L' art: revue hebdomadaire illustrée — 1.1875 (Teil 2)

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422 L'ART.

fortes, et tout cela parce qu'il est ici par trop de la maison. 11 paraît qu'il m'en cuira si je désobéis.
Ma foi ! tant pis, je me risque ; j'ai d'ailleurs besoin d'une transition pour aborder la gravure et je n'en
connais point de meilleure, — j'en use donc à bon droit, — que ce parfait galant homme, que cet
artiste si sincère qui tient tant à rester dans l'ombre et qui n'y restera pas. M. Léon Gaucherel ne
touche à rien sans y mettre l'empreinte d'un homme de goîit, d'un dessinateur plein de savoir, d'un
coloriste distingué. Voyez son tableau dès Bateaux d''Arrarrianch.es (ri0 872), ses deux aquarelles prises
à Saintes et à Arromanches (nos 2314 et 231 <)), ses trois cadres d'eaux-fortes, — mais je m'arrête,
j'allais oublier que je parle aux abonnés de l'Art qui d'avance me répondent qu'elles se recommandent
d'elles-mêmes, et que je prends un soin plus que superflu. Soit; seulement que M. Gaucherel se fâche
ou non, j'ajouterai que c'est une bonne fortune pour ce recueil de se l'être attaché comme directeur
artistique, lui qui jouit de l'estime, du respect et de l'affection de tous, et qui, parmi ses nombreux
élèves, ne compte que des amis, hommage le mieux fait pour honorer l'homme et l'artiste.

Cette année. M. Jules Jacquemart est encore absent, et son absence est de celles qui se font
vivement sentir, mais que l'on se rassure; si l'an dernier les inquiétudes qu'inspirait sa santé à tous
les admirateurs de son talent prescrivaient la délicatesse de ne pas insister sur son éloignement du
rendez-vous annuel, les mêmes motifs, grâce au ciel, n'existent plus aujourd'hui.

Ce magicien de Fèau-forte nous est revenu entièrement rétabli ; il s'est vaillamment remis à ses
travaux interrompus et nous réserve la prochaine surprise de nouvelles merveilles.

Autre abstention, celle de M. Adrien Didier, mais depuis son retour du pèlerinage qu'il a fait aux
chefs-d'œuvre de l'Italie, il est entièrement absorbé par la superbe planche qu'il achève pour la Société
française de gravure, d'après la Poésie de Raphaël, et par son interprétation si distinguée d'un vrai bijou
découvert par lui à Montpellier, et qu'il destine à l'Art.

Quant à M. Léopold Flameng, je cherche en vain ce qui peut l'excuser de manquer à la fête, et
j'ai grande envie de me fâcher tout rouge et de lui dire pas mal de choses peu aimables pour nous avoir
privés de la joie d'applaudir à ses prestigieuses eaux-fortes. Je sais bien qu'il s'est fait représenter par
une planche importante pour la Chalcographie du Louvre, — F Abondance, d'après Rubens (n° 3676),
mais cela ne suffit point â me consoler de la désertion de l'aqua-fortiste à qui décidément j'en veux fort
et ferme de nous fausser compagnie.

Abordons les médailles de la Section de Gravure et Lithographie. La première a été
donnée à M. Huot qui a gravé le Jugement du prix de l'Arc (n" 3702), de Van der Helst, pour la Société
française de gravure, médaille donnée par droit de naissance ; — pour ce qui est de l'œuvre, elle est
terne, très-sage, très-patiente et c'est tout.

L'une des deux secondes médailles a été accordée, on ne sait pourquoi, à M. Jules Jacquet.
VAmour sacré et l'Amour profane, du Titien (n° 3707) n'a jamais été plus profané. Planche détestable
et pénible qu'a exécutée là M. Jacquet pour la. Société française de gravure!—-Le Gloria victis ! d'après
M. Mercié (^3708) vaut mieux; bonne étude de burin d'après une photographie et ses défauts ; — de
grandes parties d'ombres ne sont pas modelées.

Je demande à ouvrir une parenthèse pour un fait personnel.

En 1873, je fus, — dans la Galette des Beaux-Arts, —prodigue d'éloges mérités pour la planche
commandée à M. Adrien Didier1 par la Société française de gravure, mais en 1874 le respect de la
vérité m'obligea à tenir, dans le même recueil, un tout autre langage et à critiquer nettement, — à
l'exception d'une seule, — le Portrait de Mme de Sévigné, d'après Nanteuil, — les gravures de la Société
exposées au Salon. J'eus le regret de me trouver pour la première et unique fois en dissentiment
avec M. Emile Galichon. Malgré mon ardent désir de lui complaire en toutes choses, l'impartialité
et l'intérêt profond que je porte à l'œuvre de la Société française de gravure me traçaient le devoir
de me prononcer avec une sincérité absolue. Ce qui nous est montré cette année sous le patronage
de cette Société m'y force bien plus encore, car des productions aussi faibles sont indignes du but
qu'elle poursuit. Je n'ignore en aucune façon que la franchise de ce jugement m'expose à être anathé-
matisé encore un peu plus que je ne l'ai été l'an dernier quand un homme du plus rare mérite, un

I. L'Abondance} d'après la grisaille do Raphaël.
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