L' art: revue hebdomadaire illustrée — 1.1875 (Teil 2)

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SALON DE 1875. 243

dans la Saint-Jean 1, qui ajoute beaucoup à sa légitime renommée ; le peintre-poëte a dit adieu à 1?
note rêveuse que l'on rencontrait trop invariablement chez ses paysannes; il est aujourd'hui bien -plus
nature, tout en restant aussi distingué, tout en demeurant Jules Breton; c'est dans son propre fond,
sans rien emprunter à personne, qu'il a puisé ce progrès considérable qui eût fait sensation il y a
quelques années et auquel le public, un peu blasé sur ce genre de sujets, n'accorde pas aujourd'hui
toute l'attention dont ce pas en avant est si digne, surtout chez un homme depuis longtemps arrivé.
Son disciple favori, M. Pierre Billet, qui habite Cantin, rappelle cette fois par trop les anciens
procédés de son maître, qui a sagement renoncé à enlever perpétuellement ses figures sur un fond

Les Fromages.

Fac-similé d'un dessin de Félix Buhot, d'après le tableau de Philippe Rousseau.

clair. Si M. Billet ne pouvait terminer à temps une ou deux toiles plus importantes, il eût mieux fait
de s'abstenir d'envoyer ces deux cartes de visite : En hiver (n° 206) et Souvenir d'Ambleteuse (n° 207),
qui ne le posent qu'en clair de lune et apportent une déception aux amis de sa jeune réputation.

M. Emile Breton a le tort de ne pas imiter l'excellent exemple de son frère; l'exécution en
esquisse orageuse de ses trois paysages ne constitue pas le moins du monde une amélioration de sa
manière. Le Canal de Courrières, en automne (n° 294) est traité en feu d'artifice qui a beau jeter de
la poudre aux yeux, il ne parvient pas à escamoter l'insuffisance radicale du dessin. Un Village
d'Artois, en hiver (n° 295), entassement de toutes les ficelles usées employées à la fabrication des toiles
neigeuses, fait éclater au milieu de tous ses blancs un pétard d'un vert insolent, autre ficelle et de la
pire espèce. Enfin l'Etoile du berger (n° 296) a le triple tort de ne pas exister comme dessin,
d'exister beaucoup trop comme peinture cotonneuse, et d'éveiller le souvenir écrasant de Millet.

Un des médaillés, M. Jules Denneulin2, est Lillois. C'est aussi à Lille que sont nés et qu'habitent

1. N° 297. Voir la gravure publiée dans l'Art, tome II, page 173.

2. Voir tome II, page 153,
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