L' art décoratif: revue de lárt ancien et de la vie artistique moderne — 1,2.1899

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L'ART DËCORATIF

à l'attention, surtout si i'on tient compte des
miile obstacles devmtlesquels hvolontéde
l'architecte doit piier dans tout tmvaii, parti-
culièrement dans les grands tmvaux publics
comme celui-ci.

Parmi les artistes qui ont, en Angleterre,
recueilii ia succession de Wiiiiam Morris, M.
C. R. Ashbee est l'un des plus productifs, et
i'un de ceux dont l'inhuence domine pour ainsi
dire i'art angiais. Moins universel que Voisey,
M. Ashbee étend cependant son activité à des
branches très-variées de i'art. Mais ses prë-
diiections vont surtout aux arts du métal, c'est
dans ceux-là qu'ii exceile.
La supériorité de i'outillage industriel de
i'Angleterre a valu depuis longtemps à ce pays
ia première place dans toutes les branches de
ia métaliurgie. Ce serait foiie à notre amour-
propre nationai de ne pas le reconnaître; mais
comme correctif, ii faut ajouter qu'au point de
vue de l'art, i'Angieterre n'a su qu'abuser de
cet admirable outihage pour inonder ie monde
de produits métaliurgiques ouvrés qui sont ie
comble de la laideur dans le hni de l'exécution.
Un industriei artiste, Benson, a vouiu réagir
contre cet état de choses en offrant au public
des appareils d'éciairage, des ustensiies etc. de
formes parfaitement simples, mais saines, bien
étudiées, jamais vulgaires. Ses produits restent
l'une des expressions les pius parfaites de i'art
industriel jusqu'à cette heure. Benson ouvrait
aux artistes anglais la vraie voie de l'art appliqué,
en ieur montrant des productions exècutabies
industrieliement, c'est-à-dire par quantitës. Iis
n'ont pas cru devoir ia suivre; et quel que soit
le mérite de ieurs œuvres, on doit ie regretter
au point de vue de la diffusion de l'art.
En-dehors de Benson, ies travaux des artistes
angiais en mètaliurgie restent donc des œuvres
d'exception. Les ouvrages qui se rapprochent
ie plus de l'art industriei par leur caractère de
simpiicité sont ceux de la «Corporation des arts
manuels» (Guild of handicraft) de Birmingham.
Les travaux de ia «Corporation des arts ma-
nuels» de Londres, que M. C. R. Ashbee dirige
et par laquelie ses dessins sont exècutés, sont
au contraire pour la plupart très-ouvragès, comme
on peut le voir par nos iiiustrations. Iis sont
admirablement exècutés, et cette beautè d'exè-
cution ne contribue pas peu à l'impression de
perfection artistique qu'ils laissent. Le mèrite
de cette incomparabie exècution revient d'ailleurs
en très-grande partie à M. Ashbee même, c'est-
à-dire aux mèthodes de i'enseignement donnë
sous sa direction aux membres et aux èièves
de la corporation.

Une part importante est faite dans ces tra-
vaux aux garnitures de meubles. Ce sont ces
garnitures en métal, purement ornementales, qui
donnent tout l'intérêt aux meubles de M. Ashbee;
ce qui ne laisse pas de prêter à la critique, car
c'est toujours une erreur de faire du subordonnè
le principal. La plupart des artistes anglais qui
s'adonnent au meuble partagent du reste cette
erreur avec M. Ashbee, sans avoir, comme lui,
l'excuse de savoir la faire oubiier par la beauté
des détaiis qu'iis en tirent.
Aussi donnerions-nous peut-ètre ia préférence,
dans i'œuvre de M. Ashbee, à des travaux peut-
être moins briilants en apparence, mais dans
lesquels l'art joue un rôle plus rationnel et plus
soiide; nous voulons parier de ses foyers en
fonte, que d'autres pubiications artistiques ont
déjà reproduits. Cesontdes piècesd'unca-
ractère simpie, dans lesqueües l'ornementation
sobre qui convient à ce mètal grossier est fort
bien comprise. 11 serait à souhaiter que la con-
naissance de ces derniers travaux de M. Ashbee
se rèpandit parmi les industriels traitant la fonte,
le plus usuel des métaux et celui sur lequel
l'industrie accumule le plus d'insanités sous pré-
texte de dëcoration. Qu'on se rappeile les
sirènes gardiennes des poëles mobiles — dernier
modèle — de feu M. de Choubersky!
Nous avons trouvè dernièrement chez M.
S. Bing, à «l'Art Nouveau», des gravures sur
bois d'un jeune artiste hollandais, M. J. de Mes-
quita, qui nous ont paru mëriter l'attention.
Si l'on n'y trouve pas la sûreté de Nicholson
ni la puissance synthètique de Vallotton, elles
sont en revanche remarquables par le tour dé-
coratif et l'ingèniosité de l'artiste à tirer l'orne-
ment du costume. La distribution des noirs
est aussi particulièrement habile et non sans
originalitè.
Sous la prèsidence de Puvis de Chavannes,
la Sociètè nationale des Beaux-Arts, aux Saions
du Champ de Mars, a fait entrevoir la pre-
mière qu'une exposition de beaux-arts peut
ètre autre chose qu'une succession de salles
nues aux murs tapissès de tabieaux de haut
en bas. La «Sècession» de Vienne — c'est le
titre sous laquelie est connue la Socièté des
artistes autrichiens dissidents — est allèe beau-
coup plus loin. Chez elle, le mot «Salon» n'est
pas une mëtaphore, mais une rèalité. Les vues
que nous donnons donnent l'idèe du charme
des arrangements trouvès par l'architecte M.
}. Hoihnann et son collaborateur M. Olbrich.
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