L' art: revue hebdomadaire illustrée — 1.1875 (Teil 2)

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SALON DE 1875

(suite1.)

XXIII.

aquarelles, dessins, gravures et lithographies.

es graveurs qui exposent au Salon ne sont que l'objet d'une médiocre
attention de la part de la critique plus qu'absorbée., il faut le reconnaître,
par près de deux mille tableaux et statues. Ce sort regrettable, ils le
partagent avec les aquarellistes, les dessinateurs, les lithographes et les
architectes. La très-grande majorité du public imitant absolument et for-
cément les critiques d'art, il me semble que chacune de ces catégories de
délaissés entend tort mal ses intérêts, qu'elles 'ont cependant le remède
entre les mains, et qu'il dépend d'elles seules de mettre fin à un état de
choses qui, en définitive, n'est pas moins préjudiciable aux amateurs qu'aux
intérêts bien compris des artistes eux-mêmes. Un point sur lequel toute discussion est impossible, tant
il y a unanimité à cet égard, c'est que les Salons annuels, tels qu'ils sont organisés, constituent poul-
ies visiteurs une énorme fatigue, et qu'aux heures d'admission, gratuite ou non, toute étude sérieuse
y est complètement irréalisable. En attendant que peintres et sculpteurs en arrivent enfin à com-
prendre que la protection de l'État est une plaie et pour eux-mêmes et pour l'Etat, et que rien n'est
à la fois plus sage et plus lucratif que de faire soi-même ses affaires, pourquoi les parias du Salon ne
prendraient-ils pas pour leur propre compte l'intelligente initiative d'une réforme radicale qui profite-
rait à tous? Rien n'est plus facile, rien n'est plus simple, et, si l'on sait vouloir, le succès est inévitable
et dépassera infailliblement toutes les espérances. Que chaque groupe se constitue en société libre,
ayant chacune annuellement une exposition des œuvres de ses membres, et vous verrez le public
fréquenter assidiunent ces divers Salons indépendants, se passionner pour ces mêmes œuvres qu'il
n'allait pas regarder lorsqu'elles étaient reléguées à l'extrémité des interminables galeries de peinture,
et soutenir de ses achats et de ses vives sympathies des entreprises qui seront plus fécondes en bril-
lants résultats pour l'art et les artistes que ne l'a jamais été et que ne le sera jamais le patronage
gouvernemental.

« Chimère que tout cela, » s'écriera-t-on avec dame Routine, dont on subit si docilement le joug
inepte dans ce beau pays de France où l'on est toujours prêt à se payer de mots sonores et de phrases
creuses, au lieu de leur préférer des faits. Mais nous avons l'heureuse fortune d'avoir l'Angleterre et
la Belgique pour répondre par le langage du bon sens et de l'expérience pratique aux banales objec-
tions des moutons de Panurge.

« Il y a en Angleterre une Société d'Architectes ; elle est riche, prospère, et ses expositions annuelles
ont grand succès. Il n'y avait d'abord en Angleterre qu'une Société d'Aquarellistes ; une seconde n'a pas
tardé à surgir : l'Institut des Aquarellistes ; les deux entreprises sont très-riches et leurs exhibitions
semestrielles ont un énorme succès; cela n'a pas suffi : on a vu naître la Société des Dames aqua-
rellistes; on eût pu craindre pour l'existence de cette troisième création, on se serait trompé, elle se
porte à merveille, et sa réussite a bientôt amené l'installation d'une quatrième association qui fait
des expositions universelles d'aquarelles dans Dudlej Gallerj-. Membres et Étrangers, tout le monde

i. Voir tome II, pages 7, 35, 56, 77, 102, 137, 150, 178, 204, 222, 244, 269, 294, 318, 343", 369 et ^9j.
Tome II.

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