L' art: revue hebdomadaire illustrée — 1.1875 (Teil 2)

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258 L'ART.

Rouen ne resta pas en arrière, et M. Gustave Morin nous envoya les deux chefs-d'œuvre du
maître que possède le Musée normand (les nos 38 et 39 du catalogue).

Les Etangs de Ville-d''Avray, tableau du Salon de 1868. Les terrains marécageux du premier plan
sont tout embrumés et de longs brouillards cachent le second plan, belles silhouettes de grands bois,
d'arbres de grand jet; le tout dans cette brume argentine qui plaisait tant à Corot. Quelques vaches
suivies de leur gardienne pataugent dans les roseaux et les flaques d'eau. Page d'une belle et noble
impression. Tout dans cette œuvre remarquable donne la promesse d'une belle journée.

Le second tableau envoyé parle Musée de Rouen (n039) Grand lac et fabriques à Ville-d'Avray, est
une de ces précieuses toiles sorties du pinceau du maître, où l'on ne sait ce qu'on doit le plus admirer
de l'impression de nature ou du sentiment exquis qui enveloppe le tout.

Une des œuvres les plus importantes et les plus célèbres du maître, c'est le port de La Rochelle
qui fut exposé au Salon de 1851. Au premier plan, le port où travaillent et circulent chevaux et ouvriers;

Le Port de La Rochelle.
Fac-similé d'un dessin de M. Ludovic Letrône, d'après le tableau de Corot, appartenant à M. A. Robaut.

au fond la ville découpant sur un ciel d'opale ses silhouettes de tours et de cathédrales. Le grand
charme de ce tableau c'est le ton lumineux de l'ensemble « où, s'enfermant de gaieté de cœur dans
« la gamme blonde, l'artiste avait atteint l'effet en n'employant que des blancs, tour à tour purs ou
« rompus, pâles ou dorés1. »

Sur le même panneau que ce dernier tableau se trouvent les deux grandes toiles décoratives si
connues sous le nom de Corot-Demidoff. Ces deux toiles furent faites par Corot à Fontainebleau,
chez son ami Comairas. Elles étaient destinées à orner la salle à manger de M. Paul Demidoff. Ces
deux grandes pages de plus de deux mètres de haut appartiennent, l'une, Orphée (n° 13), à M. Petit
et l'autre, le Sommeil de Vénus (n° 51), à M. Breysse. Toutes deux d'un effet vigoureux se
confondent dans une harmonie mystérieuse, charme indéfinissable dont Corot seul a su doter ses
ouvrages.

i. Galette des Beaux-Arts, 1er novembre 1861; Paul Mantz.
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