L' art: revue hebdomadaire illustrée — 1.1875 (Teil 2)

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254 L'ART.

Francis ; il y a là une certaine puissance de relief, une sûreté de main et une vigueur de touche qui
rappellent le vieil athlète.

Dans la salle première, qui contient quatre-vingt-treize toiles, nous avons spécialement noté les
œuvres de MM. H. Macallum, B. Lehmann, Alma-Tadema, C. Hunter, J. C. Hook, J. Tissot,
C. Green, Orchardson, J. E. Millais, Macnee, Graham et C. E. Johnson.

MM. J. C. Hook et Macallum sont des peintres de marine qui peignent la vie de la mer. M. Hook,
qui est membre de l'Académie, est le maître du genre en Angleterre; c'est un artiste d'un talent tout
à fait assis, et, dans son genre, on peut dire qu'il est.un maître. Personne ne rend comme lui la
fraîcheur des plages, les terrains gris semés de rochers noirs sur lesquels s'attachent le varech et
l'algue gluante, d'un noir verdâtre. On sent qu'il aime la mer comme Troyon aimait les grasses
prairies aux hautes herbes ; devant son œuvre, on a la sensation de cet air salin, sain et fort, qui souffle
au bord de l'océan. Il ne s'est point borné à représenter le large avec ses effets multiples, les
vaisseaux qui cinglent, balancés sur les vagues, il s'arrête au bord des plages, il vit avec le marin et
à côté de l'océan. L'homme joue toujours un grand rôle dans les tableaux de Hook, c'est la pêche,
le travail des filets, la rentrée des barques avant l'orage, les préparatifs de cette chasse sur l'élément
liquide, les types caractéristiques des riverains de la côte, le monde enfin des pêcheurs, des pilotes,
des matelots, l'exploitation de cet attirail pittoresque, le déploiement des paniers où brillent les
écailles d'argent, les nageoires roses, les fines colorations du poisson frais.

M. J. C. Hook est un homme déjà avancé en âge, qui n'a guère pris le pinceau que vers sa quaran-
tième année; il a eu, comme artiste, une première manière tellement différente de celle d'aujourd'hui,
et comme sujet et comme facture, qu'il faut beaucoup d'habitude de la peinture et une grande connais-
sance de la touche pour reconnaître une de ses œuvres d'autrefois. Il traitait, dans ces premières
années, des sujets du genre historique, des scènes à la Walter Scott, des épisodes tirés de l'histoire
d'Angleterre. Cette première tentative du peintre n'avait pas porté, et bientôt, vivant en face de la
mer, en intimité continuelle avec la vie des plages, assistant à toute heure aux mille scènes de
l'existence du marin des côtes, il eut l'idée de peindre simplement ce qu'il avait sous les yeux : sa
voie était trouvée. Aujourd'hui l'Angleterre a un peintre de la vie maritime qui peut compter parmi
ses artistes les plus sérieux. En dehors de l'esprit du tableau, la valeur du peintre est réelle, il y a
des qualités d'air, de lumière très-intéressantes et une solidité de tons qui n'est pas habituelle à
l'École.

Cette année, M. J. C. Hook a exposé quatre toiles dont trois rentrent dans ses sujets ordinaires;
une autre, « Land of Cuyp, » la Terre de Cuyp, évidemment faite sur nature dans les marais de Hollande,
lui a permis de s'attaquer à une nature, sinon nouvelle pour lui, au moins de varier un peu ses
tonalités.

On sent bien que le rapide coup d'œil que nous jetons sur cette Exposition de la Royal-Academy
n'est pour nous qu'un prétexte à rencontrer sur notre route les personnalités qui comptent dans la
peinture anglaise ; un artiste du pays qui chercherait là un compte rendu patient et complet pour-
rait avoir des déceptions. Selon nous, les personnalités sont rares dans l'École, mais elles sont très-
intéressantes, et, s'il y a nombre de toiles qui n'ont rien à nous apprendre, d'autres, anglaises dans le
fond, anglaises dans l'esprit, dans la forme et dans le procédé, nous touchent particulièrement.

M. Alma-Tadema est Hollandais, il vit à Londres, et est tout aussi connu à Paris qu'il l'est à Pic-
cadilly ; nous avons même cet avantage sur les Anglais d'avoir vu avant eux, aux Champs-Élysées, sa
grande toile « The Sculpture Gallery » qui n'est, on se le rappelle, qu'un ingénieux prétexte à portraits
de caractères. La toile qui figure cette année au Salon de Paris est encore une mise en scène de ce
genre, et c'est une mode particulière à l'artiste que ces portraits animés où les modèles sont travestis
en Romains du grand siècle.

Ce qui est plus nouveau pour nous dans cette première salle, c'est une œuvre de F. Walker,
« The Right of Way, » paysage d'un joli sentiment, avec des figures très en situation, mais qui ne
constitue nullement une œuvre, et nous servira seulement d'excuse pour revenir un peu plus longue-
ment sur la personnalité de l'artiste, qui vient d'être enlevé à l'École anglaise.

Je ne sais point au liste l'âge auquel est mort Frédéric Walker et sa personne m'était inconnue,
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