L' art décoratif: revue de lárt ancien et de la vie artistique moderne — 1,2.1899

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L'ART DÉCORATIF

M. Wallander, céramiste suédois, n'est au
contraire pas exempt du reproche de faire
intervenir mal à propos la scuipture dans ses
productions. Ainsi, si délicatement modeié que
soit le corps de femrne, formant l'anse d'un des
objets que nous reproduisons, et si ingênieuse-
ment que soit placë 1e creux des reins pour
donner prise à 1a main, c'est reiuser à la
raison la part que l'art d'aujourd'hui veut lui
faire que se permettre pareilles fantaisies. Beau-
coup plus réussi nous semhle le service de
table où M. Wallander se contente de faire
servir le rnodelé à relever le dessin décoratif;
ce n'est qu'ainsi qu'ii convient d'en com-
prendre l'enrploi dans l'ustensiie en cëramique.
Nulle part en Angleterre on ne trouve réunis
en un seul lieu un plus grand nombre de jolis
cottages que dans ie village industriel de Port
Sunlight, près de Liverpool. Ce village, de
fondation toute récente, appartient à MM. Lever
frères, les fabricants du savon «Sunlight», uni-
versellement connu. Ces industriels transfèrèrent,
il y a dix ans, leurs usines de Warrington à leur
emplacement actuel, alors en pleine campagne,
pour les agrandir; ils eurent à résoudre la que-
stion du logement de leurs ouvriers et employés.
Ailieurs, cette question se règie sans soucis arti-
stiques; mais ici, elle s'imposait à des manufac-
turiers aimant l'art, et l'architecture avant tous
les autres. 11s commencèrent en versant dans
l'archëologie; on ht entre autres choses une
copie de la maison de Shakespeare à Stratford-
sur-l'Avon. Mais ils revinrent vite de ces
erreurs du début pour aborder 1e programme
comme il devait l'être. Deux plans-types de
maisons d'ouvriers, et deux de maisons d'ern-
ployés furent établis, avec au moins trois
chambres à coucher et un bain dans chacune.
Les chefs de l'usine font construire les maisons
à leurs frais sur les terrains leur appartenant;
ils alfectent chaque année une fraction déter-
minée de leurs bénéhces à cette construction.
11s hxent les loyers en renonçant à l'intérêt
du capital immobilisé dans les maisons; ceux-ci
représentent seulement l'impôt, les frais d'entre-
tien et d'amélioration et l'amortissement. De
la sorte, la location des plus petites maisons
ne dépasse par 4 à ^ francs par semaine et
celle des plus grandes 6 à 8 francs. On a
construit jusqu'a ce jour plus de 300 maisons
abritant ij;oo à 2000 habitants.
Les maisons sont alignées en rangs d'une
longueur modérée, et groupées par ^blocs^ de
cinq ou six de même architecture. Plusieurs
architectes des plus réputés de l'Angleterre,
MM. Ernest George, E. Newton, W. Owen,
Douglas et Minshull, T. X. Lochwood, Maurice

B. Adams et un grand nombre d'autres de
Liverpool et des villes environnantes ont été
chargés des plans. La plupart de ces archi-
tectes ont adopté le vieux mode de construction
des comtés du nord de l'Angleterre, à pans
de bois, auquel l'aspect riant et extrêmement
avenant de l'ensemhle est en grande partie dû.
A côté de ce genre de construction, toutes les
innovations trouvées par l'architecture donres-
tique anglaise depuis vingt ans sont d'ailleurs
représentées, et tous les matëriaux possibles de
succèdent en une intarissable diversité; on ren-
contre même ça et là de vrais morceaux d'art,
des abouts de poutres hnement sculptés, des
frise^ taillées de main de maître, etc.
Les èdihces du village, la halle, les clubs
d'hommes et de femmes et surtout l'ècole
mèritent l'admiration. Port Sunlight montre
vraiment l'architecture rurale anglaise sous son
meilleur jour. Nous sonrmes loin, ici, de la
pseudo-villa italienne, idèal d'il y a quarante
ans, auquel tout ce qui fait aujourd'hui la joie
de nos yeux, couleur, sincèritè des matèriaux,
prèsentation pittore'que de l utile ètait sacrihè!
C'est 1e retour aux traditions du pays — acte
de haute raison dont Norman Shaw, aujour-
d'hni vètèran, fut le premier à prendre l initiative,
et auquel l'Angleterre doit le magnihque èpa-
nonouissement prèsent de son architecture bour-
geoise et rurale. Personne ne visite Port Sun-
light sans ëtre fortement impressionnè, et sans
comprendre que c'est dans les legs du sol
natal, mis en œuvre par le sens des besoins
du prèsent, qu'est l'avenir. H. MUTHESius
En publiant dans ce numèro deux projets,
l'un de lit, l'autre de balcon, que nous com-
munique M. Maurice Dufrêne, second prix du
concours de /'X/T* pour un bureau
et son iauteuil, nous faisons une place lègi-
time à un très-jeune artiste dont les travaux
autorisent de belles espèrances. M. Dufrêne
est encore ètudiant nèanmoins, on remarque
dèjà dans ses dessins, outre le germe de formes
personnelles d'un goût sain, beaucoup de tact
dans le choix et l'emploi des moyens dëcoratifs
et un sens sûr des convenances artistiques et
pratiques. Nous sonrmes heureux d'avoir, en
les reproduisant, l'occasion de tèmoigner notre
dèsir de contribuer chaque fois que nous le
pourrons à faciliter la voie aux talents naissants
en leur prêtant l'aide de notre publicitè.
Deux tableaux d'un peintrenèo-impressionniste
allemand, M. Stremel, représentent l'un une
chambre cèlèbre, qu'on nomme la chambre
jaune, de la maison de Goethe à Weimar,
l'autre, celle où Schiller est mort dans la
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