L' art: revue hebdomadaire illustrée — 1.1875 (Teil 2)

Seite: 246
DOI Artikel: DOI Seite: Zitierlink: i
http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/art1875_2/0275
Lizenz: Creative Commons - Namensnennung - Weitergabe unter gleichen Bedingungen
0.5
1 cm
facsimile
246 L'ART.

souvenir de Théodore Rousseau. M. Guillemer est dans une bien meilleure voie que cette prétendue
nouvelle école qui se contente de quelques taches informes, impuissantes à voiler son indigence.
M. Emile Renié a beaucoup d'analogie avec lui, mais il est moins indépendant; élève de Rousseau, sa
recherche du maître frise la contrefaçon; très-habile du reste, témoin ce tableau qu'un expert avait
catalogué en décembre dernier comme étant du peintre de l'Allée de châtaigniers et qui fut retiré de
la vente sur l'observation de connaisseurs unanimes à le déclarer de M. Renié1.

M. Gustave Guillaumet. — Un fanatique de l'Orient et de l'Algérie qu'il interprète en artiste
doué d'un rare sentiment pittoresque, passionné pour les belles lignes qui se déroulent avec noblesse à
l'horizon, mais comprenant trop bien les lois de l'harmonie pour jamais sacrifier la couleur à la ligne.
Son Bivouac de chameliers (n° 987)2 est une œuvre de conscience et de vérité d'une exécution franche
et libre.

M. J. B. A. Guillemet. — Le Quai d'Orsay (n° 988) ne fera pas oublier le Quai de Bercy, un des
vrais succès et l'une des médailles de l'an dernier; l'exécution, plus travaillée, n'a point gagné; la voilà
devenue pénible et lourde; puis la coloration s'est ternie. M. Guillemet en 1876 ne nous fera souvenir
que de 1874, nous y comptons fermement; il n'a qu'à vouloir.

M. Marie Ferdinand Jacomin. — Avoir soin de se rappeler ce nom-là; si celui qui le porte con-
tinue à se développer aussi brillamment, la renommée l'attend et il peut compter qu'elle ne sera pas
éphémère. On avait fort mal placé Vaine pâture dans la foret de Marlj (n° 1094); le succès de cette
œuvre sérieuse, parfaitement établie, d'un dessin sévère, d'un ton puissant, d'un faire large, n'en est
que plus flatteur; il est allé à cette page virile sans être provoqué par elle. L'école de la peinture
sous jambe trouvera chez M. Jacomin d'utiles renseignements et un exemple que, dans son intérêt, il
est grand temps qu'elle médite.

M. Eugène Grandsire et M. Jacques Guiaud. — Ils dessinent, ils composent tous deux très-bien,
ce sont des gens de goût, de vrais artistes, et je suis convaincu qu'ils auraient beaucoup plus de répu-
tation s'ils savaient se borner, se renfermer dans un genre où ils compteraient parmi les premiers ;
mais ils ont la noble ambition de peindre et, n'ayant pas reçu du ciel l'influence secrète, le pinceau leur
est un outil rebelle qui vient faire échec à leurs plus heureuses qualités et les dérober aux regards de
la foule.

M. Charles-Albert Porcher. — Il fait des marines d'un aspect sage et vrai en se souvenant des
maîtres hollandais ; il a un bon sentiment du tableau ; ses Bateaux de pèche rentrant au port de Hon-
fleur (n° 1673) en témoignent une fois de plus.

M. Auguste Allongé. — Le Cousin, à Avallon (n° 12); c'est peut-être fait sur nature, mais cela
sent l'arrangement. Même habileté que dans ses dessins et chacun sait qu'elle est très-grande,
mais le diable, c'est qu'il y a la couleur en plus, la couleur qui est toute de pratique et de con-
vention.

C'est par une manière conventionnelle et qui date, que pèche également la Source de Kergoarech
(n° 2) de M. Tancrède Abraham, un beau motif très-intelligemment choisi. Le directeur du Musée de
Château-Gontier me permettra de préférer en lui l'habile aquafortiste au peintre.

Puisque me voilà de nouveau attiré en province, laissez-moi vous signaler l'excellent envoi de
Marseille, dû à un Marseillais, M. Jean-Baptiste Olive. Ses Falaises près de Gênes (n° 1558) lui font le
plus grand honneur; — un coin de mer, quelques rochers lui ont suffi pour produire une des œuvres
les plus distinguées de toute l'exposition; c'est plein d'éclat et d'une mâle facture.

M. Émile Vernier. — Deux marines : Un Bateau de Cancale (Ille-et-Vilaine) (n° 1939) et le Retour
du Bas-de-VEau; — marée basse, à Cancale (n° 1940). La ligne en est très-bonne, l'aspect assez juste,
mais c'est un peu sec d'exécution, un peu aigre de ton.

M. Paul-Alexandre Protais. — Gardes-françaises et Gardes-suisses (n° 1684). Tout à fait déplo-
rable. Des petits soldats de bois dans une allée de carton.

M. Armand Charnay. — Une Représentation sur la plage d'Yport (n° 418) : cela n'a ni la couleur,

1. Voir l'Art, tome Ier, page 24. — Le Salon de M. Renié se compose de deux souvenirs de Fontainebleau : le Soir, dans le Bas-Bréau
(n° 1708) et le Vieux chêne de la mare, à Dagneau (a0 1709).

2. Voir tome ii, page 177.
loading ...