L' art: revue hebdomadaire illustrée — 1.1875 (Teil 2)

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SALON DE 1875. 299

l'histoire de la grande réputation de M. Puvis de Chavannes. Doué à un haut degré du sentiment
décoratif, possédant d'innombrables mais vagues souvenirs italiens des plus belles années de l'art, il
s'est essayé à donner un corps à de magnifiques aspirations qu'il prenait très-franchement lui-même
pour des réalités. Deux ou trois voix amies ont complaisamment crié au miracle, et l'amour-propre
national très-flatté de la découverte s'est empressé de faire écho. La vérité, c'est que les aspirations
de M. Puvis de Chavannes étaient à l'état d'aspirations et sont demeurées dans cet état, et rien de plus,
par l'excellente raison que jamais cela n'a été ni peint, ni dessiné.

La Famille de pêcheurs (n° 1689), à qui je pardonnerais peut-être sa monochromie, ferait mettre
en pénitence l'écolier qui se permettrait un tel assemblage de monstruosités; le dessin n'y existe
même pas à l'état de bégaiement. Le n° 1688 peint pour l'escalier de l'Hôtel de Ville de Poitiers
retrace un épisode du VIe siècle : Retirée au couvent de Sainte-Croix, Radegonde donne asile aux poètes
et protège les lettrés contre la barbarie du temps. Cela sert de prétexte à une apothéose de Théophile
Gautier qui n'a pas lieu d'être flatté de cet honneur posthume. C'est loin d'être aussi médiocre
cependant que la Famille de pêcheurs ; cela se tient mieux; en dépit de défauts répandus à foison, il y a
là quelque chose; ce serait même très-remarquable si les figures avaient un peu du mérite indiscu-
table de la belle architecture de l'arrière-plan.

Paul Leroi.

(La suite au prochain numéro.)
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