L' art: revue hebdomadaire illustrée — 1.1875 (Teil 2)

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420 L'ART.

des choses qui actuellement ne lui sont jamais montrées. En tout cas ce qui y serait exposé serait vu
parce qu'on irait exprès pour le voir. Il en serait de même pour l'architecture ; si elle avait l'honneur
d'une exposition distincte, au Palais des Beaux-Arts par exemple, dans la salle de la Melpomène, où elle
serait tout à fait à sa place, le public la tiendrait en bien autre estime du moment qu'on la lui ferait
réellement considérer comme une chose qui mérite d'être exposée à part. Il y viendrait bien plus de
monde qu'on ne croit, et ces visiteurs volontaires regarderaient et connaîtraient. Je n'ai parlé ni de la
céramique ni des émaux, parce qu'en somme ces arts sont toujours bien incomplètement représentés
aux Salons qui n'en donnent aucune idée. La plupart du temps les belles choses n'y viennent pas, et
il s'en glisse de bien médiocres qui ne sont que de l'art industriel. Les expositions spéciales, celle*
Aq Y Union centrale, par exemple, qui ont sur ce point une bien autre valeur, suffisent d'ailleurs par-
faitement.

« En somme il y a là une réforme à entreprendre. En même temps que le Salon lui-même serait
plus restreint et par là même plus remarquable, ces trois expositions distinctes d'architecture, — de
gravure, — de dessins et d'aquarelles — auraient non-seulement plus de valeur que dans l'ensemble
où elles sont perdues ; mais de plus — ce qui est le vif et le vrai de la question — elles seraient suivies
et regardées, ce qu'elles n'obtiennent pas, bien qu'elles aient tous les droits à l'être. Le public et les
artistes y gagneraient donc également1. »

Si tous les critiques s'attachaient à faire triompher ces plus qu'indispensables réformes, nous
aurions bientôt cause gagnée, car le public ne tarderait pas à se mettre de la partie. Aujourd'hui que la
question n'est agitée que très-isolément dans la presse, il hésite à élever la voix et subit passivement
un mal qui empire chaque année. Nous en sommes arrivés en l'an de grâce 1875, — et l'on prétend
que le Jury s'est montré sévère! — à 2,010 tableaux, 808 dessins, cartons, aquarelles, pastels, minia-
tures, vitraux, émaux, porcelaines, faïences, 620 sculptures, 46 numéros pour la gravure en médailles
et sur pierres fines, 105 pour l'architecture, 230 pour la gravure et 34 pour la lithographie, ce qui se
résume en l'effrayant total de 3,862 numéros! Et l'on veut que les gens qui ont consciencieusement
essayé de voir la majeure partie des 2,019 tableaux ou des 620 bustes, statues et bas-reliefs, aient
encore la force d'étudier sommairement l'architecture, les dessins, les aquarelles, la gravure ou la
lithographie! C'est pure folie et les vaillants artistes qui ont le courage d'exposer dans chacune de ces
divisions, qui sont autant de déserts, ont l'illusion robuste s'ils entretiennent le moindre espoir que le
public leur puisse accorder l'attention sérieuse dont ils sont si dignes. Cela est tellement vrai que moi,
qui suis un fanatique de dessins, d'aquarelles, de gravures et de lithographies, c'est à peine si je suis
parvenu à passer quelques heures dans ces galeries abandonnées où sont aussi mal exposés que pos-
sible ces ouvrages qui me sont chers. Peinture et sculpture m'ont tellement absorbé que j'ai tout au
plus eu le temps de prendre les notes rapides que je transcris ici.

N° 2252. M'ne Pauline-Marie Carolus-Duran. — J'ai déjà parlé du Portrait de M"10***2, j'ai dit tout
le bien que je pense de ce superbe pastel, mais je tiens à accentuer encore ce légitime éloge; ce qui
s'est passé à la distribution des récompenses m'en fait un devoir. Il s'est trouvé en France quelqu'un
d'assez bas tombé pour répondre honteusement à l'appel du nom de cette artiste d'infiniment de talent
par un misérable coup de sifflet. Tandis que le sang montait au visage de tout galant homme, M. le
ministre de l'Instruction publique et des Beaux-Arts s'est immédiatement montré à la hauteur de la
situation; il a traversé toute la salle et il a eu l'honneur de porter lui-même à Mme Carolus-Duran la
médaille qu'elle a si vaillamment gagnée. D'unanimes applaudissements ont salué cet hommage si
mérité, la meilleure de toutes les répliques à un acte indigne. M. Wallon, qui un instant auparavant
avait quelque peu l'air d'un étranger qui cherche à se faire accepter, a sur-le-champ conquis droit de
cité dans le monde des arts.

M. Philippe Rousseau. — Pèches, Nature morte, Lapin (n° 2707 à 2709). Trois pastels fort
remarquables d'exécution, mais dans une gamme un peu discrète pour ces affreuses salles d'exposition.

Mme la baronne Nathaniel de Rothschild.— C'est dans les Basses-Pyrénées, dans les Rues de

t. Gaçetce des Beaux-Arts} tome xii, 2r période, pages 133 et J34 : Salon de 187J.
2. Voir tome ii, pages 154 et 156.
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