L' art: revue hebdomadaire illustrée — 1.1875 (Teil 2)

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356 L'ART.

collections de modernes qui occupent le premier rang sont incontestablement celles de M. Éduard
Behrens, l'opulent banquier, et de M. Abraham Philippe Schuldt. On voit chez M. Behrens un
charmant petit Meissonier du meilleur temps de l'artiste, des Knaus, — les Garçons cordonniers, entre
autres, — des Vautier, un Troyon qui n'est pas de très-belle qualité, deux Achenbach, la Ménagerie
de Paul Meyerheim, très-bon tableau que l'on a justement applaudi à Paris où le peintre a obtenu
une médaille au Salon de 1866, — bien d'autres tableaux signés des compatriotes du propriétaire, car
c'est l'Allemagne qui domine chez M. Behrens, tandis que chez M. Schuldt, c'est la France qui
triomphe et de la plus éclatante façon. Fanatique de l'école française, mais fanatique par raison-
nement, M. Schuldt, dont le nom est bien connu des prisonniers français envers qui il s'est montré
plein de sympathie, — il a eu entre autres pour hôte le général de Cissey, — M. Schuldt qui visite
presque tous les ans Paris et est un des habitués de l'hôtel Drouot, s'est formé une réunion de toiles
de premier ordre qui ne compte pas moins de deux Delacroix, — un lion qui s'acharne sur le cadavre
d'un Arabe, un chef-d'œuvre de grandeur, de férocité et de couleur, et ce souvenir du Maroc, d'une
si extraordinaire vigueur de tons, d\me si surprenante maestria, ce Maréchal ferrant, un tableau
composé de deux figures et d'un magnifique cheval, rien de plus, mais c'est assez pour faire une
œuvre magistrale, — trois Troyon qui comptent parmi les plus purs joyaux de son admirable écrin,
— deux Diaz, Diane chasseresse et un de ces Sous bois pris dans la forêt de Fontainebleau, que
personne n'a rendus comme cet enchanteur du pinceau, — un très-important Fromentin, —
deux Jules Dupré, vin récent qui est bon, un ancien qu'on ne saurait trop admirer, — puis Charles
Jacque, Henri Baron, Guillemin, deux Willems, un Alfred Stevens di primo cartello, deux marines de
Melbye dont l'une est certainement la plus belle toile de l'artiste danois, des Heilbuth, une cascade
d'André Achenbach, production fort ancienne et très-supérieure à ce qu'il fait aujourd'hui. Impossible
de tout citer. Il me reste à peine encore assez d'espace pour appeler votre attention sur le Muséum
fiir Kunst und Gewerbc que l'on fonde à Hambourg, embryon de Musée, cela va sans dire, et que les
gens à courte vue dédaigneront à cause de cela, mais qui vous paraîtra du plus sérieux intérêt à vous
qui suivez d'un œil si vigilant les énormes progrès que font chaque jour à l'étranger les applications de
l'art à l'industrie. Le directeur de ce South Kensington Muséum plus que microscopique est un écrivain
de très-grand mérite doublé d'un homme de gotit; M. le docteur Brinkmann, qui parle parfaitement
le français, connaît le proverbe : « Petit poisson deviendra grand, pourvu que Dieu lui prête vie. »
Il a pourvu aux moyens d'assurer l'existence de la fort utile entreprise dont les destinées lui sont
confiées ; vous pouvez être certain qu'il lui donnera de très-importants développements beaucoup phis
promptement qu'on ne se l'imagine. Aujourd'hui il se contente d'annoncer, avec la plus profonde
modestie, que le nouveau Musée se borne à rechercher les meilleurs modèles en rapport avec
l'industrie locale qu'il s'agit avant tout de perfectionner. C'est on ne peut plus louable, mais les
visées de M. le docteur Brinkmann ne s'arrêtent pas là, il a de très-hautes et très-légitimes
ambitions dignes de la grandeur opulente de Hambourg; l'avenir se chargera de le démontrer.

• j s - S. Wronszici. : .

Etudes d'animaux.

Fac-similé d'un

— Ours jeune du
croquis d'Aug. Lançon.

Lie an.
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