L' art: revue hebdomadaire illustrée — 1.1875 (Teil 2)

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UNION CENTRALE DES BEAUX-ARTS

APPLIQUÉS A L'INDUSTRIE

n sait que l'Union Centrale donne tous les ans, j vité qu'il déployait en toutes choses. L'Allemagne, plus soucieuse
dans son local de la place des Vosges, 3, une suite
de conférences sur des sujets qui intéressent l'his-
toire ou l'enseignement des arts. Nous avons déjà
rendu compte des intéressantes conférences qu'ont

des vraies gloires, cherche, paraît-il, à profiter de notre indiffé-
rence pour nous enlever celle-ci. Dans une brochure intitulée :
Recherches sur la priorité de la renaissance de l'Art allemand^ on
lit cette phrase que cite M. Burty : « On croit qu'Auguste
faites M. Maury sur la sigillographie1, et M. de Montaiglon 1 Hirschvogel fut le maître de Bernard Palissy, revenu d'Allemagne

sur Brunelleschi2. Nous regrettons de n'avoir pas pu, comme
nous en avions l'intention, donner le résumé des conférences de
MM. Albert Jacquemart, Sédille et Lameire. Le collaborateur
qui devait nous en donner le résumé n'a pu tenir sa promesse.
M. Burty, qui a voué un culte bien mérité à la mémoire de

en 1539. »

Ce qui est parfaitement sûr, et non moins déplorable, c'est
que, en France, le nom de Bernard Palissy est à peu près inconnu
du grand public. Les amateurs savent qu'il est l'auteur des vases
émaillés qui portent son nom ; quant à cette infatigable curiosité

Bernard Palissy, a mis à profit, pour parler de nouveau de ce qui le porta à étudier une foule de sciences et qui lui mérita

grand homme, l'occasion que lui fournissait la découverte de
deux faits nouveaux : un passage du procès-verbal qui fut fait à
la mort de Catherine de Médicis et qui confirme ce que l'on
savait déjà de l'état prématuré d'abandon où était tombée la
grotte édifiée et décorée par Palissy au jardin des Tuileries,
et dans ce même inventaire de la succession de la reine mère, la

d'être appelé par Cuvier le m Père de la géologie t} quant à la foule
d'inventions diverses dont il dota son pays, à cette soif ardente de
savoir qui fit que lui, pauvre artisan, put ouvrir à Paris des
cours où il discutait avec les hommes et les artistes les plus
instruits de son siècle, à ce suprême bons sens, qui d'avance pro-
testait avec une si invincible obstination et une si parfaite lucidité

mention d'une série de vaisselles jaspées qu'on peut raisonnable- t contre les illusions métaphysiques de son temps; quant à cette

ment porter au compte de l'inventeur des rustiques figulines du i lutte acharnée, presque farouche, contre la misère, contre ses

roy. propres erreurs, contre la malveillance de ceux qui l'entouraient,

Mais comme l'a très-bien expliqué M. Burty, ces documents qui connaît tout cela, sauf quelques hommes qu'a séduits cette

nouveaux, bien que n'étant pas sans intérêt, « n'eussent pas mo-
tivé suffisamment un retour sur ce sujet, s'il n'était pas toujours
utile de rappeler l'attention sur les OEuvres trop peu rééditées
assurément de l'auteur de VArt de terre et de la Recepte véritable,
sur l'artiste qui a inventé, modelé, émaillé et cuit de toutes
pièces ces plats à bestioles que l'on sait, sur ce savant peu
recommandé par nos académies, quoique, selon son mot pitto-
resque, il ait anatomisé pendant quarante ans la matrice de la
terre. »

Il est certain que pour qui réfléchit, il y a peu de personna-
lité aussi intéressante que celle de cet artisan, qui par la seule
force de sa volonté, et l'on peut dire de son génie, s'est fait une
place à part dans l'histoire de la science et de l'art. Jusqu'à pré-
sent la France a peu fait pour ce pauvre grand homme qui a tant
peiné et souffert pendant sa vie, et qu'on a fini par mettre à
mort, parce qu'il apportait à la défense et à la propagation de ce
qu'il croyait être la vérité religieuse l'énergie et l'incessante acti-

figure énergique et sincère?

Bernard Palissy, en démontrant que la pratique précède néces-
sairement la théorie et que les sciences se forment par l'observa-
tion des faits, devançait son siècle, et exprimait des idées qui ne
devaient être recueillies que cinquante ans après sa mort. Il
fournissait à ses contemporains une lumière qui pouvait renou-
veler la philosophie et l'étude de la nature. On ne l'a pas
compris. Sa vie tout entière est un exemple de dévouement à la
science et de désintéressement sublime; personne ne s'en est
inquiété. Il est temps que cet homme si grand par l'intelligence,
si grand par le caractère reprenne la place qui lui appartient et
qu'il a conquise par de si dures épreuves. Il n'y a pas d'exemple
qu'il soit, en ces temps, plus utile de replacer devant tous les
yeux ; on ne peut guère rendre à la France abaissée de plus
grand service que de lui apprendre à connaître, à aimer, à imiter
de tels hommes.

E. V.

EXPOSITION DES BEAUX-ARTS AU HAVRE

(Correspondance particulière de l'Art.)
L'exposition des Beaux-Arts du Havre, dont l'ouverture a eu trait de Mm° P. . pastel ; — Veyrassat, le Matin ; — César de

lieu le 22 courant, a dépassé toutes les espérances de ses organi-
sateurs, les membres de la société havraise d'études diverses, par
le nombre et la valeur des envois des artistes parisiens.

Le catalogue ne contient pas moins de 666 numéros, dont
450 peintures.

On jugera de l'intérêt de cette exposition par rémunération
suivante des principales toiles qui y figurent, au milieu de beau-
coup d'autres œuvres distinguées :

Chaplin, la Lyre brisée; — Carraud, Deux Soubrettes ; —
Paul Laurens, l'Interdit; — Gros, les Importants ; — Emile
Lévy, l'Amour et la Folie; — Elie Delaunay, le Caducée; —
François Flameng, le Lutrin; ■—■ Carolus Duran , portrait de
Mme C; —Firmin Girard, portrait d'enfant; — Galbrund, por-

1 Tome II, page 20.

2 Tome II, page 114,

Cock, deux grands paysages ; — De Coninck, tète d'étude; —
Auguste Bonheur, Chevaux au bord de la mer ; — Alph. Lecadre,
l'OjJrande; — Letrône, deux paysages ; — Gustave Castan,
Mer basse et Marée haute (environs de Trouville) ; — Allongé,
la Mer ; — Maurice Courant, Gros Temps ; — Defaux, paysa-
ges; — Appian, paysages j etc., etc.

Un salon spécial, annexé à l'exposition, réunit une impor-
tante collection rétrospective appartenant à des amateurs de la
ville, et qui comprend une soixantaine d'œuvres remarquables de
Delacroix, Decamps, Millet, Corot, Troyon, Boucher, etc., et,
au premier rang, un paysage de Rousseau, un pur chef-d'œuvre.

En sculpture, fort peu d'œuvres importantes. Des statuettes,
des bustes, une seule statue, mais un bijou pour la délicatesse de

TOMH II.

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