L' art: revue hebdomadaire illustrée — 1.1875 (Teil 2)

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L'ART.

non pas inerte, stupide et faussée par un réalisme moins exact,
après tout, que la machine du photographe...

1 Les personnages qui vivent, respirent dans les dessins de
Millet sont les incarnations passionnées de la nature et du sou-
venir. Prêtant à la réalité son génie élargi par l'étude, approfondi
par la méditation, il se peint lui-même en les peignant, et tire des
plus humbles sujets des types qui vivront, les ayant lui-même
vécus et comme pétris de sa vie, de sa pensée et de ses pas-
sions.

« C'est en accordant ses sensations, ses sentiments et ses
idées avec le caractère de ses personnages et la physionomie du
monde extérieur, miroir de nos joies et de nos peines, que Fran-
çois Millet a été aussi grand peintre de mœurs que de paysages.
Préservé des influences malsaines de Paris par la rectitude de son

esprit, l'énergie de ses instincts, la pureté de ses mœurs et le
souvenir de sa jeunesse toute primitive, il a continué à la cam-
pagne la forte et douce vie de la famille.

» La contemplation de la nature, l'étude des paysans toujours
présents à ses yeux, l'ont détourné des sujets ressassés, des
vaines imaginations et des ambitions folles qui jettent dans le
vide la plupart des artistes, après avoir frappé de stérilité leur
intelligence et leur cœur.

« La visée d'un grand peintre n'est pas de s'envoler vers la
lune et les étoiles; c'est de marcher d'un pas ferme, d'un cœur
ému, dans le sentier qu'il s'est choisi, toujours sincère envers lui-
même, envers les hommes, envers la nature.

« Cette visée, Millet l'avait; et c'est ce qui l'a fait incompa-
rable et immortel. >

FAITS DIVERS

— Le conseil d'administration de la manutacture de Sèvres a
ouvert une loterie en faveur des inondés.

Tous les artistes de l'établissement, peintres, sculpteurs, do-
reurs, ciseleurs, modeleurs, ont prêté leur concours à cette
œuvre de bienfaisance.

Chacun a fait don d'un lot.

L'exposition publique de cette loterie commencera le 15 du
mois, à Sèvres, pour être continuée tous les jours pendant un
mois.

Le prix du billet est de 1 franc.

On peut se procurer des billets en envoyant, par la poste,
le montant à l'administration de la manufacture de Sèvres.

— L'Académie des Beaux-Arts tiendra sa séance publique
annuelle le samedi 14 août.

M. le vicomte Delaborde, secrétaire perpétuel de l'Académie,
donnera lecture de son rapport sur les travaux de l'exercice écoulé.

Le deuxième objet à l'ordre du jour est l'éloge de M. Corot,
qui, quoique ne faisant pas partie de l'Institut, trouvera un chaud
apologiste dans M. Meissonier.

— Le jury, après avoir longuement délibéré à l'Ecole des

Beaux-Arts, a proclamé les résultats suivants pour le concours
de sculpture :

ier prix, grand prix de Rome. — M. Hugues (Dominique-
Jean-Baptiste), né à Marseille, le 15 avril 1849, élève de
MM. Dumont et Bonnassieux.

icr second grand prix. — M. Perrin (Mamert-Jacques), né le
30 juillet 184.7, 'd Lyon, élève de M. Ducieux.

2e second grand prix. — M. Fagel (Léon), né le 19 jan-
vier 1851, à Valenciennes, élève de M. Cavelier.

— Pour l'architecture, dont le programme était Un Palais
de justice pour Paris, le grand prix est M. E. J. B. Paulin, né
à Paris en 1848, élève de MM. Paccard, Vaudoyer et Ginain;

Premier second grand prix, M. J. Bréasson, né à Lyon en
1848, élève de MM. Questel et Pascal;

Deuxième second grand prix, M. P. Blondel, né à Belleville,
en 1847, élève de M. Dumont.

— Le ministre de l'Instruction publique a signé la nomina-
tion de M. Frémiet, statuaire, à l'emploi de professeur de dessin
au Muséum d'histoire naturelle.

M. Frémiet a le grand honneur de succéder à M. Barye.

NÉCROLOGIE

— La presse écossaise consacre de longues notices né-
crologiques à un artiste dont les œuvres sont peu connues
en Angleterre, à plus forte raison sur le continent :
M. Colviu Smith, membre de la Royal Academy d'Ecosse,
né en 1795. M. Colvin Smith avait fait ses études à Londres
et s'était établi à Edimbourg, où l'influence de son oncle,
Lord Gillies, lui avait valu de nombreuses commandes. Il
était devenu, au bout de peu de temps, le portraitiste à la
mode, et l'on raconte qu'il n'a pas fait moins de sept fois
le portrait de Walter Scott. La Galerie nationale possède
deux œuvres de lui, mais qui ne comptent point parmi ses
meilleures. Depuis cinq ans, il avait été obligé de renoncer
à ses pinceaux.

mort à Fismes, à l'âge de cinquante-cinq ans. Nous n'avons
pas à nous occuper ici du pasteur et des luttes qu'il a sou-
tenues pour ce qu'il considérait comme la justice et le droit.
Athanase Coquerel était un amateur passionné des beaux-
arts. Il avait l'habitude de consacrer chaque année un mois
à visiter les musées, les monuments anciens et nouveaux.
Il a parcouru ainsi l'Europe, l'Amérique et une partie de
l'Asie Mineure. Ses notes de voyage ont été publiées dans
le Lien et forment trois volumes : Des Beaux-Arts en
Italie au point de vue religieux, lettres écrites de Rome,
Naplcs, Pise, etc., et suivies d'un appendice sur l'iconogra-
phie de l'Immaculée Conception. — Libres Etudes, religion,
critique, histoire, beaux-arts et voyages. — Rembrandt et
VIndividualisme dans Part, conférences faites à Amsterdam,
Le 24 juillet 1875, le docteur Athanase Coquerel est 1 Rotterdam, Strasbourg, Reims et Paris.

ERRATA. — Tome II, page 289, dernière ligne, au lieu de : M. Léon Gaucherel, tiré : M. Th. Chauvel.
Page 336, ligne 4.0, au lieu de : portrait de femme, lire : portrait d'enfant.

Le Gérant. HIPPOLYTE HEYMANN.
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