L' art: revue hebdomadaire illustrée — 1.1875 (Teil 2)

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4o6 L'A

L'heure me presse, et je ne puis que citer quelques noms;
ceux de MM. Cleynhens, Modeste Carlier, Legendre, Agnees-
sens, Robert Mois, Lamorinière, de Schampheleer, Franz Vinck,
Charles Hermans, De Winne, Quinaux, les frères Verhas, Mel-
lery, Verlat, feu Boulenger, Baron, Leemans, C. Meunier, Tho-
mas, Janssens, Struys, Léon Herba, Stroobant, Dubois, Oyens,
Félix Cogen, Artan, MM11" C. Langlet, Bellefroid, Berthe
Becker, MM. Linnig, Asselberghs, De Biefve, Lambrichs, Hen-
nebicq, les deux Ver\sée, Mlle Tompking; MM. Van Luppen,
les frères de Vriendt, Rosseels, Philippe:, A. Hubert, Col,
Cluysenaar, Dell' Acqua, Wauters, Stephen Jacob, De Baarde-

RT.

maeker, Stailaert, Bourlard, Papeleu et Tadema; dans la
sculpture, MM. Vanderstappen, de Vigne. Bouré, Godebsky,
Pécher.

Tout cela est bien confus et peut-être plein d'erreurs, sans
compter les lacunes, qui sont inévitables. Songez que le Salon
n'est pas ouvert, et que le jour où tout sera prêt, si l'on ne con-
sacre qu'une minute à chaque envoi, on en aura pour trente-sept
heures. Ce qui fait, si je ne me trompe, 2,220 numéros. C'est
presque un Salon de Paris.

, Séjas.

DISTRIBUTION DES PRIX

A L'ÉCOLE NATIONALE DE DESSIN ET DE MATHEMATIQUES.

Le 11 août, à la distribution des prix de l'Ecole nationale de
dessin et de mathématiques, le directeur des Beaux-Arts,
M. de Chennevières, a prononcé un discours que le défaut de
place nous empêche de donner tout entier, mais dont nous vou-
lons au moins reproduire les idées principales.

M. de Chennevières, qui, on le sait, s'est donné pour mis-
sion la réforme de l'enseignement du dessin en France, consi-
dère avec raison cette réforme comme le seul moyen de mettre
notre industrie artistique en état de lutter contre la concurrence
étrangère. Ce programme est simple, et il a cet avantage que,
tout en ayant pour but de servir les intérêts économiques de la
France, il aura nécessairement pour effet de donner une impul-
sion énergique au développement de sa puissance et de sa fécon-
dité artistiques, c'est-à-dire de lui assurer à la fois deux profits
que l'on est habitué à considérer comme peu conciliables : l'ar-
gent et la gloire.

Aussi s'est-il attaché à faire comprendre aux élèves de
l'École nationale de dessin et de mathématiques que leur but
devait être moins d'aller courir les aventures du « grand art » à
l'école de la rue Bonaparte, que de se préparer à fournir à l'in-
dustrie française des auxiliaires habiles et dévoués :

1 ... Malheur à nous, mes enfants, si, dans notre république
des arts, de même que dans les républiques de l'Amérique du
Sud, chacun veut être général ou pour le moins colonel, ec si per-
sonne n'accepte d'être capitaine, lieutenant ou sergent ! Une école
de peintres et de sculpteurs n'a pas besoin, pour être puissante et
pour exercer une grande influence sur l'éclat et sur la richesse
d'une nation, d'avoir un état-major si nombreux et aussi varié
que la possède aujourd'hui la nôtre.....

« ... Ce qui nous manque pour assurer à notre goût national,
à l'industrie qui en relève, à notre génie décoratif sous toutes ses
formes, une expansion incomparable, ce sont des officiers et des
sous-officiers instructeurs; car j'ai la prétention, messieurs, dès
que le gros de nos artistes, au lieu de végéter et de se morfondre
dans la gêne orgueilleuse de peintres sans clientèle ou de sta-
tuaires sans commandes, aura accepté franchement le rôle si noble
et si intéressant d'instructeurs de l'industrie française, j'ai la pré-
tention de leur réer une armée, une armée de soldats innom-
brables, autant de soldats qu'il y aura d'écoliers en France. »

Le moyen pour arriver à ce but est de rendre l'étude du
dessin obligatoire dans toutes les écoles, au même titre que la
lecture et l'écriture; et, en effet, comme le démontre l'orateur,
le dessin est nécessaire à un très-grand nombre d'industries, utile
à toutes.

Voici, tels que les donne M. de Chennevières dans ce même

discours, les linéameats principaux du plan qu'il a élaboré en
vue de ce résultat :

1 Un enseignement rationnel et élémentaire du dessin et de
ses applications pourrait être rendu obligatoire immédiatement
dans les écoles primaires et inscrit au nombre des matières exi-
gées pour les brevets simples.

« Dans les écoles normales, on pourrait consacrer environ
trois heures par semaine à l'étude du dessin, soit, pour les unes,
toute la matinée du dimanche, soit, pour les autres, deux leçons
de une heure et demie chacune dans la semaine.

« Dans les écoles primaires, on peuc, au minimum, prendre
deux heures.

a II est donc nécessaire de rédiger tout d'abord deux pro-
grammes : l'un pour les maîtres (écoles normales), l'autre pour les
élèves (écoles primaires).

« Le personnel enseignant sera peu à peu formé par les écoles
normales.

« En attendant que cette organisation puisse fonctionner et
que les écoles normales puissent avoir un corps de professeurs
composé d'anciens élèves des écoles nationales, on pourrait
recourir, pour l'enseignement, autant que possible, aux archi-
tectes départementaux et aux ingénieurs des ponts et chaus-
sées. »

C'est cette importance capitale de l'enseignement du dessin
dans les écoles qui explique et qui impose l'adjonction de la
direction des Beaux-Arts à l'administration générale de l'ensei-
gnement.

Dans ce discours, M. le directeur des Beaux-Arts a rappelé
les services rendus à la cause qu'il soutient par l'Union centrale,
tout entière dévouée aux mêmes intérêts et animée du même
esprit.

Pour nous, nous faisons les vœux les plus vifs et les plus
sincères pour voir enfin triompher ce concours de volontés bien-
faisantes, cette conspiration en vue du bien public. La réforme
que poursuivent simultanément l'Union centrale et M, de Chen-
nevières est de celle qui font la gloire et assurent la prospérité
des peuples qui les accomplissent; l'Art se fera toujours un
devoir et un honneur de joindre ses efforts à ceux des hommes
qui ont compris l'importance du but à atteindre; mais il ne se
dissimule pas la gravité des obstacles signalés par le discours de
M. de Chennevières : la vanité des jeunes gens qui les pousse à
aller chercher à l'école des Beaux-Arts des concours plus reten-
tissants et l'appât du privilège qu'accorde à ses élèves la loi
militaire.

E. V.
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