L' art décoratif: revue de lárt ancien et de la vie artistique moderne — 2,2.1900

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-r-sg)- L'ART DÉCORATIF


A. ENDELL FAÇADE DE L'ATELIER ELVIRA A MUNICH

talement l'impression correspondant à chacune.
Nous trouvons, par exemple (je n'en cite qu'un,
cela suffit) que la ligne droite fait naître l'im-
pression de rapidité, parceque c'est celle-là que
l'œil suit le plus vite, et que cette impression
est d'autant plus vive que la ligne est plus mince
et plus longue. A chaque forme élémentaire
correspond ainsi un sentiment élémentaire; les
combinaisons infinies des premières donnent les
combinaisons infinies des seconds, cWt-à-dire la
gamme des sentiments complexes.;)
Est-il utile de discuter cette théorie? Je ne
crois pas. Personne ne conteste que les formes
éveillent certains sentiments par elles-mêmes ;
qu'un édifice bas, trapu, massif nous parle d'autre
chose que les flèches d'une cathédrale gothique.

Mais il en est des formes comme de la musique:
l'impression objective qu'elles font naître n'a
rien de précis, son caractère ne va pas au-delà
du général, du vague. Les nuances de l'im-
pression perçue sont purement subjectives, et
particulières à chaque auditeur. Si Wagner, dans
son système musical, sait faire exprimer à ses
personnages toutes les nuances des sentiments
qui les agitent, ce n'est qu'en nous forçant par
des artifices merveilleux à accepter ses
expression conventionnelle des faits qui pro-
voquent chaque état de leur âme, comme le
signal du réveil de ces états de l'âme ; c'est par
des moyens à côté, extra-musicaux pour ainsi
dire. Retranchez l'artifice, il reste chez Wagner
comme chez tout autre musicien le pouvoir de

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