L' art: revue hebdomadaire illustrée — 1.1875 (Teil 2)

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SALON DE 1875

(suites)

XX.

QUELQUES PEINTRES DE GENRE.

'état-major militaire dont je viens de parler a de nombreuses affinités
avec toute une catégorie de peintres de genre qui a eu son heure de
fort grande vogue, — heure très-prolongée même, — et qui ne brille
pas précisément d'un éclat triomphal au Salon de 1875. M. Vibert, dont
le nom était le plus en vedette, fait cette fois fausse route absolument.
Comme c'est un homme d'infiniment d'esprit, nul doute qu'il ne veuille
promptement prendre sa revanche ; seulement il nous la doit en pro-
digue et plutôt deux fois qu'une après des travaux de la force et du goût
du Repos du peintre (n° 1952) et de la Cigale et la Fourmi (n° 1951)- M. Jules Worms, lui, n'a point
fait de pas en arrière; une Nouvelle à sensation (n° 1999) est, comme d'habitude, une composition
spirituellement étudiée, bien groupée et convenablement peinte avec une palette qui n'est pas la plus
séduisante du monde et des procédés peu faits pour passionner. M. Charles Marchai s'est imaginé
qu'il transfigurerait le tableau de genre en un enseignement moralisateur ; cela nous vaut la Proie
(n° 1414) : quelque affreuse drôlesse plume quelque abominable petit crevé dans un cabaret à la
mode du boulevard; — cette malsaine leçon a le double tort de suer le mauvais lieu à vous en infecter
et d'être un des pires tableaux de l'année. L'exposition de M. Eugène Feyen : — la Foire du Mont-Dol
de Bretagne (n° 802), Saline dans la presqu'île Guérandaise (n° 804) et Pèche à la seine (n° 803), —
ressemble à s'y méprendre à une série de photographies coloriées. M. Armant Heullant gaspille, dans
la Marguerite, les Charmeuses, la Tentation (ncs 1048 à 1050) de très réelles qualités et les étouffe à
plaisir sous un papillotage effréné dont M. Edouard Richter se passe aussi, quoiqu'à un moindre
degré, la dangereuse fantaisie, dans la Photographie de Bébé (n° 1726) et Che^ la Devineresse (n° 1725).
M. Amédée Servin a envoyé un très-bon tableau— un Réduit (n° 1843) — et l'Enquête: le premier-
témoin (1844) qui laisse fort à désirer.

Le Jour du Baptême 2 de M. Gustave Brion se recommande par tous les mérites sérieux qui distin-
guent ce consciencieux artiste ; cela manque un peu de brio, mais c'est composé avec soin, avec
goût, bien dessiné et bien peint. Il en est de même des œuvres de M. Georges Brillouin 3, qui n'a point
de hautes ambitions et ne s'est attaché qu'à conquérir une place très-honorable dans le genre qu'il
a adopté ; il y réussit pleinement,, grâce à sa constante poursuite du mieux.

M. Maxime Claude se permet plus qu'une réminiscence de M. Carolus Duran dans la Plage
(n° 458); on dirait une réduction microscopique du Portrait équestre de M11" Croi^ette ; et c'est bien
mou, et c'est terriblement pâlot. Le Parc, souvenir de Londres (n° 457) est un malencontreux souvenir;
nulle fermeté, une extrême indécision et dans le dessin et dans la touche, un aspect terne, voilà ce que
nous donne aujourd'hui M. Claude, qui avait un instant si agréablement réussi à pénétrer dans le vif
de la vie sportive anglaise.

M. Albert Maignan rachète très-heureusement dans Rêverie (n° 1402), — un des meilleurs tableaux
de genre du Salon, — le décousu d'une toile à prétentions historiques beaucoup plus nnjDortante :

1. Voir tome II, pages 7, 35, 56, 77, 102, 137, iyo, 178, 204, 222, 244, 269, 294 et 31S.

2. N° 305. Voir la gravure publiée par l'Art, tonu II, page 108.

3. Vieux papiers (n0 302); Vieille pipe (n° 303); Maniolinata (u° 304).
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