L' art: revue hebdomadaire illustrée — 1.1875 (Teil 2)

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LES CONCURRENTS AUX PRIX DE ROME. 349

M. Schommer clôt la liste. Son œuvre assez faible peut être considérée comme un essai. Il y a
cependant quelque chose d'heureux et d'original dans cette idée de présenter l'ange de dos passant
rapidement au milieu des bergers, et, après avoir annoncé la bonne nouvelle, continuant sa route dans
le ciel.

IL

L'Ecole des Beaux-Arts compte cette année en sculpture des élèves d'un incontestable mérite
et d'un réel talent. La moyenne de ce concours est plus forte que pour la peinture; à peu d'exceptions
])rès, nous avons trouvé chez tous les iogistes une élévation de style et une recherche du grand art
qui devait d'ailleurs être inspirée par le sujet : Homère accompagné de son jeune guide chante ses poëmes
dans une pille de la Grèce. A l'heure où nous écrivons ces lignes, le jugement n'est pas encore rendu.
Mais la lutte sera probablement circonscrite entre le n° i et le n° 2 c'est-à-dire entre MM. Michel et
Hugues. Nous ne croyons pas que le n° 7, M. Perrin, puisse l'emporter sur ses deux rivaux.

M. Michel a un bas-relief bien ordonné, les proportions en sont jolies et dénotent un désir de
rappeler la forme grecque si élégante, désir qui n'a peut-être pas été assez général, mais que l'artiste,
pour sa part, a réalisé dans une très-louable mesure. La figure de la femme qui tient son enfant dans
ses bras en lui faisant signe de ne pas faire de bruit est charmante de mouvement. Je cite encore le
groupe de la jeune fille et de son amant, qui, enlacés l'un à l'autre, écoutent avec ravissement.
Malheureusement, l'Homère n'est pas en rapport avec l'exécution délicate et distinguée qu'on
remarque dans le reste du bas-relief. On dirait une ébauche que l'artiste, faute de temps, a laissée telle
quelle. La tête manque d'expression, la draperie, rude et lourde, ressemble à une couverture jetée au
dernier moment sur les genoux du poète. Le jury pardonnera-t-il à M. Michel cette faiblesse, en
considération de la somme de talent dépensée ? C'est ce que nul ne peut dire maintenant.

M. Hugues a peut-être moins de distinction que son rival. Son exécution, trop poussée, témoigne
d'une habileté très-grande. Le guide, étendu auprès du poète, est d'une bien jolie tournure. Mais ses
personnages, quoique tous d'un modelé large et puissant, me semblent plus en saillie qu'il ne convient
pour un bas-relief. Je leur reproche, en outre, de n'avoir pas dans la physionomie ce caractère
grec que M. Michel a su trouver. Homère, assis au centre, maintenant sa lyre dans la main gauche,
concentre sur lui l'attention. La tête, très-étudiée, ne laisse pas d'être belle. Mais je n'aime pas le
mouvement du bras droit, qui, tombant trop bas et rejeté en arrière, fait avancer le torse comme si
le poëte venait de prendre haleine pour pousser une exclamation violente. Homère n'a pas besoin de
crier : ses vers s'échappent doucement de ses lèvres harmonieuses.

Pourquoi M. Gilbert, au lieu de Grecs, nous montre-t-il des Florentins? je le soupçonne d'avoir
sacrifié à la mode du jour. Le guide, appuyé sur ses hanches, me rappelle certaine statue de
M. Dubois; Homère est représenté arrivant à droite dans un mouvement assez large, mais le modelé
général est rond et mou.

Dans le n° 4, nous voyons Homère assis de profil, entièrement nu. La nudité ne convient pas à
Homère. Toutes les figures ont en outre une raideur qui nuit à l'ensemble de la composition. Le guide,
trop jeune, ressemble à un saint Jean-Baptiste enfant, avec ses longs cheveux bouclés et sa mine
souriante. — Signalons chez le suivant des qualités très-sérieuses et une composition intelligente. Son
Homère, debout et de face, est inspiré; çà et là des inexpériences encore : mais M. Lefebvre a devant
lui une belle carrière d'artiste. — Nous ne parlerons pas du n° 6, dont l'œuvre est vieille et pénible,
et nous arrivons à M. Perrin, qui, par ordre de mérite, vient à notre avis en troisième rang. Homère
est assis, ayant à ses pieds son guide, qui, couché, les jambes étendues, s'appuie sur le coude : le motif

1. Cet article était terminé et déjà remis à la rédaction lorsque le jugement a été connu : M. Hugues a remporté sur M. Michel b
premier prix à une assez forte majorité. Un second prix a été décerné à M. Perrin ; nos prévisions so sont donc réalisées pour ces deux
récompenses : mais nous avouons avoir été un peu surpris d'apprendre que l'Académie avait accordé un deuxième second prix ù M. Fage],
auteur du bas-relief n0 10.
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