L' art: revue hebdomadaire illustrée — 1.1875 (Teil 2)

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p6 L'ART.

Bruyerre et Formigé, qui ont obtenu chacun une médaille souhaitée pour eux depuis longtemps déjà
par leurs confrères • l'étude remarquable faite par M. Corroyer sur le mont Saint-Michel, si attrayant
par le côté historique et la valeur artistique des nombreuses constructions dont se compose cette
abbaye.

A côté de ces œuvres importantes, il ne faut pas oublier le château de Vivier, par M. Darcy;
l'hôtel de ville de Compiègne, relevé par M. Selmersheim ; le château de Pau, par M. Lafollye ;
l'église de Saint-Serges d'Angers, par M. Paul Boeswillwald ; les beffrois de Douai et de Béthune, par
M. Danjoy, et enfin les dessins de MM. Gion, Desmarets, Ballu, Naples, Louzier, etc., destinés à la
publication des monuments historiques, publication dont une partie a déjà été l'objet il y a quelques
années d'un remarquable ouvrage.

Le goût qu'ont aujourd'hui les architectes pour l'étude des monuments anciens est tellement
répandu et s'impose tellement comme une nécessité que, même en dehors de l'influence de la commis-
sion des Monuments historiques, nous voyons de jeunes architectes se livrer avec ardeur à ce genre
4e travaux; c'est ainsi que l'exposition renferme, indépendamment des œuvres signalées plus haut,
une quantité assez notable d'études sérieuses faites en France et à l'étranger : entre autres l'église
de Gaza (Syrie), relevée avec le plus grand soin par M. Lecomte, qui expose également un très-beau
dessin d'une mosaïque fort ancienne découverte l'année dernière sur le mont des Oliviers; la curieuse
église de Curtea d'Argis (Roumanie), dessinée par M. Savoulesco ; le château de Graves (Aveyron),
très-bien rendu par MM. Benouville et Pons; un projet de restauration de la ville et du château de
Parthenay (Deux-Sèvres), présenté avec intelligence par M. Loquet, et enfin plusieurs relevés
d'églises.

Certes, dans cette nomenclature nous omettons bien des travaux qui font honneur à leurs auteurs
et qui prouvent en tout cas un véritable amour de l'étude, mais nous ne pouvons nous étendre trop
longuement; toutefois nous ne terminerons pas sans citer le travail remarquable et considérable qui a
valu une première médaille à M/Dutert, et qui consiste en une étude du Forum romain à laquelle est
joint un projet de restauration élaboré d'après les dernières découvertes. Ces dessins, qui font partie
de l'envoi de Rome de cet artiste et ont déjà été exposés à l'École des Beaux-Arts, sont exécutés par
un architecte consciencieux et savant et constituent un ensemble de documents très-utiles à consulter.

On le voit par ce qui précède, malgré l'absence de créations originales saillantes, le Salon de 1875
est loin d'être dépourvu d'intérêt ; il indique au contraire chez les architectes un grand désir
d'apprendre et des efforts très-sensibles ; aussi nous semble-t-il que ce serait l'occasion pour l'admi-
nistration des Beaux-Arts d'accorder plus d'attention à cette branche de l'art. Les peintres sont très-
encouragés et nous sommes loin de nous en plaindre, mais enfin il est impossible de ne pas faire
observer que, outre la grande médaille d'honneur qu'ils ont toutes les chances d'obtenir quand celles-ci
sont presque nulles pour les architectes, ils ont en outre, et spécialement affectée à leur groupe, la
nouvelle récompense créée l'an dernier, c'est-à-dire le prix du Salon. Pourquoi les architectes ne
jouiraient-ils pas d'un encouragement analogue destiné à développer chez les jeunes le goût des études
sur les œuvres du passé? Quelles seraient en revanche les obligations des lauréats, quelle direction
prendraient leurs travaux ? C'est là une question qui ne peut être traitée superficiellement et qui
a besoin d'être mûrement examinée ; mais à coup sûr elle est facile à résoudre, si toute préoccupation
étrangère à l'art est laissée de côté et s'il est admis en principe qu'il s'agit avant tout de vulgariser
les principes de toutes les grandes époques de l'art sans aucune distinction et sans parti pris.

A. de Baudot.
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