacques Rizo, a peint avec infiniment de distinction et
dans une note harmonieuse M1U R... (n° 1737), vêtue d'une robe violette, un manteau noir sur le bras
et se détachant sur un fond vert d'eau. ,

M. Philippe Parrot, au contraire, n'a pas ajouté à la distinction native de MUe Sarah Bernhardt
(n° i 593)- L'enchanteresse du Théâtre-Français doit être fort peu ravie du méchant attribut tragico-
comique que son peintre a eu la malencontreuse pensée de brosser dans un coin de sa toile, déplo-
rable mélange d'allégorie et de toilette moderne.

Une étude de femme nue, — Une Source (n° 1592), — ne classe pas plus favorablement M. Parrot;
cela est dépourvu de caractère; le torse pourtant est bien dessiné, bien modelé, mais que les jambes
sont pauvres et les mains sèches et maigres !

Le n" 716 : Portrait du baron de G..., nous montre le Dubufe que chacun sait, très-critiquable et
depuis longtemps très-critiqué. M. Edouard Dubufe, prend sa très-sincère revanche dans un buste
de vieillard, celui de M. F... (n° 715), et dans ce cadre (^714) où il a représenté, également en buste,
Mme A. A... vêtue d'une sorte de garibaldi rouge; voilà qui dépasse de beaucoup la façon porcelai-
neusement fashionnable à laquelle nous n'étions que trop habitués. Faisons des vœux pour que
M. Dubufe se développe dans la voie artistique où nous le voyons fort heureusement s'engager.

M. FirminGirard ; — du talent et beaucoup; —je ne lui en veux que d'autant plus. Ce même homme
qui vous peint avec sobriété le Portrait de Mme la baronne V. deR... fn° 92$), œuvre bien digne d'éloges
quoique un peu froide, se livre dans deux tableaux de genre : le Jardin de la marraine (n° 926) et
Premières Caresses (n° 927), au plus abominable dévergondage pictural qui ait jamais démoli les nerfs à
quiconque a le sentiment de l'harmonie, et notez que, pour comble de sujet d'irritation, il y a là dedans
à louer à pleines mains : composition fort agréable, observation très-grande du geste, de la physionomie,
rendu excessif, étonnant, prodigieux; mais il y a mille détails où il n'en faudrait pas dix, et c'est sec,
et c'est dur, et c'est métallique à l'excès, et, dans ce tohu-bohu de toutes les couleurs de l'arc-en-ciel,
pas une note qui soit enveloppée, pas une qui ne vous fasse grincer les dents ; c'est aigre, criard,
découpé à l'emporte-pièce comme des ornements en zinc. C'est à prendre la peinture en exécration, et,
je le répète, il s'agit d'un homme d'infiniment de talent.

Notre spirituel confrère, M. Jules Claretie, n'a pas craint de se faire pourtraire par M. Bonnegrace
qui, voulant sans doute venger les artistes des observations du critique, a singulièrement mis à mal cette
figure sympathique (n° 244).

M. Bonnegrace a également peint une Naissance de Vénus (n° 246), inspirée par quatre vers de
Demoustier qui ne s'attendait guère à la bonne fortune d'être cité dans un catalogue de l'an de
grâce 1875.

M. Cot, Portraits de la marquise d'Hervey de Saint-Denis (n° 524) et de MM H... (11" $25), ne me
console pas de sa Madeleine (n° 523), et sa Madeleine ne me console pas davantage de ses portraits. Cela
ressemble terriblement à la manière dont M. Edouard Dubufe est en train de se débarrasser à son
très-grand profit et au nôtre.

On a fait beaucoup de bruit autour des Portraits de M'"e Pauline Viardot (n° 1013) et de
M. Louis Viardot (n° 1014), par M. Alexis HarlamofF, qui nous arrive de Saint-Pétersbourg avec de
très-réelles qualités de praticien ; je suis le premier à les reconnaître, mais de là à ratifier des louanges
prodiguées sans mesure, il y a loin, fort loin. Si l'on s'en tient à ce que l'on entend vulgairement par
beauté, la sœur de Mme Malibran n'a jamais été ni belle, ni jolie; mais interrogez tous ceux qui eurent
la bonne fortune de la voir à la scène, demandez surtout à ceux qui, comme moi, ont eu cette vive joie

1. Voir tome II, page 211.
Tome II.

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