L' art: revue hebdomadaire illustrée — 1.1875 (Teil 2)

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4to L'ART.

que là était bien la voie qui convenait à son talent, puisque, môme avant ses voyages et du temps qu'il
était encore chez Rude, des bustes ethnologiques faits par lui avaient assez attiré l'attention pour
que le gouvernement lui confiât plusieurs missions dont le but était d'aller étudier les caractères
généraux des différentes races en Algérie, en Egypte, en Asie, en Grèce, etc. Tout le monde a pu
voir à l'Exposition ouverte au Palais de l'Industrie par Y Union centrale une série de bustes faits au

retour de ces voyages et appartenant pour la plupart au
Musée d'anthropologie. Il y avait aussi à cette exposition
la belle statue polychrome de M. Cordier, connue sous le
nom de Prétresse d'Isis, d'un caractère si remarquable et
d'un travail si extraordinaire. Nous n'insisterons pas sur
cette statue que tout Pai-is connaît, et dont le succès a
été si nettement constaté par la presse à un de nos der-
niers Salons.

A propos de la sculpture ethnologique de M. Cordier,
on nous affirme, à notre grand étonnement, que certains
bustes, achetés par le gouvernement à ce sculpteur et
par conséquent destinés à orner nos collections publiques,
ont disparu. Nous savions bien que, il y a quelques an-
nées, divers objets d'art avaient été distraits de leur desti-
nation et employés à décorer les salons de personnages
officiels, mais nous ne pouvons croire que l'on n'ait pas
complètement abandonné ces errements. Nous ne deman-
dons qu'à être convaincu de l'injustice de notre obser-
vation.

Nous venons de considérer M. Cordier sous un jour
tout à fait particulier, relevant autant de la science que
de l'art; nous allons maintenant l'étudier sous un autre
aspect : comme artiste créateur. Il ne nous sera pas diffi-
cile de démontrer que nous avons affaire à un sculpteur
puissant, à une forte imagination aussi amoureuse du beau
que du vrai, à un grand artiste autant qu'à un homme
d'étude et à un philosophe.

Nous laissons de côté ses types grecs, africains,
asiatiques, ses fellahs de bronze à la robe d'albâtre égyp-
tien, etc., ses recherches ethnologiques, ses travaux poly-
chromes si propres à la décoration des appartements, et
dont la jolie statue du Marchand d'oranges que nous avons
fait reproduire donne une juste idée ; nous laissons ce côté
Le petit .marchand d'oranges. du talent de M. Cordier et nous arrivons à ses œuvres

Fac-simil-e d'un dessin de Valentin, monumèntales.

d'après la statue de Cordier. Nous n'avons qu'à jeter les yeux sur la statue d'Ibra-

him pacha, statue équestre de 6 mètres de hauteur, au
piédestal orné de bas-reliefs représentant les batailles livrées par le héros ; et celle du Maréchal
Gérard (souscription de la garde nationale de Paris), qui est actuellement sur la place publique de
Damvilliers, patrie du maréchal; nous n'avons, dis-je, qu'à jeter les yeux sur ces deux œuvres pour
nous donner une idée du faire puissant de leur auteur.

M. Cordier est un des rares sculpteurs qui comprennent encore le côté architectural de la sta-
tuaire. Les quatre esclaves en sculpture polychrome qu'il a faits pour la magnifique hall du château
de Ferrière, cariatides destinées à soutenir une tribune de cette superbe salle haute de 16 mètres, et
la fontaine destinée à YEsbékiéh du Caire le prouvent surabondamment. Cette fontaine est encore dans
l'atelier de M. Cordier où il nous a été donné de la voir. Elle a un caractère que nous voudrions bien
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