L' art décoratif: revue de lárt ancien et de la vie artistique moderne — 2,2.1900

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facsimile
JUILLET 1900

petitcs dimensions. Il va de soi que la description,
même l'énumération de ces mille riens charmants
ne peut trouver place ici. L'occasion se présentera
dans les numéros suivants d'en reproduire et
décrire un certain nombre. o. GERDEtL

LE PAVILLON DE FINLANDE
j^e paviilon de Finlande ne compte pas parmi
les grands édifices étrangers de l'Exposition ;
mais l'intérêt ne se mesure pas à la taille. Il
a été construit sur les dessins d'un tout jeune
architecte finnois, M. Saarinen, à la suite d'un
concours ouvert par le gouvernement local.
Dans la disposition d'ensemble de son projet,
M. Saarinen a pris pour type les anciennes
églises de campagne du pays ; et sur ce type,
il a greffé très-simplement, mais d'une manière
pleine d'intérêt, quelques fantaisies de forme
telles que les disques qui donnent un curieux
aspect aux tourelles des angles, et quelques
détails de sculptures qui forment, avec les
quatre ours (emblèmes nationaux) de la tour,
une décoration aussi originale que sobre. Entre
ces détails, les principaux sont les encadrements
des portails, dont l'un, reproduit ici, est formé
d'un chapelet d'écureuils et l'autre d'un chapelet
de têtes d'ours.
Pour cette décoration sculpturale, M. Saarinen
avait un point de départ dans l'art populaire
du pays : la race finnoise — si peu connue
de l'Europe occidentale — est étonnamment
douée sous ce rapport. Le paysan est plus ou
moins sculpteur de naissance ; aussi, les artisans
locaux sculptant le bois sous des formes propres
au pays, et que pourrait envier plus d'un peuple
qui fait plus de bruit dans le monde, abondent
en Finlande. Différents détails de l'aménage-
ment intérieur du pavillon montrent de jolis
échantillons du savoir-faire de ces artisans. On
voit aussi dans les vitrines des broderies faites
des mains de paysannes, et dans lesquelles les
mêmes aptitudes se révèlent.
A l'intérieur du pavillon, les segments des
voûtes de soutènement de la tour sont revêtues
de peintures du peintre finnois M. Galien, pein-
tures dont les sujets sont empruntés à des
légendes finnoises. La manière large, empreinte
à un très-haut degré du véritable sens décoratif,

dans laquelle elles sont traitées révèle un ar-
tiste de premier ordre, et ce n'est pas sans
raison que ses compatriotes sont fiers de lui.
Ces peintures décoratives ne sont pas la seule
oeuvre de M. Galien que le pavillon finnois
renferme.
Un des esprits les plus distingués de Fin-
lande, le comte Louis Sparre, lié avec les ar-
tistes d'occident partisans des idées nouvelles et
artiste lui-même, se résolut il y a quatre ans
à une tentative dans le but de réagir contre
l'invasion des meubles et autres objets soi-disant
artistiques importés dans le pays (principalement
d'Allemagne). Il établit à Borga, petite ville an-
cienne à kilomètres d'Helsingfors, capitale de la
Finlande, un atelier pour la fabrication de meubles
tant ordinaires que de luxe, qu'il dessina lui-
même dans une manière personnelle, simple
et originale. A cet atelier s'en adjoignit bien-
tôt après un autre pour la fabrication des
poteries ; celui-ci fut placé sous la conduite de
M. Finch, potier belge auquel ses jolies pro-
ductions, d'un caractère finement rustique,
avaient valu une réputation méritée en Belgique.
L'entreprise prospéra, et aujourd'hui, la société
« l'Iris » (c'est le nom sous lequel M. Sparre
l'a créée) possède, outre l'importante menuiserie
mécanique et la poterie de Borga, un vaste
magasin de vente à Flelsingfors. La société
«l'Iris» cherche des solutions du problème de
l'art décoratif à la portée de toutes les bourses,
surtout des petites, qui sont les plus nombreuses
dans le pays. En Finlande, le terrain est
meilleur à cultiver dans ce sens qu'on ne croi-
rait. La route n'est point barrée par les pré-
jugés enracinés et les soi-disant traditions ; on
en est encore à l'enfance d'un peuple, et ce
peuple est doué d'une rare force vitale. Les
Finnois ont l'esprit ouvert aux choses de l'art,
et un amour-propre national qui leur fait ac-
cepter — quelquefois même avec trop de faci-
lité — les manifestations du talent de leurs
artistes avec enthousiasme. En outre, le développe-
ment artistique du pays est puissamment aidé
par sa prospérité économique, fruit de l'énergie
du peuple et de la sagesse du gouvernement
local.
Pour l'Exposition, M. Sparre s'est effacé
modestement — trop modestement — devant

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