L' art décoratif: revue de lárt ancien et de la vie artistique moderne — 2,1.1899/​1900

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L'ART DECORATIF

qui a senti lu mélancolie sans égale des jardins
clos que la tristesse et la mort envahissent
chaque jour davantage, il y a chez lui un peintre
excessivement habile, un coloriste qui ne s'est
enrégimenté sous le drapeau d'aucune école,
mais qui rend la nature telle qu'il la voit, avec
une technique saine et forte. Son coloris n'est
pas excessivement varié en apparence, il l'est
beaucoup en réalité. M. Rusinol s'applique géné-
ralement, — et le choix de ses sujets lui en
fait une loi — à peindre avec quelques tons
où les blancs et les noirs dominent. Mais quelle
variété infinie dans ces teintes, quelles gammes
de gris, allant des couleurs sombres des cyprès
aux transparences presque rosées des vasques!
C'est en cela que M. Rusinol échappe à toute
critique de monotonie. Sans doute il répète
souvent un motif presque pareil mais il le fait
avec tant d'art et tant d'âme, avec une si
grande force d'évocation que chaque toile prend
une apparence de nouveauté. HEXRi rRANTz

L'EXPOSITION POPULAIRE
DU FOYER, À DRESDE
"jjne exposition d'un intérêt tout particulier,
due à l'initiative de la reine Caroline de
Saxe, a en lieu à Dresde de 2$ novembre iSpp
au 7 janvier ipoo. La pensée directrice de cette
exposition était de présenter aux classes les plus
modestes de la bourgeoisie des installations de
ménage simples, mais solides et de bon goût,
se composant d'une chambre à coucher, d'une
salle de réunion de la iamille et d'une cuisine, et
d'offrir aux industriels l'occasion de faire con-
naître à tous ce qu'ils ont produit dans ce sens.
Une partie des installations qu'on désirait montrer
au public a été obtenue par voie de concours.
Des prix ont été offerts pour une demeure
bourgeoise simple, composée comme il a été
dit plus haut, et d'un prix total ne dépassant
pas 750 marcs (p^y francs); pour un ménage
complet convenant à de moins fortunés encore,
ne coûtant pas plus de qoo marcs ($00 francs);
enfin pour une simple chambre à coucher de
200 marcs (2)0 francs) au plus. La commission

de l'exposition a chargé ensuite des fabricants
saxons d'exécuter les projets distingués. Il y
avait aussi des prix pour divers objets, lits etc.
L'exposition a été un succès décisif, en ce
sens qu'il s'y est produit plusieurs installations
répondant réellement aux conditions imposées
et satisfaisant aux exigences artistiques. Il est
en outre à remarquer que, de même qu'à l'Ex-
position de l'art allemand à Dresde en i8pp,
ce qui se rattachait aux styles historiques dans
les objets exposés se réduisait à peu près à
rien, et que les styles modernes et personnels
ont triomphé des premiers sur toute la ligue.
Car dans le meuble, c'est bien un style, celui
qui renonce à toute ajoute architectonique ou
plastique; qui s'efforce uniquement d'approprier
le meuble à son but, mais en même temps
d'y répandre la beauté et d'en faire un plaisir
pour les yeux par des lignes harmonieuses, de
bonnes proportions et par la couleur, demandée
soit â la teinture des bois, soit à des ornements
en métal ou en bois.
Ce qu'il y avait de meilleur à l'exposition
a été fait par les «Ateliers d'art industriel à
Dresde» (MM. Schmidt et Müller), qui ont ex-
posé deux installations complètes du prix de
750 marcs, composées d'une salle de réunion,
d'une chambre à coucher et d'une cuisine.
Les dessins de l'une sont du sculpteur Karl
Gross, ceux de l'autre d'Erich et Gertrude
Kleinhempel. On a pris le bois de pin teint
et ciré pour les meubles de la salle de réunion;
ceux de Gross sont agréablement relevés de
parties en bois d'aune. Les meubles de cuisine
sont polis au vernis clair. Les deux meubles
aménagés en commode à leur partie inféri-
eure, en table à écrire à leur partie supérieure
sont tout particuliers, et bien pratiques. Les
cadres de portes sont garnis de consoles des
deux côtés; il y a un divan faisant corps
avec une armoire qui le surmonte et des
rayons pour les livres. Tout ce que ces
chambres contiennent, jusqu'à la plus petite
bagatelle, a été étudié soigneusement et amou-
reusement. Horloges en bois, porte-allumettes,
suspension d'éclairage, lampe, glace, rideaux de
fenêtres, papiers peints, tapis, poterie populaire,
en un mot tout a été fait sur dessins com-
posés exprès; on ne voit pas dans ces ensembles

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