L' art: revue hebdomadaire illustrée — 1.1875 (Teil 2)

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SALON DE 1875. 373

Je ne vois qu'une seule observation à faire à propos de ce marbre imposant; les jambes me
paraissent un peu courtes.

M. Noël, le sculpteur du Rétiaire (n° 3306) que nous retrouvons en bronze cette année, est loin
d'avoir eu une inspiration aussi digne d'éloges en taillant dans le marbre Ce groupe de Roméo et Juliette
(n° 3305) qui représente les deux amants dans la position la plus bizarre; Roméo inanimé est étendu
tout de son long et son amante désespérée se penche sur lui pour le soulever. Il n'est pas possible de
rêver un ensemble de lignes moins artistique que celvii qui résulte du parallélisme des deux corps. Ce
n'est nullement original ; c'est simplement fort laid
et d'une excentricité tout à fait incompréhensible de
la part d'un homme de tant de talent.

M. Frémiet persiste dans sa violente erreur de
l'Homme de l'âge de la pierre (n° 3084) reconstitué
sur des fragments humains de l'époque; il l'a fait
couler en bronze et c'est toujours aussi affreux; sa
statue tumulaire de Jeanne d'Arc (n° 3083) nous con-
sole un peu de cette aberration préhistorique dont je
ne mets pas en doute toute la science, mais qu'est-ce
que l'Art a de commun avec de pareilles tentatives?
Malgré sa roideur qui est en partie voulue, la Jeanne
d'Arc est de beaucoup supérieure à l'héroïne équestre
sculptée également par M. Frémiet et qui n'embellit
guère la rue de Rivoli. La tête est d'un sentiment
heureusement trouvé ; on l'apprécierait davantage si
elle n'était déparée par la couronne inutile posée sur
le casque.

M. Baujault, dont le Premier Miroir obtint, il y
a deux ans, un si légitime succès, n'a pas répondu
aux espérances de ses enthousiastes ; son Jeune Gau-
lois annonçant le gui nouveau (n° 2864) est une
erreur qui nécessite au plus tôt une éclatante re-
vanche. Il est étrange que l'auteur n'ait pas compris
à quel point est antisculpturale cette bouche béante
à perpétuité, et combien est forcée l'attitude de cet
adolescent qui se démène avec tant de violence en
agitant sa branche de gui.

.....Voici l'avril,

T ... . ,, .. ' La Suisse accueille l'armée française.

Le soleil revient dexu;

Tous les nids sont en querelle. Fac-similé d'un dessin de C. Gilbert,'

d'après le groupe de A. Falguière.

Ces vers de François Coppée sont sans doute
destinés à être inscrits sur le piédestal de l'Avril (n° 2832), aimable projet de statue bien composé et sa-
vamment exécuté par M. Eugène Aizelin qui a signé également un fort élégant buste : Ophélia' (n° 2833).

M. Mercié ne s'est pas contenté d'exposer le bronze de son beau groupe Gloria viclis1; il y a
opposé une antithèse charmante dont il a été demander l'inspiration à la fable de La Fontaine :
le I^oup, la Mère et l'Enfant (n° 3272). Il en a fait un bas-relief en bronze, qui n'est pas précisément
traité dans les conditions convenues du bas-relief, mais dont la composition est excellente et le
dessin bien spirituel.

C'est par l'esprit aussi que se recommande un groupe en plâtre heureusement équilibré, le Jeune
Faune faisant combattre deux coqs (n° 3216), par M. Charles Lenoir.

1. Voir tome II, page 80.
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