L' art: revue hebdomadaire illustrée — 1.1875 (Teil 2)

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EXHIBITION

of the

ROYAL ACADEMY OF ARTS

(suite i )

'exposition de Peinture de la « Royal-Academy, » pas plus que celle
des Champs-Elysées, n'est exempte de ces œuvres un peu séniles sous
lesquelles le public lit avec étonnement le mot « Exempt, » et devant
lesquelles l'initié passe sans s'arrêter, mais en rendant parfois, dans
son souvenir, un hommage muet à un nom jadis honoré et dont la main
défaillante n'est plus à la hauteur du courage et de la bonne volonté.

On nous saura donc gré de ne pas nous arrêter devant un certain
nombre d'oeuvres signées des noms les plus populaires dans les trois
Royaumes-Unis, mais qui attestent les derniers restes « d'une ardeur qui s'éteint. »

Le plus vaillant de ceux qui auraient le droit de se reposer après une brillante carrière est certes
sir Francis Grant, le président de l'Académie ; il semble aujourd'hui s'être fait une spécialité des
« Testimonials, » hommages rendus par une corporation, une assemblée, un club, une société privée,
à un homme auquel on veut témoigner sa reconnaissance pour des services rendus.

Ce genre d'hommage, très à la mode en Angleterre, est la plupart du temps la statue, le buste
ou le portrait de la personne, commandé au peintre ou au sculpteur en renom et payé par souscription.
Pour le « Royal and ancîent Golf Club of Saint-Andrews, » sir Francis a peint J. Whyte Mellville,
Esq. Pour les amis de Joseph Walker Pease, de Hesslewood, qui tenaient à lui offrir un hommage de
reconnaissance, à cause des grands services par lui rendus à la cause « conservative, » le même artiste
a peint ce personnage dans son costume de lieutenant-colonel des East-York Riffle Volnnteers : pour
M""" Dodson, et sur la commande de ses amis et commettants du Sussex « en reconnaissance de
ses assidus et distingués services dans quatre parlements successifs, » il a peint encore le portrait du
très-honorable J. G. Dodson ; enfin, en outre de ces toiles importantes et qui constituent des portraits
d'apparat, sir Francis a envoyé trois portraits, celui de MistressHay, un Portrait de femme et celui
de l'homme distingué, récemment enlevé à la Chambre haute, lord George Manners. On voit que la
vieillesse de sir Francis est une verte vieillesse; sa réputation est au comble, et si nous voulons nous
faire une idée exacte de ce qu'était son talent à l'époque où la faveur du public s'attacha à son nom
pour ne plus jamais l'abandonner, il nous faudra, plutôt que de nous arrêter devant les Testimonials,
étudier le Portrait d'une Dame inscrit sous le numéro 197. C'est toute une époque et toute une société
qui repassent sous les yeux du spectateur; c'est la suite, et ce que nous appellerions irrespectueu-
sement en France la queue de l'École de Lawrence, de Gainsborough et d'Hoppner, le type de
l'Anglaise à bandeaux plats, aux grands yeux fendus en amande, avec son teint invraisemblable de
rose et de lis. Entre les Testimonials et la Dame il y a, nous en sommes sûr, un écart de près de trente
années, elle a connu à coup sûr notre d'Orsay, que sir Francis a peint à cheval en gentleman rider, et
lord Chesterfield ; cette dame-là venait certainement prendre le thé chez lady Blessington, et elle a dû
connaître le duc de Fer.

A part cette toile rétrospective, c'est encore le portrait du lieutenant-colonel avec son costume
gris-fer à passementeries d'argent, qui nous donne la meilleure idée de la manière actuelle de sir

1. Voir tome II, page 212.
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