L' art: revue hebdomadaire illustrée — 1.1875 (Teil 2)

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290 L'ART.

a gravé pour l'Art, est également un emprunt à cette nature qu'on ne peut plus contempler sans
le retrouver et le reconnaître. C'est un de ces motifs franchement rustiques qui le séduisaient par
leur naïveté même, par leur simplicité charmante, mais plus difficiles à rendre que bien des sites
plus compliqués, autrement intéressants pour le touriste, et dont il excellait à saisir le caractère vrai
sans en négliger le caractère poétique, un des éléments essentiels de la vérité artistique. Le Matin, un
champ labouré aux premières lueurs du jour par un attelage de bœufs que conduit un paysan déjà

Croquis d'Hippolyte Boulenger.
Gravé par A. Léveillé.

fatigué, malgré le repos de la nuit, quelques chaumières dont la silhouette sombre fait repoussoir aux
fraîches clartés du ciel, quelques arbres dont le feuillage commence à poindre, des pommiers dont la
ramure fleurie semble s'étirer presqu'au niveau du sol, vin brouillard qui annonce une journée chaude,
peu de chose si l'on veut, un rien, mais qui fait un tout remarquable par la justesse de l'aspect, la finesse
du sentiment et la largeur de l'exécution, telle est cette toile, adieu de Boulenger à la nature et à l'art1.

On a reproché au peintre de Tervueren, et le reproche pourrait être adressé à la plupart des paysa-
gistes de l'école contemporaine, son dédain de l'étofFage, la solitude systématique de ses tableaux où
la nature règne en souveraine absolue, où le bétail n'apparaît qu'à l'état d'accident rare et à peine per-

i. Le Matin appartient à un ami du peintre, M. Alphonse Willems, de Bruxelles, qui a bien voulu nous autoriser à le faire graver
pour notre publication.
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