L' art: revue hebdomadaire illustrée — 1.1875 (Teil 2)

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298 L'ART.

comme il le mérite, sous prétexte qu'on a sa manière en souveraine antipathie. Son faire plus que
propret ne m'est rien moins que sympathique. Est-ce une raison pour méconnaître qu'il n'a
jamais produit œuvre aussi parfaite que la Vierge, l'enfant Jésus et saint Jean-Baptiste (n° 272) ?
La composition en est aimable, élégante, bien équilibrée, et tous les applaudissements iraient
à cette conception distinguée si une exécution blaireautée à l'excès ne venait la déparer; cela a
en effet tout l'air d'une peinture à la glycérine. Cette pratique pommadée se retrouve dans les

771 s l. e/^.î£"■'-. s „.

La Vierge, l'enfant Jésus et saint Jean-Baptiste.
Fac-similé d'un dessin de Paul Le Rat, d'après le tableau de W. Bouguereau.

deux autres tableaux de M. Bouguereau; le premier, Flore et Zéphire (n° 273), est banal; c'est
une toile de commerce. La Baigneuse (n° 274) vaut beaucoup mieux ; seulement on est surpris
d'y trouver quelques hérésies de dessin, car M. Bouguereau n'est pas coutumier du fait.

Aux yeux de bon nombre de mes amis, j'aurais dû commencer par parler avant tout de M. Pierre
Puvis de Chavannes qui, selon eux, est l'incarnation même du grand art. Je ne demanderais pas mieux
que de partager cette opinion, s'il m'était possible de m'y rallier sincèrement. J'ai beaucoup réfléchi ;
l'unique résultat a été d'accroître mon énergique répulsion pour les phrases toutes faites en matière
d'admiration artistique; les plus honnêtes gens du monde s'y laissent prendre, s'en grisent à plaisir,
en deviennent les dupes sans le soupçonner, et finissent par y croire comme à un article de foi. C'est
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