L' art: revue hebdomadaire illustrée — 1.1875 (Teil 2)

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84 L'ART.

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savant critique. Dans un tableau de M. Cope » Anne Page et
Slender », sujet tiré des Joyeuses commères de Shakespeare, il y
a tout un bouquet de fleurs anachroniques : la Tulipa gesneriana,
inconnue en Angleterre avant 1577 (Shakespeare avait alors treize
ans), le Géranium rouge, naturalisé anglais en 1710,1e Camellia
en 1739, et la primevère chinoise en 1820.

Il est à remarquer que la flore de Shakespeare est la plus
touffue de toutes les flores littéraires et poétiques de son temps.
C'est le cas de dire qu'on ne prête qu'aux riches.

Dans YHermione de M. Bedford, — encore un sujet shakes-
pearien, tiré du Conte d'hiver, l'épouse de Leontes est placée
entre un citronnier et un oranger. Or M. Birdwood constate que
les Grecs et les Romains ne connaissaient ni le citron ni l'orange,
et que Shakespeare lui-même très-probablement ne vit jamais un
oranger de sa vie; le premier oranger planté en Angleterre, dans
Beddington Park, ne date que de 1595, et c'est seulement un siècle

plus tard que se généralisa dans le pays l'arbuste cher aux fiancés.

Pourtant rien ne s'oppose à ce que Shakespeare, qui ne mourut
que vers 1616, ait vu l'oranger princeps de Beddington-Park.
Donc réparation à M. Bedford.

M. Georges Birdvood cite encore plusieurs artistes distin-
gués, par exemple M. Alma-Tadema, qui ont gravement manqué
à la botanique historique. Il leur indique le; ouvrages qu'ils peu-
vent consulter pour éviter de semblables erreurs, notamment :
Daubeny, les Plantes des Anciens, liste complète des arbres ec
des arbustes indigènes de l'Italie et de la Grèce; Herman Meri-
vale, Essais sur le paysage des Anciens.

Au sortir de l'Ecole des Beaux-Arts nos peintres ne feraient
peut-être pas mal de faire un tour au Jardin des Plantes, pour
échapper à ce qu'on pourrait appeler la critique végétale.

T. Chasrel.

LA CÉRAMIQUE ET LA MINIATURE AU SALON DE 1875

Voici quelques notes sur l'exposition de céramique au Palais i II y aura toujours dans notre école céramique confusion entre

de l'Industrie. L'apport est peu important et de piètre valeur, ; le trompe-l'œil et la décoration. L'art n'est pas une imitation,

tristement relégué dans le coin d'une galerie extérieure. Il faut c'est une interprétation laissant tout entière la personnalité de

cependant en excepter quelques pièces telles que les nos 2097, l'artiste. C'est là une vérité dont tous devraient être convaincus.

MM. et Mmes les peintres sur faïence et porcelaine ne s'en dou-
tent nullement. On s'en aperçoit bien à leur exposition de cette
année et involontairement on pense aux maîtres.

Où sont les Deck? où sont les Lucca délia Robbia?

Mais aussi

Où sont les neiges d'antan?

2098 et 2099 exposés par M. Michel Bouquet, duquel tous les
artistes connaissent les faïences grand feu.

Il y a là aussi quelques reproductions de M. Chaplin par
MUe Denise Bernard, n° 2062, et par MUo Virginie Pierron,
n0i 2638, 2639 et 2640, qui méritent de fixer l'attention. Le
camaïeu de M"" Denise Bernard est d'une tonalité harmonieuse
et le faire est habile.

Ajoutons, pour mémoire, les plaques de salle à manger, na- • Quant aux miniaturistes, c'est fâcheux; là il n'y a plus d'espoir,
turcs mortes sur faïence de M. Schopin, un bel essai d'émail C'est à s'en sauver. — Rien! rien! Et ce fut autrefois une des
cloisonné de M. Thesmar, n° 2765. 1 gloires de notre école que la miniature. On n'a pas oublié et les

En résumé, il n'y a pas là d'art céramique ni d'art décoratif. Greuze et les Honoré Fragonard et les Isabey père, dont les
Pour trouver une véritable manifestation des progrès de la céra- I œuvres ont tant de qualités, l'exactitude de la forme et l'esprit de
mique à nptre époque, il faut se reporter aux expositions I la touche. Aujourd'hui on fait des efforts inouïs de pointillage,
organisées par l'Union Centrale. Mais, au salon présent, triste, on dépense une force de patience, de loupe et de myopie pour

triste! Là brillent M. Bouguereau et son élève, M. Cot. Le
tableau de ce dernier, du Salon de 1873 :

O primavera! gioventu deW anno!
O gioventu ! primavera délia vita ! !

arriver à un résultat mesquin et froid.

Rappelons, en terminant, les charmantes miniatures exposées
depuis quelque dix ans par Mme A. Parmentier, née Eugénie
Morin, et qui, dès ses débuts, conquit vaillamment une médaille
au Salon de 1864. Une mort imprévue l'enleva l'hiver dernier à
est reproduit sur faïence dans tous les tons, dans toutes les colo- l'art et à ses amis. Et certes l'absence de son gracieux talent se
rations, depuis le ton le plus flamboyant, blessant l'œil délicat, | fait remarquer au Salon actuel,

jusqu'au ton le plus veule d'une porcelaine timide. i Louis Hesnard.

SOUSCRIPTION FALGUIERE POUR LES INONDÉS

Paris, le 6 juillît 1875.

Monsieur et cher confrère,

Je vous serai reconnaissant, monsieur et cher confrère, si ce
délai me permet de vous compter au nombre des donateurs et je

Vous avez reçu la lettre par laquelle j'avais l'honneur de vous Prie d'aSréer Expression de mes sentiments les plus dé-

vous demander votre concours pour une vente d'objets d'art
que j'organise au profit des inondés.

J'avais d'abord pensé à faire cette vente dans le plus bref
délai possible, afin d'envoyer des secours immédiats aux mal-
heureuses victimes et je voulais en fixer la date aux premiers
jours de juillet.

Mais un grand nombre d'artistes, en répondant généreuse-
ment à mon appel, ont regretté de n'avoir pas le temps suffisant
pour préparer leur offrande. Leur concours étant indispensable
au succès de l'œuvre, et, d'autre part, les premiers secours ayant
été fournis par les nombreuses souscriptions ouvertes, je crois
pouvoir retarder la vente et je m'empresse de vous informer
que je recevrai les œuvres offertes jusqu'au 31 juillet.

voues.

A. Falguière.

Statuaire, 68, rue d'Assas.

Les œuvres offertes seront reçues chez moi tous les jours,
de 10 heures à 4 heures.

Deuxième liste de MM. les artistes
qui ont envoyé leurs œuvres à M. Falguière

MM. MM. MM,

G. Bellenger. Smeeton. E. Charpentier.

H. Axenfeld. D'Aramon. E. Hillemacher.
A. Besnus. Glaize père. J. Jélibert.
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